‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 98 sur 396 · LE CULTE DANS LES FORÊTS · texte numérisé non relu

LE CULTE DANS LES FORÊTS

Traînent leurs mornes dots, toi tu charmes l'oreille Doux oiseau du soleil ! doux oiseau du soleil !

Et quand tu redescends des champs de la lumière, Et que l’obscurité de son noir appareil D’un dais couvre ton nid, tu dors dans la bruyère Doux oiseau du soleil ! doux oiseau du soleil !

Et près de ton chez toi Jeanuot lapin s’abouche,

Et broute sans façon le serpolet vermeil.

Tandis que la rosée argentine ta couche,

Doux oiseau du soleil ! doux oiseau du soleil I

Le Culte dans les Forêts.

Au plus profond des bois que le soleil éclaire,

Oh pour nous le ciel forme un toit d’or et d’azur,

Oh le ruisseau sourit h la fleur solitaire,

Nos cœurs à l’Eternel offrent un encens pur.

Cependant que frémit notre vieille Angleterre,

Sous le dur froncement des sourcils des méchants ;

Mais vive Dieu 1 Les méchants x>nt beau faire, Peuvent-ils arrêter les flots de la lumière Ou priver l’humble fleur de fleurir en nos champs ?

Dédaignant de la terre et les soins et les chaînes Avide de lumière eu un beau jour d’été Là-haut, bien au-dessus de la cime des chênes J'apperçois l'alouette errer en lilierté.

Cependant qu’ici-bas le pauvre peuple expire Et de froid et de faim traqué par les méchants :

Mais vive Dieu ! Les méchants ont beau dire Pour les petits oiseaux l’air est un libre empire, L’alouette en volant roucoule encor ses chants.

Le prédicateur dit : *• Le Seigneur nous bénisse I ”

“ Le Seigneur nous bénisse ! . . a répété le chœur ; “Amen," et que pour tous ce saint vœu s’accomplisse 1 " A murmuré la brise ! . . “Amen," dit le malheur !

Le travail incessant des enfants de misère Est payé de douleurs par le riche orgueilleux ;

Mais en ce bois oh ta gloire l’éclaire,

Dieu tout puissant, h toi le cœur fait sa prière Et ses pensers d’amour s'élèvent vers les eieux !

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