CURRER
La Vie.
La vie, ah ! croyez-le, n’est pas le vilain rêve Que les sages nous font si noir ;
Un peu d’eau le matin fait trêve A la chaleur du jour et présage un beau soir.
Par ci, par lit la vie a des nuages sombres
Mais ils passent comme des ombres ; Et si l’ondée a fait éclore le bouton,
Devons-nous pas bénir Dieu qui nous en fit don ?
Rapidement, gaiement, heureuses,
Les heures de la vie elles filent joyeuses :
D’un cœur reconnaissant prenons-les donc au vol. Ne savoir en jouir, c’est au temps faire un vol !
Je veux bien que la mort de sa griffe nous happe Ce qui parfois nous plaît le mieux ;
Et que la douleur nous attrappe Renversant l'Espérance au milieu de nos jeux. L’Espérance, malgré, rebondit élastique
Dans le moment le plus critique ;
Pour nous reconforter voici ses ailes d'or,
Ce vaste parapluie il nous abrite encor!
Donc bravement, surtout sans crainte.
Supportons du malheur et l’épreuve et l’étreinte,
Car le courage peut victorieusement Dompter le désespoir et toujours noblement !