L’ENFANCE
De quelque lieu qu’on soit, — quelque rang que l’on ait, Qu’importe à son esprit pour juger le mérite?
C’est sa conviction dans son bon sens parfait,
Que sur tous, le talent trône par droit d’élite :
Elle honore l’esprit bien autrement que l’or,
Elle aime le divin, mieux qu'un mondain trésor,
Et trouve que les gens nobles par le génie,
Valent tous les D'Ortay de noble ignominie!
Ainsi de l’existence ornant le beau matin,
Ainsi plus honorée alors que plus connue,
La vive affection l'a prise en son chemin,
Vers la douce amitié par son cœur entrevue.
Ainsi toujours aimante, elle vit à l’entour Des fleurs de l'amitié, des fleure d’un saint amour ; N’ayant qu’un but celui d’être la Providence De tous les affligés en aidant leur souffrance.
L'Enfance.
“ Il est doux d’aimer dans l'enfance.
Quoique ce jeune amour s'éveille pour un rien,
Sa musique s'incruste au coeur, et sa puissance Dans l’hiver de nos ans vibre encore, et fait bien.”
Traduit d'Eliza Cook.
Il était une fois une gentille Fée
Dans un beau palais de rubis,
Pure comme le plus beau lis,
Elle régnait, de grâces attifée ;
Elle avait un nom d’homme, on la nommait Le Cœur.
Riche par sa naissance,
Elle donnait bien plus que l’opulence Ne put jamais donner, car c’était le bonheur. D’Emotions elle avait des armées,
De beaux sentiments animées ;
Elle avait des Emois à faire envie aux Dieux,
A ses moindres désirs des complaisants nombreux.
De sa chambrette, Oh la perle coquette
Etincelait,
Elle envoyait
l’kkfaHce.
Des missions vers tous ; sa science profonde Aboutissait à gouverner le monde.
Beaux Rayons de Soleil, Ailes de Papillons, Abeilles, mais sans aiguillons,
Aux mille et un reflets gentilles Demoiselles
Les plus jeunes et les plus belles.
Etaient ses éclaireurs, étaient ses arcs-en-ciel. C’était lien surnaturel Lien fait à point pour l’enfance,
Et de la Fée aussi, non jamais la puissance Me se révéla tant que lorsque folâtrait
L'heureuse enfance.
Et qu'au souffle de l’innocence.
Tout parfumé, tout frais, elle riait, jouait.
C'était vraiment, c’était charmant spectacle, Comme lorsqu’on rêve, ô miracle !
Par delà notre jour, un jour plus vif encor,
Une patrie au sol tout d’or,
Oh les eaux roulent immortelles, Fraîches toujours, toujours nouvelles, Quand les yeux de l’enfance empreints de volupté Voient par de là l’éternité Dos apperçus par ma foi ! bien étranges,
De ces séjours oh demeurent les Auges !
De la fontaine du palais Avec rayons d'argent, avec murmures frais,
Aussi mélodieux que le gentil cantique
Par le matin mis en musique, Découlait le ruisseau de pure Affection,
Promenant avec lui la douce Emotion !
Tout au-dessus de sa retraite Calme et tranquille était une fleurette D’exquis parfum, bijou tombé du ciel,
Qui s’appelait du nom de “ l’Amour Maternel.”
De feuilles et de fleurs au milieu de ce monde,
Et parmi sa musique en charmes si féconde,
Ses parfums, scs bosquets, ses guirlandes d'été,
Son intarrissable gaîté,
On voyait deux enfants, beaux comme la nature. L'un un garçon, un garçon bien joyeux,
l’exfance.
Tout rouge du bonheur qu'on lisait dans ses yeux, Comme un bijou portait, en guise de coiffure Au-dessus de sa tête un bouquet de pavots,
Et de rouges coquelicots ;
Sur ses genoux, à peine écloses Insoucieusement il effeuillait des roses,
Tandis que sa charmante sœur Dans un sourire, autour épandait le bonheur,
Sur tous les trois, garçon, pavots et roses. Jamais dans ses métamorphoses Elle n'offrit, la Vie, aussi divins attraits,
Jamais l’Amour, un jour plus séduisant, plus frais.
, Mais un Lutin d’humeur accorte Restait traînard près de la porte, Jusqu'à ce que l’aube du jour Lui fit voir qu'il devait disparaître à son tour;
Et tout à coup son ombre Disparut sombre.
Mais quand revint le soir, 11 accourut sans bruit Comme en maraude ; Et scs yeux de flamme émeraude Comme belle escarbouclc, illuminait la nuit 1 Ce fut étonnement mêlé d'un peu d'alarme,
Le rêve d’un prochain danger,
Mais, je ne sais, quel mystérieux charme Prêtait à ce danger, un plaisir passager.
Pour sujet de ses chants, le Lutin prit la Vie, Thème arrangé par lui pour exciter l’envie,
Et le traita d'une telle façon
Que sous sa faconde asservie,