LE CULTE DANS LES FORÊTS
Traînent leurs mornes dots, toi tu charmes l'oreille Doux oiseau du soleil ! doux oiseau du soleil !
Et quand tu redescends des champs de la lumière, Et que l’obscurité de son noir appareil D’un dais couvre ton nid, tu dors dans la bruyère Doux oiseau du soleil ! doux oiseau du soleil !
Et près de ton chez toi Jeanuot lapin s’abouche,
Et broute sans façon le serpolet vermeil.
Tandis que la rosée argentine ta couche,
Doux oiseau du soleil ! doux oiseau du soleil I
Le Culte dans les Forêts.
Au plus profond des bois que le soleil éclaire,
Oh pour nous le ciel forme un toit d’or et d’azur,
Oh le ruisseau sourit h la fleur solitaire,
Nos cœurs à l’Eternel offrent un encens pur.
Cependant que frémit notre vieille Angleterre,
Sous le dur froncement des sourcils des méchants ;
Mais vive Dieu 1 Les méchants x>nt beau faire, Peuvent-ils arrêter les flots de la lumière Ou priver l’humble fleur de fleurir en nos champs ?
Dédaignant de la terre et les soins et les chaînes Avide de lumière eu un beau jour d’été Là-haut, bien au-dessus de la cime des chênes J'apperçois l'alouette errer en lilierté.
Cependant qu’ici-bas le pauvre peuple expire Et de froid et de faim traqué par les méchants :
Mais vive Dieu ! Les méchants ont beau dire Pour les petits oiseaux l’air est un libre empire, L’alouette en volant roucoule encor ses chants.
Le prédicateur dit : *• Le Seigneur nous bénisse I ”
“ Le Seigneur nous bénisse ! . . a répété le chœur ; “Amen," et que pour tous ce saint vœu s’accomplisse 1 " A murmuré la brise ! . . “Amen," dit le malheur !
Le travail incessant des enfants de misère Est payé de douleurs par le riche orgueilleux ;
Mais en ce bois oh ta gloire l’éclaire,
Dieu tout puissant, h toi le cœur fait sa prière Et ses pensers d’amour s'élèvent vers les eieux !