‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 73 sur 396 · LES NUITS · texte numérisé non relu

LES NUITS

Scs bras nerveux hier où Be posait l’aiglon Sont arrachés vivants, — et son tronc de lanières Enlacé, le voilé mené comme un félon Vers le chantier voisin au milieu des ornières ;

On le scie, on le tourne, on le barde de fer Pour lui faire former les flancs d’une frégate,

Et pour le rendre mieux apte à tenir la mer On le brûle au goudron, et puis on le calfate I

Oh ! d’un rapide essor voyez-le maintenant Comme un vampire heureux toucher é maints rivages, S’élancer sur les mers, y briller rayonnant,

Et redouté partout s’énivrer de ravages ;

Tout autour de son flanc se joueront mille éclairs,

Et qui l’entoureront de grandeur flamboyante,

Le cauon rugissant tonnera dans les airs,

En sortant coup sur coup de sa bouche béante.

Et puis, quand il aura vaincu dans maints combats, Qu’il se sera montré de rit âge en rivage,

Portant ou le bonheur ou semant les trépas,

Pour lui que voulez-vous désirer davantage ?

Nobles, Poètes, Rois ou Guerriers valeureux N’eurent certes jamais plus utile carrière !

Un hymne en son honneur é ce Chêne — à ce preux Avant qu’il ne s’égrène et retourne k la terre !

Les Nuits.

Oh ! de la nuit d'été Qu’il est lumineux le sourire,

Un dôme de saphir d’indicible beauté

Sert de contour à son empire ;

Et le vent le plus doux vient lui porter l’eucens Qui s’exhale des fleurs en parfums renaissants.

Mais de la nuit d'automne Oh ! que le regard est perçant !

Sa démarche est aisée, et sa voix vous étonne Comme un indice menaçant ;

On dirait qu'on entend le courroux du tonnerre,

Alors qu’il apostrophe et la mer et la terre !

Quant à la nuit d'hiver

Oh! qu'elle est froide! oh ! qu’elle est blanche,

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