‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 58 sur 396 · AU COUCOU · texte numérisé non relu

AU COUCOU

Dont les teintes de l’nrc-en-ciel Font un trompe-l'œil éternel ;

Alors autant que le jour dure,

Moi je jouis de la nature ;

Bien-venus les jours de soleil Tout se montre ü mes yeux — vermeil I Avec le coucou je répète :

“ La vie est un long jour de fête ! ”

Coucou, concou (souvent encor N’osant pas prendre ton essor,

Comme au chagrin d’amour en proie, Une fillette fuit la joie,

Et des épouses le bonheur,

Gaspillant sa vie en langueur),

Avec ta douce litanie,

Et ta morne monotonie.

Tu viens me rappeler parfois Les jours, les vieux jours d'autrefois.

Les jours riants de mon enfance,

( juand tout était amour et danse ;

Et par ta douce note aussi Des jours oh germait le souci,

Lorsque comme toi solitaire.

J'errais aussi dans le mystère.

Et ne sachant que devenir ....

Oh! c’est un vilain souvenir:

Lors je chantais triste complainte De mes chagrins l’unique plainte.

Coucou, coucou donnant du cor Lorsque les champs sont vêtus d'or.

A la vallée offrant un charme Par ta voix que mouille une larme, Enfant d’Avril chante toujours ;

Les souvenirs de plus beaux jours Comme un essaim de légers songes M’entourent de leurs doux mensonges.

Lorsque près d’un ruisseau bien frais Ma mère! . . oh! comme je l’aimais!

S’appuyait sur mon bras solide,

A moi qui lui servait de guide.

Pour entendre, on ne savait d'nh Le cantique de son coucou.

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