LE BOURGEOIS ET LE LIOH BOUGE DE BBENTFOED
Dame Prudence aussi vous le dit à l’oreille,
Et vous trouverez là, vrai, tout ce qui vous plaît ;
Pour votre pauvre poulinière La ration d’avoine, — et puis un petit verre
Pour votre Dame ; et puis pour vous Vous pourrez avoir, entre nous,
Un verre de porter; — le roquet, votre fille,
Trouveront des gâteaux ou quelqu'autre broutille ;
Et puis après cela, retournez vous coucher,
Croyez-moi, chez vous, à la ville,
Mieux vaut cela que de vous laisser raccrocher Des pique-assiettes par la file.
Puis allez acheter le nouveau Panthéon De l’ami Newbury, — vous y verrez l’histoire De ce malheureux Actéon Par Diane rendu cornu, c’est bien notoire,
Et puis dévoré par ses chiens,
Comme vous l’êtes, vous, aussi par vos chrétiens ;
Pour votre femme, si mes bons avis sont mornes, Garez-vous d’Actéon, — garez-vous do ses cornes I ’’
“ Sire,’’ dit le Bourgeois se caressant le front,
Tout en faisant salut profond,
“ Votro gravité, votre grâce,
Feraient honneur du Lord Maire à la masse.
Ce bon avis je le reçois comme un joyau,
Un p’tit verre garçon ! . , apportez un gâteau!
Et de la bierre aussi — brune autant que mousseuse ! "
“ On y va m’sieur !... Voici la liqueur généreuse I ”
Le Bourgeois but rasade, et rasade fameuse,
Et puis riant à flots 11 salua le Roi des bêtes,
Et l'apostropha de ces mots
Civils, autant qu'honnêtes :
“ Messire," lui dit-il, “ pour votre bon avis Je vous dois de la gratitude,
Et d’être ingrat, je n'ai pas l'habitude.
De la Tour, voyez-vous, je connais Jack Ellis,
Et voici quelle est mon idée :
Vous êtes exposé de nuit comme de jour A la brume, au brouillard, au soleil, à l'ondée,
Or mon ami Jack de la Tour Qui n’est pas du tout un pygmée.