‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 384 sur 396 · UW PAISIBLE CHEZ SOI · texte numérisé non relu

UW PAISIBLE CHEZ SOI

Là tout le long du jour pareils à nos agneaux,

Nos chers petits enfants se trémoussent, Annie,

Ils jouent sur le versant de ces brillants coteaux,

Et leurs cœurs innocents fondent de joie, Annie.

Près d’eux on ne saurait jamais devenir vieux,

Ni les cœurs ne pourraient se refroidir, Annie,

Leur sourire enchanteur nous montre un coin des cieux, Pour élever notre âme au Créateur, Annie.

Et quoique de la vie étroit soit le sentier,

Que le vol et l’orgueil s’y faufilent, Annie,

Soyons reconnaissants que sans les coudoyer Nous puissions côte à côte y faire route, Annie.

L’avide ambition peut courir après l'or,

Et puis faire la roue et se gaudir, Annie,

Contentement du cœur voilà notre trésor,

Notre humble sort vaut mieux que la richesse, Annie.

Nul ne peut de la terre annihiler les fleurs,

Ni voiler le soleil — Il luit pour nous, Annie,

Dans leurs sombres bosquets les oiseaux gais chanteurs Chantent pour toi, pour moi, le jour, la nuit, Annie.

Oh ! nous n’envierions pas aux grands leurs beaux atours, Leurs ornements de luxe, et leurs bijoux, Annie,

Souvent la mode ronge entouré de velours,

Un cœur, que la nature avait fait bon, Annie.

Jamais aucune orgie empoisonnant nos jours Ne viendra le tarir notre sang pur, Annie,

Ma foi ! vide qui veut la coupe des vins lourds,

Ce ne sera jamais ni l’un ni l’autre, Annie.

Côte à côte tous deux comme arbres nous croîtrons,

Et ramant en avant bien doucement, Annie,

Sur une mer d’amour gaiement nous glisserons,

Jusqu'à ce jour suprême où nous mourrons, Annie I

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