‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 364 sur 396 · a pitié se fait jour près la pauvre Malpas · texte numérisé non relu

a pitié se fait jour près la pauvre Malpas

Mais elle n'entend pas tous ces soupirs funèbres,

Ses yeux ne voyent rien fermés par les ténèbres ;

l’espbit.

Cependant elle entend toujours la voix des deux,

Elle voit de l’été le soleil radieux ;

Si l’Esprit donne aux sourds la faculté d’entendre,

Aux aveugles la vue— est-il alors douteux Qu’en l’univers l’Esprit ne puisse ainsi s’épandre !

Et la perception— et la reflexion De la Divinité sont émanation,

Ainsi que la mémoire ; — au livret de Nature L’une nous initie, et l’autre en sa droiture Guide, en les contrôlant, avec un tact exquis,

Nos pensera vers un but sacré— le Paradis,

Depuis que la vertu par le Christ révélée A régénéré l’homme, et sans peine l’a mis Sur le chemin du ciel, de la voûte étoilée.

Divine Croix du Christ I— par la dérision Tout d'abord élevée, objet d’abjection ;

Et maintenant portée au cou des jeunes filles,

Et servant d’oriflamme aux flottes, aux flotilles! Autrefois avilie, et signe de mépris,

A présent de victoire et le gage et le prix.

Les Rois pour t’adorer se mettent en prière ;

Eux qui des saints martyrs versaient le sang jadis, Inclinent devant toi maintenant leur poussière 1

Sainte Religion, guide tombé du ciel,

Tu n’as pas du bigot le coeur rempli de fiel,

Non ; ta croyance elle est d’amour et de concorde ;

La foi n’existe pas sans la miséricorde ;

Non ; tu n’as pas non plus l’orgueil du zélateur Qui pour mener au Christ se fait persécuteur!

Tu ne te fais point jeu des misères humaines,

Et pourtant maint Caïn se fit ton défenseur Souillé du sang d’un frère, et fumant de ses haines.

Oh ! fais qu’ils soient à toi nos cœurs, Religion I Viens à nous, viens à nous avec cette onction Cette paix de Jésus la divine lumière,

Et ta douce espérance à nos âmes si chère 1 Oh ! viens Religion embrasse l’univers 1 Nous voudrions trouver par des chemins divers Des anges la demeure et de Dieu le Royaume ;

Que protéger le faible, et rester toujours fiers Devant les Grands . . . soit, Dieu ! notre Deutéronome !

l’esprit.

La nef elle est foulée et par des pieds armés,

Qui servent -ils ici ces glaives animés?

La rue elle gémit de terreur et de transes,

Quand dans P Eglise on voit briller haches et lances ! Où paraissent Crichton, Napier et Rutherford Pour ouïr une voix qui la brave la mort ; — L’intrépide John Knox au-dessus de la crainte Lui, prêche l’Evangile, et ne plaint pas son sort S’il doit mourir pour Dieu, pour sa parole sainte.

La peur? Il avait vu le cachot sans effroi ;

La peur ? Il s'en moquait pas mal !.. il avait foi ! La peur? Il eut bravé la mort et le martyre,

Les fers, la question, il eut bravé bien pire Plutôt que de l’admettre aux parois de son cœur !

11 ignorait, oh ! oui, ce sentiment la peur 1

Car l’homme ! il n’avait pas de pouvoir sur son âme,

Dieu seul était son glaive et son inspirateur,

De l'Inquisition que lui faisait la tlamme !

Mais au loin de cette île il tonnait son pouvoir,

Sa voix allait braver en tous lieux l’encensoir,

Cette puissance impie, au joug soumettant l’homme, Les Cardinaux, le Pape et les crimes de Rome;

Et les mitres tremblaient aux accents de sa voix,

Et sa main repoussait l’ignoble main des Rois Par des titres, de l’or marchandant son silence ;

Ce n’était un Judas pour le vendre en sournois L’Evangile établi par sa rare éloquence !

En vain il menaça le farouche Ilamilton Que s'il montait en chaire on rabattrait son ton,

Que comme sur un loup sans chercher d’autre excuse On tirerait sur lui de bons coups d’arquebuse ;

John Knox lui répondit: “J’ose braver pour Dieu Et pécheurs et péchés, tes lances et ton feu,

Toi, suppôt de l’Enfer dont l’indigne croyance De tout persécuter semble avoir fait le vœu :

Pour Dieu! j’affronterai la mort et ta vengeance!”

Et de son noble esprit soudain jaillit l'éclair, Terrassant les abus sous sa verge de fer ;

Jetant il bas les saints, leurs us et leurs images.

Do la corruption tous les échafaudages.

L E8PBIT.

Et dès ce moment là la pompe et la splendeur De ces Mammons Mitrés perdirent leur saveur ;

La Croix du Christ reprit de nouveau son empire, De nouveau l’on bénit le nom du Rédempteur, Dans le livre de Dieu de nouveau l’on put lire.

Oh ! du jour du Seigneur douce aube, doux matin, Des mystères d’en haut toi le miroir divin !

Comme le cœur humain ivre de ta venue Alors que tu parais fête ta bienvenue ;

Comme l’âme languit pour sentir ta beauté,

Et pour se rapprocher de la Divinité ;

Comme elle se répand d’une façon sublime Sur l’esprit dans son vol devers l’Eternité Alors qu'il apperçoit des cieux la double cime.

Tnndis qu’il se dilate en ce jour étemel L’Esprit, et qu’il atteint les saints parvis du ciel, Le futur jette au loin son beau manteau d’étoiles Et le passé honteux se cache dans ses voiles ! Tellement grandiose il est le droit chemin Qui conduit à Dieu même, à son autel divin,

Que les cieux éclatants s'étiolent dans l’ombre, Devant l'immense gloire, et le splendide écrin Qui donnent la lumière à des soleils sans nombre !

Oh ! du jour du Seigneur douce aube, beau matin, De la Religion montre-moi le chemin ; Conduis-moi vers cos monts sauvages, solitaires, Pour voir l’humble berger oubliant ses misères Fêter ce jour béni, pour lui toujours heureux !

Qui fait de son toit rude un autel glorieux,

Oh, pressé sur le sein d’une mère pieuse,

Son enfant, les regards élevés vers les cieux, Demande à Dieu pour eux la santé précieuse.

Oh ! du jour du Seigneur soleil délicieux Conduis tranquillement mes pas aventureux Vers le vallon touffu qui d’un splendide ombrage Apporte la fraîcheur à ce joli village ;

Loin du bruit des cités, de leurs émotions,

Des soucis du commerce et de ses passions,

Oh vers l’Eglise on voit dans leur toilette blanche Jeunes filles aller calmes comme Alcyons Pour louor le Seigneur, et fêter le Dimanche.

l’espbit.

Délicieuse vue offerte à l’œil humain De voir deux jeunes sœurs sur le livre divin Pencher leurs bras charmants, leurs douces chevelures, Confondre en cet amour leurs haleines si pures, laisser monter au ciel, mélodieux encens,

De leurs gentilles voix les suaves accents;

Du jeune Paradis c’est là vraiment le rêve,

Avant que le Serpent par discours décevants N'eut à jamais flétri ta candeur ô notre Eve !

Salut jour du Dimanche, oh! jour délicieux Guide et consolateur tu nous ouvres les cieux ;

Jour où le voyageur aime à vivre en arrière,

Et de son doux foyer à rêver la chimère ;

Jour où sur l’océan les yeux mouillés d’un pleur,

Le marin vers les siens allonge son bon cœur ;

Jour où la paix descend sur le captif qui pleure,

Jour où la Croix du Christ défend tout du malheur, Jour de salut! en toi l’Eternité demeure!

Sur les eaux la prière ! . . — Oui sur la mer d'hiver Où le mât semble à l’œil le clocher le plus fier,

Elevant jusqu’à Dieu des marins la pensée I Sur les eaux la prière I . . unique panacée Qui calme et qui guérit toute humaine douleur.

La prière ! cette ancre où l’espoir, le bonheur, S'attachent, quand naufrage, hélas ! l’intelligence, Quand la tombe à venir nous remplit de terreur,

Cette ancre à nous sauver aura seule puissance !

En courroux ou paisible, au soir comme au matin Mer, j’écoute ta voix, et tes échos sans fin ;

Pour saluer le jour tes premières matines,

Puis ton chœur vigoureux et tes harpes divines,

Alors qu'en plein midi s’élance le soleil ;

Puis tes vêpres, — le soir ton hymne sans pareil !

La beauté de tes chants, des eaux la poésie,

Suscitent des pensera dans mon âme en éveil Qui vont chercher au ciel la divine ambroisie !

Tes murmures ils sont l'éloquence du son ;

Sans paroles ce sont des chœurs à l'unisson,

Qui réveillent en nous des sentiments sublimes ; — ijpit qu'au ciel en fureur tu projettes tes cimes,

l’esprit.

Soit que tranquillement comme un beau lac d’été Tu promènes au loin ton flot vert, — argenté,

Mon cœur pourtant t’admire en tes diverses phases, Toi l’oracle du temps de toute antiquité, Mystérieusement qui roule sur ses bases.

Chacun et tour à tour Juif, Grec, Vénitien,

L’homme civilisé, le Sauvage Indien,

T’ont offert, Océan, de pompeux sacrifices,

Pour appaiser ton ire, encliaîner tes caprices I Combien n'as-tu pas vu sur tes bords de combats, Depuis les mécréants jusqu’à nos fiers soldats ;

Que de morts au néant retournés depuis l’arche !

Que de gloires à bas, et que de faux éclats Depuis le jour oh Dieu te dit : “ Existe et marche ! ”

Chaîne dont les anneaux rivent le temps au temps,

De toute Eternité l'homme entendit tes chants :

Tu n’es pas autre, Mer, que cette Mer houleuse Qui sur l’ordre du Christ cessa d’être orageuse,

Et replia son aile ainsi qu’un jeune oiseau :

Tu n’es pas autre, Mer, que ce va3te tombeau Qui jadis engloutit, annihila la terre !

Un mot du Créateur, soudain sous ton manteau Disparaîtrait encor notre vile poussière.

Lontemps tu supportas les chagrins des mortels Sur ta vaste poitrine et tes flots solennels;

Depuis les premiers temps où des cœurs en souffrance Ont jeté, malheureux, aux vents leur espérance ; Délaissant le chez soi, les douceurs du foyer Pour chercher bien au loin toit plus hospitalier!

J’ai connu, me souviens, charmante jouvencelle,

Une noble beauté, svelte comme un palmier Tomber comme un épi que ronge la nielle.

Pauvre rose effeuillée elle dépérissait

Du mal d' Amour ; toqt bas, du moins on le disait,

Mais de ce ver rongeur elle faisait mystère,

Sur son fatal secret elle savait Be taire ;

Se laisser deviner eut été trop affreux !

Aussi se fia-t-elle à ce leurre amoureux Qui faisait luire au loin l’étoile d’espérance,

Elle entrevit bientôt un sort moins rigoureux,

Sa force revenue, éteinte sa souffrance.

l’esprit.

L'Amour? . . je te dirai ce que c’est que l’Amour! Avec des sentiments aussi purs que le jour C’est bStir une chasse oïl couve l'Espérance,

Oh le Temps paraît jeune . . . exquise l’existence. Désirs, plaisirs et goûts, ce trio séducteur,

S’unit pour consacrer cct Eden du bonheur ;

Au haut du firmament l’étoile est saus nuage,

Les ruisseaux en courant rafraîchissent la fleur,

Et sur terre le ciel semble pris à l’ancrage.

Voilà ce qu’est l'Amour, — l’Amour constant et vrai. Cette gloire immortelle aussi fraîche que Mai :

De tous les dons du cœur le plus beau, le plus rare,

De la vie, en un mot, le plus lumineux phare !

Oh ! qui de nous ne peut se rappeler le soir Oh pour scs premiers vœux naquit un doux espoir,

Par un beau clair de lune et sous un bois bien Bombro, Et l’émoi des adieux : ‘A bientôt 1’ ‘Au revoir !’ Quaud tout était soleil oh vit aujourd’hui l’ombre !

Elle avait un front chaste, et fait pour captiver,

Un doux je ne sais quoi, qui vous faisait rêver;

Une taille bien prise et tout à fait mignonne,

Trop faible pour les maux que nature nous donne ! Une oisive langueur, un air méditatif,

L’aspect de la souffrance, un aspect tout pensif;

Sur son pâle visage une rougeur fébrile D’un bien triste destin présage indicatif Semblait dire à chacun : “ Cette fleur est. fragile 1”

L’expression d’extase empreinte dans ses yeux,

Et sur sa blanche épaule ondulant, ses cheveux Comme des ailes d’or sur le dos d’un bel ange ;

Ses lèvres saus couleur et son sourire étrange,

Les roses du matin mortes avant le soir,

Car la jeunesse était pour elle sans espoir,

Telle était sa beauté, — le décliir d’une aurore ;

Cela serrait le cœur, et faisait mal à voir

Que de la contempler . . . mourir! . . si jeune encore!

Et la couronne donc que lui tresse sa sœur La dernière couronne et ses feuilles en cœur Qui tombaient lentement, et semblaient vouloir dire : “ Sur tes amis ainsi tu perdras ton empire !

l’espbit.

De leurs âmes ainsi fuira ton souvenir,

Ou s'il y vient parfois ce sera sans soupir,

Comme une pauvre fleur qu’on regarde sans charme !” Mais les feuilles mentaient ; son doux ressouvenir Quand il plane sur nous, fait jaillir une larme !

Et toujours, et toujours s’en allait la santé,

Feuille à feuille chaque heure emportait sa beauté,

En dépit du climat, sa taille plus fragile,

Comme un roseau pliait, sous le vent plus débile ;

Ils étaient tons au loin cependant ses amis,

Des mers la séparaient de ces êtres chéris,

Que n'eut-elle donné pour les revoir encore 1 Et puis elle disait : “ Seigneur 1 eu tout ]>ays Ta volonté soit faite! . . Ecoute qui t’adore!"

A sa vigne en allant, souvent le villageois Vers la jeune étrangère à la si douce voix Se retournait ému ; cependant qu'avec peine Elle mourait, montant la colline prochaine,

D’ou l'on voyait la mer et son immensité ;

Et là jusques au soir, dans l'immobilité,

Et l’œil inquisiteur restait la jeune fille,

Croyant que chaque voile apportait l'amitié,

Et le vent de l’espoir lui rendait sa famille !

O cœur humain quand donc d’aussi tendre retour Le paya-t-on jamais ton saint et noble amour !

Quand donc la paya-t-on avec tant de largesse Ta touchante amitié par plus vive tendresse !

Car de la vie, hélas ! quel est le résumé ?

Nombre d’aflections d’uu trépas innommé Meurent dans notre cœur sans y laisser de trace ;

Et puis l’expérience arrive à point nommé Pour nous montrer enfin ici bas que tout passe !

Le matin, ce doux chantre, il fit l’appel aux bois,

Et tous de leur sommeil de sortir à la fois,

Secouant empressés leurs verdoyantes tresses ;

Et puis il éveilla par de tendres caresses Le bouton et la fleur, et les gentils ruisseaux ;

Voyant tant de beautés qui songerait aux maux?

Qui quitterait ce jour pour une chambre obscure,

Pour regarder des yeux ternes et «ma repos,

Et voir s'éteindre en eux la flamme la plus pure?

OG

l'esprit.

Et je vis une étoile au-dessus du ciel bleu,

Etoile de pardon, étincelle de feu 1 De gloire douze noms lui servaient d'auréole,

Douze astres lumineux étaient sa girandole ;

Et du centre de cliaque étincelait la Croix,

La Croix du genre humain le symbole et la voix ;

Et du plus haut des cieux les Trônes, les Puissances, Disaient de Bcthléhem l'espérance et le choix,

Et proclamaient bien haut, ses gloires, ses tendances !

Lors de ce firmament vivant, soudain surgit Une forme-lueur qui partout répandit Un bonheur indicible oh brilla sa lumière ;

Trônes, Mondes passaient tous sur sa tête altière ; Tandis que sous son pied ce Terrible Pouvoir Ecrasait le serpent sifflant de désespoir ;

Et comme le serpent broyé saignait rebelle,

Les Chérubins clrantaient cette hymne de l'espoir : Salut & Bcthléhem, h sa gloire immortelle !

A l’orient s'ouvraient dix mille portes d’or,

Des Anges en sortaient qui prenaient leur essor Kangennt leurs beaux essaims en lignes scintillantes, Laissant de l’avenir voir les pages brillantes,

Illuminant ce livre oh là haut le bon Dieu Inscrit tous ses décrets en paroles de feu ;

Et les Anges du ciel, Chérubins, et le reste Chantèrent : “A Lui Gloire ! à Lui Gloire en tout lieu, Salut à Bcthléhem, à sa gloire céleste 1 ”

Et traversant les rangs des Chérubins nombreux, J'arrivai par la Foi jusqu’au plus haut des cieux,

Et d’une profondeur à donner le vertige Là je vis le Soleil de l’Esprit, ô prodige !

Entouré des rayons du Savoir Immortel 1 Et Démons et Pensera se battaient en duel ;

Et de cette mêlée une voix d'Espérance Sortait pure disant : “ Salut à l’Eteroel De la terre avec Dieu salut à l’Alliance 1 ”

Devant Son Trône étaient l’Amour, la Vérité,

La Sainteté formant une Triple Unité,

Au-delà de la Châsse, au-delà de l'Etoile,

Du Livre, ils soutenaient do l’Etemel le Voile 1

l’esprit.

Eternelle Présence — et Seule cependant,

Par toutes les splendeurs vue, et sans Précédent, Révélée et pourtant Invisible, Inconnue !

Sublime était assis un Etre Transcendant Saluant Bethléhem ! . . ton Etoile Apparue 1

Alors les Sept, les Beaux, les Imparadisés Glorifiés en Dieu, les Apothéosés Parurent ; lors du ciel le sublime mystère Soudain se révéla : — Moteur ! — Esprit ! — Lumière ! Cette main — dont l’ombre est le trône de la nuit !

Et puis cette figure au milieu d'un circuit De gloire auréolée, à tristesse éternelle,

Dont l'homme et ses péchés ont fait un noir minuit, Quoiqu’au ciel, quand tout est radieux autour d’elle !

Eh 1 quoi ! le Sauveur pleure assis auprès de Dieu, Eternité peux-tu supporter cet aveu ?

Las I le Christ peut-il donc oublier nos offenses,

Le chemin de la Croix, les infâmes potences ?

Pour l’homme impénitent, ô Nature, rougis !

Qui ne serait ému quand aux sacrés parvis Anges et Chérubins sont émus dans leurs sphères, Qui donc resterait sourd quand le ciel a compris,

Qui resterait sans pleur devant larmes si chères ?

Sans la Rédemption qu’eut-il été l’Esprit ?

Un jour sans fendemain, un océan sans lit !

11 eut pris son essor sans but, sans espérance, Condamné pour toujours à mourir sans croyance ! Nulles eussent été ses aspirations,

Parfums jetés aux vonts ses nobles visions,

Nul Sauveur pour lui rendre éclat, parfum, lumière, Nulle voix consolante en scs afflictions,

Mais ténèbres partout, mais sur les morts poussière I

Que Bcrais-tu de l’homme 0 noble faculté,

Génie ! astre émané de la Divinité,—

Quand semblable au soleil, semblable à son sourire, De l’Univers l’Esprit serait le point de mire;

Si l’Esprit était né pour subir le néant!

Si Pensers, si Génie en ce gouflre béant,

Tous ils devaient tomber avec indifférence,

Sans arche de salut pour ce qui fut géant,

•Sans d'un monde meilleur la sublime Espérance !

l’espbit.

Esprit tout ineffable ! Esprit tout immortel !

O Sagesse Infinie ! 8 Pouvoir Eternel 1 Ame de l'Univers 1 Sublime Intelligence 1 Trône de la Pensée ! Abîme d’Espérance !

Qui de la terre au ciel renfermes dans tes mains Le sort des nations, l'avenir des humains,

Nous te bénissons Dieu — Grand Dieu de tes largesses. Par toi la mort, sa nuit ont d'étemels demains,

Et la tombe nous fait de bien douces promesses !

Dis-les TerTe ces mots : “ Rédemption 1 Salut!” Forêts pour les chanter prenez votre grand luth 1 Et toi vaste Océan par le calme et l’orago Va les porter au loin de rivage en rivage !

Vous gigantesques Monts aux formidables voix,

Faites résonner haut et partout à la fois :

“ Rédemption ! Salut !" c’est là le cri du monde ! L’arche est sauvée encor par le Christ ! par la Croix ! L’Esprit est racheté par l’Arche et la Colombe !

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