‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 81 sur 396 · CROSSE (ANDREW · texte numérisé non relu

CROSSE (ANDREW

Mon Chien.

Amour, affection, resterez dans mon cœur,

V ous thésauriserai pour ailleurs que sur terre ;

Ici bas oh dans tout domine la froideur,

Qui vaut une caresse en ce monde éphémère?

Oui, je vous cacherai ; — mais non, mon pauvre chien.

Il doit avoir sa part de mon fonds de tendresse,

Part que de faux amis, par des amours de rien Vous escroquent ainsi qu’une vaine maîtresse.

Sans âme, et sans savoir, mais Toi ! bon animal Dont la vie est ton tout, ainsi l’homme le pense,

Bien que tu sois muet, pour nous sauver nn mal,

Tu donnerais pour nous ton entière existence.

Après ce, vantons-nous, oui dà, faisons jabot De ce que nous devons gagner un jour ou l'autre !

“ D’un bon chien l’existence, ah I par ma foi mieux vam Que l’immortalité du pécheur!” . . dit l’apôtre.

Sur un Cebf lancé à Bboomtield Hili*

En avant 1 en avant 1 sus ! sus ! vers les collines Sur ta trace sont les limiers !

Si tu perds un moment h brouter les racines,

Ton sang rougira les halliers.

En avant ! en avant ! sua ! Chose poursuivie,

A travers monts, marais, taillis,

En avant ! ces limiers ont pour enjeu ta vie, Entends-tu leurs féroces cris?

Pour ta protection compte sur ta vitesse,

Mais non sur l'homme, par ma foi !

L’homme demande à Dieu pitié dans sa détresse, Mais il n’en aura pas pour toi !

104 oh! mos amoub s’est qu'une paysanne!

Demande du secours au lac, à la rivière,

Aux torrents, aux rocs caverneux,

Par eux si tu ne peux las ! te tirer d’affaire C’en est fait de toi malheureux !

Sus ! fais tous tes efforts pour dérober ta trace, Réduis les limiers aux abois ;

Va dans l’étang là bas pour dérouter la chasse Chercher solace à tes émois.

Puis à tes ennemis si ne peux te soustraire, Retourne-toi, fais face au sort ; la brise emporter^ sur son aile légère

Pauvre Cerf, ton soupir de mort !

Page 1