‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 377 sur 396 · LE DÉPORTÉ EN RUPTURE DE BAN · texte numérisé non relu

LE DÉPORTÉ EN RUPTURE DE BAN

Sur les verdoyantes collines

Le matin s’asseyait, — mais froid,

Comme un linceul sur lui formant un toit,

Le nuage entassait scs noirâtres courtines ;

Et Tout, — même son beau pays Avait l'air renfrogné devant scs traits flétris.

Il gémit : — Mon père !.. oh ! mon père ! . .

Mon amante 1 . . et toi mon foyer! . .

Quel père dà ! . . Puis-je donc oublier Que de son fils il a renié la misère ! . .

Quel foyer? .. je ... je n'en ai plus ;

Le monde me maudit ... et lui, mon père en sus !

Je la vis frapper ma charmante,

Elle 1 . . ma vie et mon trésor I A ce penser mon sang bouillonne encor !

Et pouvais-je ainsi voir insulter mon amante!

Moi, — l'insulteur sans nnl retard Je le tuai soudain . . . Merci mon bon poignard !

Pour cela le sceau d'infamie

Vivace envenime mon front ;

Oui, pour avoir ainsi lavé l'affront Qu'un impudique oseur faisait à mon amie !

Pour cela je suis un Caïn,

Oui, pour cela, je suis un objet de dédain !

Sol natal, ma belle patrie !

Berceau des bons, des nobles cœurs !

N’ai du destin cherché d’autres faveurs Que te voir et mourir, Terre de ma chérie !

Oh ! oui que je sois près de toi A mon dernier soupir, à mon dernier émoi !

Avec sa couronne d’étoiles

La lune éclairant le vallon,

Fit voir la mort sur le corps du félon Assise et l’étreignant de ses funèbres voiles ;

Tandis que le triste zéphir Sur ce mort exhalait un long, bien long soupir.

Dans cette nuit, dit la chronique,

On vit un Esprit jouvencel a h 2

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