‹ Le fondement du phénomène juridiqueChapitre 23 sur 74 · Comp. Ch. Renouvier, Critique de la Doctrine de Kant · texte numérisé non relu

Comp. Ch. Renouvier, Critique de la Doctrine de Kant

afin de produire eetle dernière. Toute connaissance sensible, et spécialement en ce qu'elle est un élément de science, est une entité rationnelle, un produit de notre raison. Le progrès même des sciences de la nature consiste à dégager autant que possible cet élément rationnel de toutes les contingences psychologiques, et c'est ainsi qu'Auguste Comte (1) a pu soutenir que le mouvement des sciences a pour but leur réduction aux mathématiques, qui ne sont en somme que l'olude des aspects que peuvent prendre les formes pures, spatiale et temporelle, de la sensibilité (Kant).

35. — Comment se fait-il que cet élément rationnel soit universel, c'est-à-dire qu'il s'impose avec nécessité à tout esprit capable de le saisir ? Comment se fait-il, en d'autres termes, que la connaissance puisse être universelle ? La réponse ne peut se trouver qu'en faisant appel à la natcre de toute vérité logique. Cette dernière ne peut exister, ainsi que nous l'avons dit d'autre part, qu'en soi et par soi. La vérité A=A par exemple existe en elle-même et ne réside en somme nulle part matériellement (2). La connaissance que nous avons psychologiquement des vérités ne peut être que sous forme de tendances qui, partout et chez tous les hommes, doivent

Page 1