‹ Le Fond du sac, par le chevalier de ChatelainChapitre 99 sur 396 · ELLIOTT (LU CI N DA · texte numérisé non relu

ELLIOTT (LU CI N DA

La Bobéale de Linnée.

C’est un enfant modeste des vieux, bois,

Oit la chanson du libre oiseau sauvage,

Le frôlement des branches, leurs émois,

Sont les seuls bruits qui troublent le bocage.

Sous un ciel bleu formant pour elle un dais. Dans le gazon d'un vallon solitaire Ayant pour cour de vieux arbres épais,

Voilit quel est son divin sanctuaire.

Dans ces déserts toujours silencieux,

Elle ouvre au jour ses belles feuilles roses, Et la pelouse est le cercueil moelleux Oh doucement plus tard elles sont closes.

Mais l’arrachant à son vert piédestal Si la portez à la cour, à la ville, Soudainement, loin du doux sol natal.

Elle se penche, et sa tête fragile

Tombe et languit sous le poids du chagrin, Et cette fleur de la verte clairière Hier l’orgueil, sous son gentil coussin S’évanouit, et périt de misère.

Point ne saurait vivre dans un palais Avec ses soeurs les beautés exotiques Dont la splendeur, le parfum, les attraits Font l'ornement de ces riches portiques :

11 ne lui faut le vase de l’aros Pour y briller sur la large terrasse,

Ni les jardins, les bosquets de Paphos,

Ni le versant des coteaux du Parnasse.

Mais elle pleure et ses vallons déserts,

Et cet air vif, et ces suaves brises Qui la berçaient de ravissants concerts,

Et du soleil les caresses exquises.

Belle Isolée, ô Fleur de la forêt !

Saint est ton lot modeste créature,

Toi qui toujours sais briller sans apprêt Aux plus secrets contins de la nature !

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