LE CHANT DES OUVRIERS EN OBÈYE
La ruelle fétide, aussi le galetas,
Et de la faim le chancre
Nous mangeant, nous rongeant, amoindrissant nos bras . . Mais point n’avons du salut l'ancre 1
Sots ! bien sots 'triples sots I Nous . . . douter de vos lois !
Douter de la vérité vraie,
Qui pieds et poings liés à vous riches bourgeois Nous livrent comme de l’ivraie !
En esclaves traités par vous tous hommes d'or . . .
Mais je mens, je suis ivre . . .
Esclaves du travail, quand il n’a plus d’essor,
Nous déniez le droit de vivre !
Mais pardon 1 j’oubliais vos Baintes UNIONS,!1)
Oit votre charité sublime Alloue en rechignant de minces portions Que n’oseriez offrir au Crime !
Ai-je dit par hasard que n’avions pas de droits,
Nous autres prolétaires ?
Ah I j’oubliais les soins, le mépris et les lois Des officiers de ces galères.
Qu’ils travaillent ou non vous soignez bien parbleu Vos chevaux et vos chiens de chasse,
Mais quand aux travailleurs, ces images de Dieu Que la faim vous en débarassc !
Eh ! vos logiciens n'ont-ils pas découvert Que Dieu n’a fait ce monde Que de tous les richards pour orner le dessert
Des fruits de la terre ... et do l’onde !
Vos lois? Oui, parlons-en. — Et que nous font vos lois?
N'avons d'argent, ni de naissance ;
La Justice à haut prix, Bur le Gibier vos Droits,
Nous en disent assez l’essence :
(') Maisons de refuge pour les pauvres,— ouvertes à grand' peine au malheureux affame malgré les taxes excessive» prélevées pour les pauvres sur la Nation; — Taxes, que la Heine ou le Roi (seuls) sont dispensés de payer: — La Reine ou le Roi et la famille Royale vivant sur — et de la Charité publique. Ta /.oyo/ty, en Angleterre, étant poussée jusqu'à la démence !
La diète des “ Unions" est mille fois pire que collos des nombreuses prions où grouillent les criminels de tout calibre. — Acte du Traducteur.