‹ Le fondement de la moraleChapitre 54 sur 81 · Réservée aux initiés. (TR · texte numérisé non relu

Réservée aux initiés. (TR

2. On a contesté Tauthenticilé de VOupnekhat, en se fondant sur certains passagers, qui étaient des gloses marginales ajoutées par les copistes musulmans, puis introduites dans le texte. Mais cette authenticité a été parfaitement établie par le» indianistes F. H. H. Windischmann (le-fils) dans son Sancaray sive de theologumenU Tedanticorumf 1833, p. XIX, et Bochinger, De la vie conlemplalive chez les HindovSy 1831, p. 12. — Le lecteur, même qui ne sait pas le sanscrit, pourra comparer les traductions récentes de quelques Oupanishads, par Rammohun Roy, par Poley, celle de Colebrooke aussi, et même la traduction toute récente de Rôcr ; il se convaincra entièrement d'une chose : c'est qu*Anquetil, en faisant sa traduction latine, qui est un strict mot à mor, de la traduction persane faite par le martyr de cette doctrine, le sultan Daraschakoh, a eu besoin d'une connaissance exacte, parfaite, du sens des mots : les autres au contraire, procèdent par tâtonnements, par conjectures ; aussi il est bien certain qu'ils sont moins exacts. — Ce point est examiné de plus près dans le second volume desParergo^ chap. xvr, g 184.

chrétiens, malgré qu'ils en aient, s'y laisser aller tons autant qu* ils sont. Le nom de Spinoza est devenu synonyme de cett^ doctrine. De nos jours enfin, Kant ayant achevé d'anéantir le ▼ieux dogmatisme, si bien que le monde étonné en contemple les débris fumants, la même idée a reparu dans la philosophie éclectique de Schelling : Schelling prend les doctrines de Plotin, de Spinoza, de Kant et de Jacob Boehm ; il en fait, avec les données nouvelles des sciences naturelles, un amalgame, du tout compose un ensemble propre à satisfaire un moment les besoins pressants de ses contemporains, et sur ce thème, exécute des variations, grâce à lui, l'idée se fait accq)ter chez les hommes compétents de toute l'Allemagne, gagne jusqu'aux gens simplement éclairés, s'étend quasi partout (i). Une seule exception : les philosophes d'université de ce temps. C'est qu'ils ont une rude tâche : de combattre ce qu'on appelle le panthéisme, ce qui les met dans un grand embarras, une vraie détresse ; alors, en désespoir de cause, ils appellent à leur aide tantôt les sophismes les plus criants, tantôt les phrases les plus emphatiques, et vont se travaillant pour se ravauder quelque travestissement un peu honnête, dont ils affubleraient leur philosophie, une philosophie de vieille femme, qui est à la mode, et qui est reçue. Bref, le ev x^î wâv (2) fit de tout temps la risée des sots, l'éternel sujet de méditation des sages. Toutefois, on ne le peut démontrer en rigueur qu'avec la théorie de Kant, comme j'ai fait tout à l'heure ; Kant lui-même n'a pas fait ce travail : à la façon des orateurs habiles, il a donné les prémisses, et laissé à l'auditeur le plaisir de conclure.

Donc, la multiplicité, la division n'atteint que le phénomène ; et c'est un seul et même être qui se manifeste dans tout ce qui

t. On peut assez longtems, chez notre espèce. Fermer la porte à la raison.

Mais dès qu'elle entre avec adresse, Elle reste dans la maisoUf Et bientôt elle en est maîtregge.

(Voltaire.) 2. * L*un et le tout.» (TR.)

vit. Ainsi ce n'est pas quand nous supprimons toute barrière entre le moi et le non-moi que nous nous trompons ; c'est bien plutôt dans le cas contraire. Aussi cette dernière façon de voir, les Indous la nomment Maia, c'est-à-dire apparence^ illusion, fantasmagorie. L'autre, comme nous l'avons vu, fait le fond même du phénomène de la pitié ; la pitié n'en est que la traduction en fait. Ce serait donc là la base métaphysique de la morale ; tout se réduirait à ceci : qu'un individu se reconnaîtrait, lui-même et son être propre, en un autre. Dès lors la sagesse pratique, la justice, la bonté, s'accorderaient enfin avec les doctrines les plus profondes où soit parvenue la sagesse théorique la plus avancée. Et le philosophe pratique, l'homme juste, bienfaisant, généreux, exprimerait par ses actes la même vérité qui est le résultat der* nier des travaux du génie, des recherches laborieuses des philosophes théoriciens. Toutefois la vertu dépasse de beaucoup la sagesse théorique : celle-ci n'est jamais qu'une œuvre imparfaite, elle n'arrive à son but que par une route détournée, celle du raisonnement; l'autre du premier pas s'y trouve portée. L'homme qui a la noblesse morale, quand le mérite intellectuel lui ferait défaut, révélerait encore par ses actes une pensée, une sagesse, la plus profonde, la plus sublime : il fait rougir l'homme de talent et de savoir, si ce dernier, par sa conduite,, laisse voir que la grande vérité est restée dans son cœur comme une étran- . gère.

< L'individuation est réelle, le < principium individuationis» et la distinction des individus telle qu'il l'établit, constitue l'ordre des choses en soi. Chaque individu est un être radicalement différent de tous les autres. Dans mon moi seul réside tout ce que j'ai d'être véritable ; tout le reste est non-moi et me reste étranger. » Voilà un jugement en faveur duquel protestent mes os et ma chair, qui sert de principe à tout égoïsme, et qui s'exprime en fait par tout acte dépourvu de charité, injuste ou malicieux.

« L'individuation est une pure apparence ; elle naît de l'espace

et du temps, qui sont les formes créées par la faculté de connaître dont jouit mon cerveau, et imposées par elle à ses objets; la multiplicité aussi et la distinction des individus sont une pure apparence, qui n'existe que dans l'idée que je me fais des choses. Mon être intérieur, véritable, est aussi bien au fond de tout ce qui vit, il y est tel qu'il m'apparait à moi-même dans les limites de ma conscience. » — Cette vérité, le sanscrit en a donné la formule définitive : « Tat twam asi, » «tu es cela » ; elle éclate aux yeux sous la forme de la pitié, de la pitié, principe de toute vertu véritable c'est-à-dire désintéressée, et trouve sa traduction réelle dans toute action bonne. C'est elle, en fin de compte, que nous invoquons quand nous faisons appel à la douceur, à la charité, quand nous demandons grâce plutôt que justice ; car alors nous ramenons notre auditeur à ce point de vue, d'où tous les êtres apparaissent fondus en un seul. Au contraire l'égoïsme, l'envie, la haine, l'esprit de persécution, la dureté, la rancune, les joies mauvaises, la cruauté viennent de l'autre idée, et s'appuient sur elle. Si nous sommes émus, heureux en apprenant, et plus encore en contemplant, mais surtout en accomplissant une action généreuse, c'est au fond que nous y trouvons une certitude, la certitude qu'il y a au delà de la multiplicité, des distinctions mises entre les individus par le « principium individuationis », une unité réelle, accessible même pour nous, car voilà qu'elle se manifeste dans les faits.

Selon que c'est l'une de ces deux pensées, ou l'autre qui prévaut en nous, c'est la yiXia d'Empédocle, ou le veîxoç (1) qui règne entre l'être et l'être. Mais celui qu'anime le vetxo;, s'il pouvait par un effort de sa haine, pénétrer jusque dans le plus détesté de ses adversaires, et là, parvenir jusqu'au dernier fond, alors il serait bien étonné : ce qu'il y découvrirait, c'est lui-môme. En rêve, toutes les personnes qui nous apparaissent, sont des formes

1. L'Amitié et la Haine, deux principes dont la lulie, avec ses vicissitudes, fait, selon Empédocle, toute Texistence du monde. (TR.^

dirrière lesquelles nous nous cachons nous-mêmes : eh bien ! durant la veille, il en est de même ; la chose n'est pas aussi aisée à reconnaître, mais « tat twam asi» .

Celle de ces deux pensées qui domine en nous perce non-seulement dans chacune de nos actions, mais dans toute notre vie morale, dans tout notre état : c'est par là que Tâme d'un homme bon diffère si nettement de celle d'un méchant. Ce dernier sent partout une barrière infranchissable entre lui et tout le reste. Le monde pour lui est au sens le plus absolu un non-moi : il y voit avant tout un ennemi ; aussi la note fondamentale de sa vie estelle la haine, le soupçon, l'envie, la joie maligne. — Au contraire, l'homme bon vit dans un monde qui est homogène avec sa propre essence : les autres ne sont pas pour lui un non-moi, mais il dit d'eux : c'est encore moi. Aussi se sent-il pour eux un ami naturel : il sent qu'au fond tout être tient à son être, il prend part directement au bien et au mal dé tous ; et avec confiance, il attend d'eux la même sympathie. De là cette profonde sérénité qui règne en lui, cet air d'assurance, de tranquillité, de contentement, qui fait que chacun autour de lui se trouve bien. — Le méchant, dans sa détresse, ne compte pas sur l'aide des autres ; s'il y fait appel, c'est sans confiance ; s'il l'obtient, il n'en ressent nulle reconnaissance : il n'y peut guère voir qu'un effet de la folie d'auirui. Quant à reconnaître en un étranger son propre être, c'est ce dont il est bien incapable, même quand la vérité s'est manifestée à lui par des signes aussi indubitables. Et de là vient tout ce qu'il y a de monstrueux dans l'ingratitude. Cet isolement moral, où se renferme par nature, et inévitablement, le méchant, l'expose à tomber souvent dans le désespoir. — L'homme bon, lui, met autant de confiance dans l'appel qu'il adresse aux autres, qu'il sent en lui de bonne volonté toujours prête à leur porter secours. C'est, nous l'avons dit, que pour l'un l'humanité est un non-moi, et pour l'autre « c'est moi encore » . L'homme généreux, qui pardonne à son ennemi, et qui rend le bien pour le mal, voilà l'être sublime, digne des pluà hautes

192 hE FONDEMENT DE LA MORALE.

louanges : il reconnaît le môme Hre qu'il porte en lai^ là même où cet être nie le plus fortement son identité.

Il n*est pas de bienfait pur, pas d'assistance vraiment et pleinement désintéressée, c'est-à-dire dont l'auteur s'inspire de la seule pensée de la détresse où est autrui, qui, examinée à fond, n'apparaisse comme un acte vraiment mystérieux, Bne sorte de mystique mise en pratique : car elle a son principe dans cett<' vérité même, qui fait le fond de toute mystique : et toute autre explication ici serait une erreur. Un homme fait Taumône ; il ne songe, ni de près ni de loin, à rien antre chose qu'à diminuer h misère qui. tourmente ce pauvre : eh bien 1 cet acte serait bien impossible, s'il ne savait qu'il est cet être même qui lui apparaît sons cette forme déplorable, s'il ne reconnaissait enfin son propre être, son être intime, dans cette apparence étrangère. Et voilà pourquoi, dans le précédent chapitre, j'ai appelé la pitié le grand mystère de l'éthique.

Celui qui va à la mort pour sa patrie, est délivré de rillnsion, ne borne plus son être aux limites de sa personne : il l'étend, cet être, y embrasse tous ceux de son pays en qui il va continuer de vivre, et môme les générations futures pour qui il fait ce qu'il fait. Ainsi la mort pour lui n'est que comme le clignement des yeux, qui n'interrompt pas la vision.

Voici un homme pour qui tous les autres ne sont qu'un nonmoi; au fond sa propre personne, seule, est pour lui vraiment réelle : les autres ne sont à vrai dire qne fantômes ; il leur reconnaît une existence, mais relative : ils peuvent Ini servir comme instruments de ses desseins, ou bien le contrarier, et voilà tout ; enfin entre sa personne et eux tous, il y a une distance immense, un abîme profond ; le voilà devant la mort : avec lui, toute réalité, le monde entier lui semble disparaître. Voyez cet autre : en tous ses semblables, bien plus, en tout ce qui a vie, il reconnaît son essence, il se reconnaît ; son existence se fond dans l'existence de tous les vivants : par la mort, il ne perd qu'une faible portion de cette existonce ; il subsiste en tous les autres,

FOIfDBMBNT MKTAPHY8IQUS. 193

en qui toujours il a reconnu, aimé son essence, son être ; seulement l'illusion va tomber, Tillusion qui séparait sa conscience de toutes les autres. Ainsi s'explique, non pas entièrement, mais en grande partie, la conduite si différente que tiennent en face de la mort l'homme d'une bonté extraordinaire et le scélérat.

De tout temps, la pauvre Vérité a eu à rougir de n'être qu'un paradoxe : et pourtant ce n'est pas sa faute. Elle ne peut prendre la forme de l'erreur qui trône partout. Alors, gémissante, elle implore du regard son dieu protecteur, le Temps, qui du doigt lui montre le triomphe et la gloire futurs. Mais le Temps a un coup d'aile si ample, si lent, que, cependant, l'individu meurt. Moi aussi, je sens bien l'air paradoxal que je vais avoir, avec mon interprétation métaphysique du phénomène primordial en éthique, aux yeux de nos Occidentaux instruits, accoutumés qu'ils sont à voir fonder la morale de tout autre manière : mais je ne peux pas pourtant faire violence à la vérité. Tout ce que je peux, par considération pour eux, obtenir de moi, c'est de faire voir, par une citation^ comment cette métaphysique de la morale était, il y a déjà des dizaines de siècles, au fond de la sagesse des Hindous ; c'est de cette sagesse que je me réclame : ainsi Copernic en appelait au système astronomique des pythagoriciens, étouffé par Aristote et Ptolémée. Dans le Baghavad-Gita, lecture XIII, 27-28, on lit ceci* (traduction de A. W. von Schlegel) : « Eumdem in omnibus animantibus consistentem summum dominum, istis pereuntibus haud pereuntem qui cernit, is vere cernit. — Eumdem vero cernens ubique praeseat^m dominum, non violât semet ipsum sua ipsius culpa : exinde pergit ad summum iter (1). »

Je dois m'en tenir à ces simples indications touchant la méta-

1. u Celui qui voit un môme souverain miîlre au fond de tous les vivants, maître qui lorsqu'ils meurent ne m3uri pas, c^iui-ià voit le vrai. --* Or, voyant le maître présent partout, il ne se souille par aucune faute qui soit de son fait ; aussi il suit la route qui mène en haut, n (TRi)

19 i LE FONDJSMENT OB LA MOKALE.

physique de la morale : et pourtant il resterait encore à faire un pas de plus, qui est tout à fait nécessaire. Mais pour cela il faudrait en morale aussi s'être avancé d*un pas plus loin ; et c'est ce qui ne se peut guère ici : en Europe, la morale ne se propose pas de but supérieur à la théorie du droit et de la vertu ; ce qui est au delà, elle l'ignore ou le méconnaît. Ainsi, en omettant par nécessité ce dernier point, je dois ajouter qu'avec cette esquisse d'ensemble d'une métaphysique de la morale, on ne peut entrevoir, même de loin, la clef de voûte de l'édifice métaphysique complet : on ne peut deviner la véritable liaison des parties de la Dicina Commedia, D'ailleurs, de l'exposer, cela ne rentre ni dans la question, ni dans mon plan. On ne peut dire tout en un jour: et puis il ne faut pas en répondre plus long qu'on ne vous en demande.

Quand on travaille à faire avancer la pensée humaine et la science, on éprouve toujours de la part du siècle une résistance : c'est comme un fardeau, qu'il faut traîner, et qui pèse lourdement sur le sol, quoi qu'on puisse faire. Mais ce qui doit alors nous rendre confiance, c'est la certitude d'avoir, il est vrai, les préjugés contre nous, mais pour nous la Vérité : et la Vérité, une fois qu'elle aura fait sa jonction avec son allié, le Temps, est sûre de la victoire : si donc ce n'est pas pour aujourd'hui c'est pour demain (1).

JUDIGIUM RBGL£ DANICJS SCIENTIARUM SOCIKTATIS.

Quaestionem anno 1837 propositam, « utrum philosophiae moralis fons et fundamentum in idea moralitatis, quae immédiate conscientia contineatur, et céleris notionibus fnndamentalibus, quse ex il la prodeant, explicandis quaerenda siat, an in alio co-

t. On peut rappeler ici la devise queSchopenhauer a mise en tête du volume qui renferme le présent mémoire et Tessai sur le Libre arbitre : Ktyàhi 'h &\ifitM TtKtxurtpvrxyit. )) (« Grande est la vérité: rien n'est aussi fort qu'elle. ») (TR.)

JUGEMKNT DE SOCIÉTÉ ROYALE. i%

giioscendi principio », unus tantum scriptor explicare conalus est, cujus commentatioiiem, gernaanico sermone compositamet liis verbis notatam : « Moral predigen ist leicht, moral begrûn den ist (1) schwer » , prœmio dignam iudicare nequivimus. Omisso enim eo, quod potissimum postulabatur, hoc expeti putavit, ut principiuna aliquod elhicaa conderetur, itaque eam partera coiiimentationis suae, in qua principii ethicœ a se propositi et metapliysicae suae nexum exponit, appendicis loco habuit, in qua plus (juam postulatum esset praestaret, quum tamen ipsura thema ejusmodi disputationem flagitaret, in qua vel praecipuo loco melaphysicaB et ethicae nexus consideraretur. Quod autem scriptor in sympathia fundamentum ethicae constituere conatus est, neque ipsa disserendi forma nobis satisfecit, neque reapse, hoc funaamentum sufficerCj evicit ; quin ipse contra esse confiteri coactus est. Neque reticendum videtur, plures recentioris aetatis summos philosophos tam indecenter commemorari, ut justara et gravem olfensionem habent (i).

1. Ce second « ist » *, c'est l'Acadéniie qui de sa grâce l'a ajouté pour donner une preuve de cette théorie de Longin (de Sublim. c. xxxix, que l'addition ou le retranchement d'une syllabe peut suffire pour détruire toute la force d'une sentence.

2. M La question proposée pour l'année i837 était celle-ci : « L'ori- K gine et le fondement de la morale doivent -ils être cherchés dans u l'idée de la moralité, qui est fournie directement par la conscience, « et dans les autres notions premières qui dérivent de celte idée, ou « bien dans quelque autre principe de la connaissance ? » Un seul auteur a essayé d'y répondre : sa dissertation est en allemand, et porte cette devise : « Il est aisé de prêcher la morale, il est difficile « de fonder la morale. » Nous n'avons pu la trouver digne du prix. L'auteur en effet a oublié le vrai point en question, et a cru qu'on lui demandait de créer un principe de morale ; par suite, s'il a dans une partie de son mémoire, exposé le rapport qui unit le principe de la morale tel qu'il le propose, avec sa métaphysique, c'est sous la forme d'un appendice ; en quoi il pense donner plus qu'on ne lui demande ; or c'était là justement la discussion qu'on voulait voir traiter, une discussion portant principalement sur le lien entre la métaphysique et l'éthique. L'auteur, de plus, a voulu fonder la morale sur la sympathie : or ni sa méthode de discussion ne nous a salisfaits, ni il n'a réussi réellement à prouver qu'une telle base fût suffisante. Enfin, nous ne devons pas le taire, l'auteur mentionne divers philosophes contemporains, des plus grandis, sur un ion d'une telle inconvenance, qu'on auraît droit de s^en offenser gravement. » (TR.)

' Schopenhauer avait mis: « Prêcher la morale, c'est chose aisée; la fonder, voilà le difficile. » L'Académie met : « Il est aisé de prêcher la morale; il est difficile de la fonder. » (TU.)

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