‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 385 sur 396 · WARIN (J. B · texte numérisé non relu

WARIN (J. B

Sue use Fleur Cüeillib.

Oh ! pourquoi de gaîté de cœur Ai-je détruit une existence,

Que ne saurais te rendre, — ô Fleur I Qui fière de ton opulence Naguère vers le ciel d’azur Levait avec amour ton regard doux et pur !

Car d'une fleur la vie à Dieu c’est un hommage, Et son muet encens vole vers le nuage.

Maintenant que la pauvre Fleur Dans la mort je flétrit, se fane,

Je vois, non sans quelque douleur, Comme s'éjouit, se pavane Au souffle de l’air du bon Dieu Chacune de ses sœurs, en guignant l’œil de feu Du soleil, de là haut qui les retient en joie,

Et qui dans sus vapeurs de délices les noie.

Si mon esprit comme la Fleur Pouvait, pur, traverser la vie,

Et recevoir d’aussi bon cœur Les dons auxquels Dieu nous convie, Si je payais d’autant d’amour Le sublime pouvoir du Créateur du Jour,

Je n'irais pas alors dans mon inconsistance A la plus simple Fleur arracher l'existence.

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