LE DÉPORTÉ EN RUPTURE DE BAN
Sur les verdoyantes collines
Le matin s’asseyait, — mais froid,
Comme un linceul sur lui formant un toit,
Le nuage entassait scs noirâtres courtines ;
Et Tout, — même son beau pays Avait l'air renfrogné devant scs traits flétris.
Il gémit : — Mon père !.. oh ! mon père ! . .
Mon amante 1 . . et toi mon foyer! . .
Quel père dà ! . . Puis-je donc oublier Que de son fils il a renié la misère ! . .
Quel foyer? .. je ... je n'en ai plus ;
Le monde me maudit ... et lui, mon père en sus !
Je la vis frapper ma charmante,
Elle 1 . . ma vie et mon trésor I A ce penser mon sang bouillonne encor !
Et pouvais-je ainsi voir insulter mon amante!
Moi, — l'insulteur sans nnl retard Je le tuai soudain . . . Merci mon bon poignard !
Pour cela le sceau d'infamie
Vivace envenime mon front ;
Oui, pour avoir ainsi lavé l'affront Qu'un impudique oseur faisait à mon amie !
Pour cela je suis un Caïn,
Oui, pour cela, je suis un objet de dédain !
Sol natal, ma belle patrie !
Berceau des bons, des nobles cœurs !
N’ai du destin cherché d’autres faveurs Que te voir et mourir, Terre de ma chérie !
Oh ! oui que je sois près de toi A mon dernier soupir, à mon dernier émoi !
Avec sa couronne d’étoiles
La lune éclairant le vallon,
Fit voir la mort sur le corps du félon Assise et l’étreignant de ses funèbres voiles ;
Tandis que le triste zéphir Sur ce mort exhalait un long, bien long soupir.
Dans cette nuit, dit la chronique,
On vit un Esprit jouvencel a h 2