‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 86 sur 396 · DALTON (J. STEWART · texte numérisé non relu

DALTON (J. STEWART

L'Origine de la Rose Mousseuse.

Des vastes champs de l’air oh le soleil se joue.

Oh la lune le soir doucement fait la roue,

Des bosquets du bonheur au fin fond de l’azur Descendit sur la terre, et sur le rayon pur De l’étoile du soir, Mal», la Reine des Fées,

Et ses Dames d’atour gentiment attifées.

La Reine marchottait d’un pied léger, mignon,

Et sur la primevère, et sur le Champignon,

Tandis que ses sujets répandaient sur sa route Le doux parfum des fieurs distillé goutte à goutte. Ou bien de la rosée amassant les jonjoux D’un noble diadème en formaient les bijoux. Cependant des ruisseaux jasait le doux murmure, La bruyère, elle aussi, riait à la nature,

L’abeille intelligente avait tiré des fleurs Pour le royal banquet les plus fines saveurs,

Et les Dames d’atour auprès de la clairière Dansaient pour amuser l'écho de la bruyère.

Mais voilà que soudain sur l'aile de la nuit,

Le Sylphe du Sommeil vint annoncer minuit,

Et bientôt d'accourir les plus riants mensonges, Les yeux de se baisser sous le pavot des songes. De la mousseuse couche oh parfumés d’amour,

La douce violette épand tout à l'entour Ses soupirs, le Sommeil de la Reine des Fées Gagna les jolis yeux. Loin de ses Coryphées La Reine était couchée en toute sa beauté,

Dans un mol abandon, rempli de volupté,

Sous l’ombrage naïf d’une charmante Rose,

D’un pourpre délicat, au jour à peine éclose.

Les visions du ciel, les versa le Sommeil Sur les yeux de la Fée . . . épiant Bon réveil.

Mais voilà que ces mots : “Reine, fais ta toilette. Réveille-toi, debout ! c’est moi, c’est l’Alouette Messagère du ciel, qui te dis : Il est jour !

Il est temps, oh grand temps de quitter ce séjour, Reine, réveille toi 1 Debout 1 et file, file,

11 est temps de gagner notre céleste asile,

a l’écho.

Notre bleu firmament, ccrte il devient urgent, D’aller voir de plus près les étoiles d'argent !"

A ce chant bien connu se réveillent les Fées,

Elles battent de l’aile, et secouent par bouffées Les rêves de la nuit, formant de leurs couleurs Un brillant arc-en-ciel qui se perd en vapeurs.

Là toutes attendaient dans ce gentil désordre,

De leur Reine, de Mab, le souverain mot d’ordre, Pour remonter en troupe au plus profond des cicux, Quand la Reine leur tint ce discours gracieux : “Avant tpie de quitter ce pur et doux asile,

Oh cette Rose a fatt pour nous un péristyle De ses appas . . . laissant à nos sens indécis Le pouvoir de nous croire encoro au Paradis,

Nous, Mab, voulons doter sa teinte cramoisie D’un don qui lui vaudra partout suprématie,

Qui lui fera partout élever des autels,

En imposant son culte aux regards des mortels. Mêlant à sa beauté, trésor de sa jeunesse,

Le signe indicateur de la froide vieillesse,

Comme une Sine angélique enfermée à dessein Dans l'argile grossière oh gît l’esprit humain.”

Sur le sein de la Rose à la recevoir prête,

Lors elle mit la mousse oh reposait sa tête ;

Ainsi naquit pour nous cette charmante fleur,

Cette Rose mousseuse à la si douce odeur !

DAIÎW1N (DR)*

A L'Echo.

Doux écho, dis-le moi, dis ta conque dort-elle Oh surplombe cette arche élevée et si belle ? Pendant que ce beau fleuve oh danse le soleil Diapré tes rochers d'un éclat sans pareil ?

Puisse aucun bruit criard ne t’inspirer de crainte, Ni l’aboiement du chien, ni du clairon la plainte ; Ni nulle bête fauve, à l’heure de minuit, T’enseigner à rugir en troublant ton déduit !

Mais que ta tâche soit à la nuit étoilée Dire le chant du soir aux bois, à la vallée,

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