LF. CHANT DE LA PLUIE
Quand raconterai d'aventure Tou* mes malheurs à la nature.
Le mont, et voire le rocher Se laisseront tous deux toucher Par ma voix à jamais désolée et plaintive :
Mais Céiie est inattentive A ma douleur pourtant bien vive.
En son dédain silencieux Elle rit de mes maux affreux,
Et de mes noirs chagrins se moque la cruelle !
Célie ! à quoi bon d’être belle ?
Ah ! lorsque votre amant fidèle Aura fui votre doux regard,
Vous découvrirez, mais trop tard,
Que jamais il ne fut un cœur aussi sincère.
Votre berger, — gente bergère,
Fuit vos yeux si bien faits pour plaire, Et faute de les voir ces yeux,
Il dépérit le malheureux 1 Et bientôt ne sera plus que cendre et poussière !
Mais mieux vaut las 1 sur cette terre Courir tout droit au cimetière,
Que de lutter pour obtenir Un bonheur qui ne doit venir,
Et que ne peut gagner la plus humble prière.
Mais qu’a fait Amyntor, Grands Dieux !
Pour être, le malencontreux !
Traité de si vilaine sorte,
Et voir ainsi mis è la porte Les plus tendres émois de son cœur amoureux ?
DWEHNO (— ).*
Le Chant de la Pluie.
Voyez-la descendre du ciel Avec un bruit, un éclat solennel,
La pluie ! elle se glisBe, effilée et se rue Sur la ville et le mont, sur le fleuve et la rue Avec tous ses soldat* et tous ses officiers,