‹ Le Fondement du DroitChapitre 52 sur 166 · SECTION VI · texte numérisé non relu

SECTION VI

Systèmes « arbitraires ».

Les dieux célestes eussent été bien empêchés de donner des ordres. Aussi, ce qu’exprimaient leurs serviteurs, était-ce l’enseignement ou l’exemple d’ancêtres de marque ou d’hogmmes supérieurs, élevés au rang de dieux ou de héros, à moins que ce ne soit l’objet de leur propre idéal, de leur expérience ou de leur désir. L'institution s’est peu à peu transformée ou a été supplantée par d’autres, voisines.

Une mission où au moins une investiture divines ont consacré longtemps et la personne du monarque et ses ordres législatifs. Ayant d’abord invoqué une supériorité en qualité de vicaires, les princes, devenus absolus, ont parlé en leur nom propre, ne se considérant plus comme limités par quoi que ce soit: Sic volo. Quidquid principi placuit, legis habet vigorem. Des désirs des sujets, ils ne montraient cure, en apparence, sauf dans la mesure où leur transgression eût compromis le pouvoir. En réalité, que le monarque en ait ou non souci, le droit s’élabore par une action beaucoup plus profonde des masses et lorsque celles-ci « prennent le pouvoir », elles rendent seulement plus précise, plus impérative, la façon d’exercer leur influence.

Dans le despotisme, on ne sait pas toujours exactement si l’on a affaire à une volonté divine ou à une volonté humaine. Dans la doc. trine démocralique, le principe n’est que rarement rattaché à la « vox dei »: l’ordre d’en haut est remplacé par celui d’en bas, émané des volontés individuelles ou d’une volonté collective, suivant les conceptions.

L’expression la plus fameuse de la première variante a été formur lée par J.-J. Rousseau. La loi dérive et dépend du libre consentement des hommes, confédérés par un contrat conclu en vue de sortir de l’état de nature. Conception individualiste et sociale à la fois, puisque le droit, à Pinstar de la société, se fonde sur la volonté personnelk, mais non conçue comme isolée. Ce consentement fondamental attribue à la justice son caractère sacré. Ce n’est pourtant pas l’autoromie plus que l’hétéronomie. Rousseau entreprend en effet la tâche difficile de ramener la loi à la volonté s’affirmant et se respectent elle-même et de trouver une forme d’association où chacun, en obéissant à tous, n’obéisse qu’à lui-même, parce qu’il participe à l’aulo-

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