LA SAUTERELLE
Ob ! qu’elle chante un chant lugubre, un bien triste air !
Jusqu'au moment ob la pervenche Sous l'aile du printemps vienne montrer sa fleur,
De pluie et qu’elle meure en un vaste et long pleur.
C’est vraiment un spectacle Toujours ravissant que la nuit I Les plus profonds pensers ils montent au pinacle 1 Elle est amante de minuit La douleur ; et l'amant dont la nuit touche l’âme En vers étincelants fait déborder sa flamme.
Elle épand le sommei Sur les forêts les plus profondes,
Elle abrite l’oiseau jusqu’au temps du réveil ;
Elle donne la vie aux mondes :
Elle apporte au souci de beaux songes de fleurs,
A l’homme le repos, baume de ses labeurs.