Cf. Kant, L'Esthétique, transcendant aie
2. C'est en somme ce que M. Bergson acssayé de faire, car sa durée ne coïncide pas du tout avec le temps. V. ses œuvres et spécialement les Données immédiates de la conscience.
dans les autres : toute possibilité de distinguer disparaîtrait.
Ce n'est donc que l'espace, qui étale les objets en les limitant, et le temps, qui les disloque en quelque sorte pour les présenter comme se suivant dans notre conscience, qui gréent la possibilité même des objets individuels dans la nature (1).
Mais si l'espace et le temps sont les produits purs de notre raison, que faut-il conclure sinon que la nature extérieure, telle qu'elle nous apparaît comme poussière d'objets juxtaposés, est dans cet aspect une création pure de notre connaissance ? Toute connaissance sensible comprend en etfet, outre sa forme spatiale et temporelle, une matière. Or la matière de la connaissance sensible est aussi un produit de notre esprit, et même un produit psychologique, ainsi qu'on s'en est aperçu depuis bien longtemps en science. De même que la sensation de température ou de goût n'est évidemment qu'une impression subjective, de même toutes les autres, celle de couleur, de tact, de son, etc., ne sont que des qualités de notre conscience psychologique. Le son, par exemple, n'est, extérieurement, que vibration ; de même la physique prouve que la couleur ou la lumière n'est objective-
1. Cf. Cohen, Logik, passim ,et p. 18) ; Natorp, Philosophie, ihr Problem und ihre Problème (p. 18); M. Djuvara, Gonvorbiri literare (Bucarest, sept, et déc. 1911).
ment qu'une vibratilité spéciale ou même tout simplement une énergie, c est-à-dire un pur concept mathématique. Toute l'image concrète, qui constitue une connaissance sensible, est donc notre produit, puisque ses deux éléments le sont (1).
L'élaboration logique d'une connaissance sensible, consiste à prendre une donnée psychologique (la matière de la connaissance) et de la projeter en quelque sorte en dehors de nous (ou, pour mieux dire, de créer la distinction entre ce qui est en dehors de nous et ce qui est nous-mème dans la nature) en lui donnant des attributs d'espace et de temps. C'est cette opération, par laquelle la raison crée la distinction entre objets dans la nature, qui prend le nom de l'orme de la connaissance sensible. Etant purement logique, elle attribue aux objets une réalité distincte de nous-mème et c'est ainsi que rien de ce qui t'ait la croyance vulgaire à la réalité des objets extérieurs, ne se trouve ébranlé ; mais, au fond, tout objet n'est encore qu'un produit de notre connaissance logique.
Etc est ainsi que la croyance à une chose en soi devient inutile et qu'il peut sembler un peu puéril à un philosophe de croire qu'ildoit y avoir nécessairement une réalité extérieure à notre connaissance logique (2) et qui entre pour ainsi dire en conflit avec nous-mème