‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 97 sur 396 · LAIS8KZ-MOI REPOSER · texte numérisé non relu

LAIS8KZ-MOI REPOSER

Elle a cessé du brave la prière,

Elle est morte en son cœur l’espérance dernière,

Et déjà l'ont quitté mon Dieu !

Le camarade et le prêtre ... en ce lieu Le malheureux soldat est resté solitaire.

Les siens ! bonheur pour lui ! — sont heureusement loin ; De ce meurtre légnl nul ne sera témoin,

Nul, nul ici, ne répandra des larmes,

Ils jeteraient des cris à l'aspect de ces armes . . .

Oh I certe oui, c’est mieux pour lui Qu’ils soient au loin ; qu'il reste sans appui,

Sans un ami, — sauf un, — au-dessus des alarmes.

Cet ami c'est son chien, — oui, vous pouvez le voir Son œil triste disant son morne désespoir ;

D’un bond, d’un seul, il est près de son maître Il est là près de lui, car il fut son bien-être,

A ses genoux il restera,

A ses genoux il se cramponnera Jusqu'à ce que la mort rende son corps au prêtre! Quelle ruse pourra le détacher jamais De son maître, ce chien qui gémit ses regrets,

Et dont les yeux si doux sont pleins de larmes? Il a rongé sa corde en deux dans ses alarmes De ne pouvoir venir à lui,

Et, furieux, il occirait celui Qui pour le repousser se lierait à scs armes !

Qui donc pourrait blâmer l’involontaire pleur Qui des vieux vétérans ternit l'œil et le cœur,

Et compromet, hélas I leur point de mire?

Qui peut blâmer l’émoi qu’un tel trépas inspire ! . . Fusillez-le, le pauvre chien,

Tl a le cœur, le vrai cœur d’un chrétien :

Le brave, le fidèle ont les citants de la lyre!

ELLIOTT (EBENEZER).* Laissez-moi reposer.

Celui-là lait bien qui fait de son mieux, S’il est fatigué — qu’il repose heureux ; Frères! moi j’ai fait ma tâche, et je veux. Je veux un repos bien voluptueux :

l’oiseau du soleil.

Après fort souvent avoir à grand’ peine En vain travaillé toute la semaine.

Four gagner hélas ! . . espérance vaine,

Et très peu d’argent . . . outre la migraine ; Enfin laissez-moi goûter le repos,

Mais au beau soleil, dans un champ bien clos, Oh la rose en fleurs sur ses arbrisseaux De ses doux parfums imbibe mes os ;

( lh les vents s en vont de leur vive haleine Caresser le mai qui croît dans la plaine,

Oh les rustres vont et non pas sans peine Clopin clopinant récolter la faine ;

Oh les peupliers sous l’aile du vent,

Inclinent leur front, leur tête à l’évent ;

Oh les plus vieux bois nu soleil levant Jettent de leurs sucs l’arome souvent ;

Oh le Créateur a de sa palette Emnillé les champs, oh de la grivette On entend la voix douce et joliette,

Oh le jeune oiseau s’essaye et volette;

Oh le gris pluvier qui gémit tonjours Près des sources d'eau dont il suit le cours, Sur le coudrier balance ses jours,

Ou sur les roseaux endort ses amours ;

Où souventefois de sa voix sauvage,

Dont plus n’entendrai l’infernal tapage, L’affreuse tempête ira sur la plage Contre Barnesdale étouffer sa rage ;

Là, sous l’occident, au souffle amoureux Laissez-moi dormir, car tels sont mes vœux, Comme un jeune enfant qui s'endort au mieux Au sein de sa mère en un songe heureux.

L’Oiseau du Soleil.

Dans les plaines de l’air, dans l’azur tu serfientes,

Tu domines la pluie, et lorsque le réveil

Annonce à l’homme un jour triste et morne, tu chantes

Doux oiseau du soleil ! doux oiseau du soleil !

ïsans te voir on t'entend, l’homme ainsi que l’abeille, Tandis que les ruisseaux comme en un lourd sommeil

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