SCENE PREMIÈRE
LE MARQUIS DE SAINT-PREUX, MAR- QUIS et CHEVALIERS détenus; Us sont à table et boivent du Champagne.
CHOEUR
Air ; Chantons en ce jour et te vin et C amour.
Ah 1 sous les verroux EtQurdissons-nous , Sans peine.
Supportons nos chaînes Marquis, chevaliers Joyeux prisonniers Buvonà tous... à nos créanciers!
SAINT-PREUX. Allons, allons! le marquis de Folbelle fait bien les choses. Quel original, ne pas quitter sa chambre, et dire
que nous ne l'avons pa5 encore vu. .,
A la
bonne heure voilà qui s'appelle payei sa bien-venue en genïilhomr^e.
UN CHEVALIER. C'est vrai ; mais il devrait au moins venir en prendre sa part... Depuis qu'il est avec nous, il ne s'est pas montré une seule fois.
SAINT-PREUX. C'est un marquis de province ! on prétend qu'il s'est endetté pour flatter les caprices d'une de nos grandes actrices.
LE CHEVALIER. Pardieu ! il serait plaisant que ce fut une de nos nouvelles compagnes, la Clairon ou la Dumesnil? A propos, est-ce que ces dames ne se montreront pas aujourd'hui?
SAINT-PREUX. Molé m'a dit qu'elles ne tarderaient pas ù paraître ; je gage qu'elles vont rencontrer ici plusieurs de leurs victimes j
LE CHEVALIER. Le punch se tarit ; messieurs, je propose une partie de tric-trac ou d'échecs ?
SAïNT-PRERX. J'avais demandé des cartes à Leblond, notre concierge, ce drôlelà m'a oublié.
LE CHEVALIER. Vous savez bien que Leblond marie sa fille aujourd'hui, et qu'il sera absent toute la journée.
SAîNT-PREUX. Messieurs! messieurs, sous les armes, voilà Folbelle.
lis reprennent leurs verres, et répètent le chœur tous ensemble,
Ah! sous les verroux, etc.