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Le Fondement du Savoir

La philosophie, considérée dans sa fonction logique et comme complément déductif de la science inductive, a pour objet la détermination des conditions & priori de la connaissance, ou la recherche du fonde- - ment que la Pensée s’assigne à elle-même, quand elle réfléchit sur sa nature et veut ne pas devenir contradictoire à ses propres yeux. Qu'’une telle recherche soit nécessaire pour donner au Savoir son autorité légitime, et qu’elle soit possible grâce à l'emploi d’une méthode appropriée, c'est ce que nous essaierons tout d’abord de montrer brièvement.

Il n'est que trois façons d'entendre l’organisation de la connaissance et la voie qu’elle doit suivre pour

constituer son unité. Ou bien l’on admet qu’elle ne peut avoir d'autre instrument que la pure expérience, on ne lui accorde d’autre organe que la sensibilité dans ses déterminations les plus expresses, on dénie absolument aux produits de la spéculation le droit d'entrer à un titre quelconque dans le système du Savoir, et l’on fait de celui-ci un agrégat machinal de faits de conscience qui sont des énigmes pour euxmêmes et ne comprennent pas leur propre liaison. Ou bien l’on suppose que l'intelligence possède, à côté de l'intuition sensible, une autre sorte d’intuition par laquelle elle saisit immédiatement l'Être en soi, le noumène caché derrière les phénomènes, et l’on admet que l’aperception directe de ce noumène lui fournit le fondement de ses démarches empiriques et la justification de son activité sensible. Ou bien enfin, sans réduire l'intelligence entière à l'exercice actuel de la sensibilité, ni supposer l'intuition mystérieuse d’une réalité transcendante, on introduit dans l'esprit, à côté des états déterminés dont se compose son existence fragmentaire, une réflexion sur ces états, dans laquelle il découvre leur forme subjective et leurs conditions communes : le Savoir, à ce point de vue, doit se constituer à la fois par

l'expérience qui donne le détail des phénomènes et.

entretient la vie temporelle de la Pensée, et par la réflexion qui manifeste l'unité de ces phénomènes, et permet à la Pensée de prendre d'elle-même une conscience générale.

Ni la première ni la seconde de ces conceptions ne

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