‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 57 sur 396 · AU COUCOU · texte numérisé non relu

AU COUCOU

Tantôt un écho solitaire Ou du bois ou de la bruyère,

Tantôt geignant d’on ne sait d’où Coucou ! coucou ! coucou ! coucou !

Ou sonnant le glas d’aventure Ou saint temple de la nature.

Coucou, coucou donnant du cor Lorsque nos champs sont vêtus d’or, Quand l’étc de chaque branchage Etend la trame davantage,

Imposant ce je ne sais quoi . . .

D'une cathédrale l'émoi,

Lueur obscure, mais divine.

Pour qui sous son dôme chemine,

Lors moi pensif à tou appel J’erre avec des pensera du ciel,

Pour te rendre un pieux hommage,

A toi l’oiseau du noir bocage,

Puis sous le feuillu ténébreux Où le jour est mystérieux,

Où la laborieuse abeille

Nous dit son chant .... une merveille !

A genoux sur le sol mousseux

Mon âme s’en va vers les cieux ;

Avec toi, Coucou, combien j’aime Adorer Dieu !... le beau poème !

Coucou, coucou donnant du cor Lorsque les champs sont vêtus d’or, Quand nos matins d’humeur joyeuse, Rongissent la robe soyeuse De nos bois fiers de leur velours ;

Que des jeunes agneaux toujours Les brebis, excellentes mères,

Surveillent les jeux téméraires,

Que les fillettes comme mai,

Ce mois si gentil et si gai,

Portent la fleur de leur jeunesse Avec si pétulante ivresse ;

Que d'arbre en arbre les zéphirs Bercent leurs amoureux plaisirs;

Et lorsque nos vieilles allées Etalent leurs vertes feuillées

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