‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 376 sur 396 · G6 LE DÉPORTÉ EN RUPTURE DE BAN · texte numérisé non relu

G6 LE DÉPORTÉ EN RUPTURE DE BAN

Il parcourut d'un œil avide Le vallon oit donnaient les fleurs Du doux printemps ; — et coulèrent ses pleurs, Au ravissant aspect de ce pays splendide ;

Et dans son cœur un penser noir Vint soudain éveiller un amer désespoir.

Le matin trônait sur le mont ;

Mais d’un air froid et taciturne ;

Comme un voile noir sur une urne Un lourd nuage assombrissait son front :

Tout enfin paraissait même dans sa patrie Avoir pour lui dédain ou bouderie.

“ Père ! ” fit-il en gémissant,

“ Mon doux fojer ! . . ma bien aiméo 1 De tout cela rien que fumée ! . .

Mon père !.. il a rejeté son enfant !

Je n'ai pins de fojer, non plus rien sur la terre !

Toi cependant, ne me maudis pas, père 1

" Quand il 1a frappa le vilain !

Elle à mon cœur déjà ai chère.

Mon sang bouillonna de colère Et moi sur lui je me jetai soudain !

Car elle m’aimait moi ; c'était ma Uanoée !

11 est mort l’homme 1 . . oh ! fuis triste pensée !

“ Pour ce fait s’empreint sur mon tront De Caïn la hideuse tache ;

Pour ce fait à mes pas s’attache La populace et son mépris profond j Pour ce fait il me faut boire à longs traita la honte Jusqu’à la mort à me» vœux si peu prompte.

" Pajs que ne puis trop chérir,

Patrie et des bons et des braves,

Le destin veut que sans entraves Je puisse enfin te revoir et mourir ;

Oh ! près de toi patrie, à mon heure dernière,

Oh ! qu’il m’est doux de fermer La paupière I "

La lune sur le beau vallon Traînant son cortège d'étoiles.

Laissa sous le blou de ses voiles Fantôme blanc voir le oorps du félon ;

Et les tristes Képhirs en passant par la plaine Pax un soupir émiettaient leur peine.

On dit que oette même nuit Parmi les brillantes fleurettes Du printemps enfants joliettes.

On vit léger se glisser un Esprit Auprès d’une cabane à travers la prairie

Qui se fondit au doux nom de patrie I

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