SCÈNE IV
LE MARGRAVE , BIBERLOT.
LE MARGRAVE, riant. Ché fous connais plus que fous ne croyez , marquis de Folbelle, j'ai si souvent entendu parler de fous !
BIBERLOT, à part. La mèche est éventée. {Haut.) Vous savez?..
LE MARGRAVE, d'un air malin. Je sais tout...
BIBERLOT , se troublant. Alors , je n'ai pas besoin d'apprendre le reste?., je voudrais bien aller jouer...
LE MARGRAVE, le retenant. Un moment donc, petite équireuil. [A part.) Ah! M. Mole, fous me faites tes épigrammes...
BIBERLOT , â part. Faut l'entortiller.
LE MARGRAVE, à part. Nous ferrons si montemoiselle Tumesnil fous restera.
BIBERLOT. Voyez-vous , Mardegrave , quelquefois, suivez bien mon raisonnement; on croit connaître comme ça des personnes qui, et puis après, on est tout attrapé; faut pas vous fâcher de ça, car enfin, {A part.) je m' embarb ouille à faire frémir...
LE MARGRAVE. Oh ! ché me trompe bas, et vous me connaissez pien aussi, te réputation.
BIBERLOT, avec mystère Alors Mardegrave , auriez-vous l'intention de déchirer le voile?..
LE MARGRAVE. Je foulais rien dégirer du tout ; je foulais être agréable à fous, je sais qui fous aimez... hé, hé...
BIBERLOT, surpris. Vous savez?., ceci devient plus fort, par exemple.,.
LE MARGRAVE. Vous êtes dans cette prison par amour.
BIBERLOT. Chut!.. Voulez-vous que je vous dise quelque chose à présent?.. (Il regarde avec mystère.) Je suis... je suis... ici par amour.
LE MARGRAVE. Je gomiais l'objet pour le(Juel vous prCdez...
BIBERLOT. Vous savcz pour qui je prûle?...
LE I-OR-l'ÉVEQUE,
«t je feux TOUS
LE MARGRAVE. Oui..,
servir.
BIBERLOT. Vous?..
LE MARGRAVE. Mon paiolc (l'honneur î
BIBERLOT. Brave allemand ! charmante choucroute! je ne sais pas qui vous attire, vers moi. [À part.) Avec ce protecteur-là, je suis sûr d'Amaranthe.
LEMARGRAVE. C'est que... foyez-YOus. ..
je sais comment se traitent les intrigues d'amour... moi... j'en ai eu plus que deux douzaines.
BIBERLOT , riant et lai frappant sur l'épaule. Gros papillon!..
LE MARGRAVE , mettant la main sur son épaule. Frappez bas.., mais écoutez!..
BIBBRLOT. Mes oreilles sont à vous.
LE MARGRxWE. D'abord... 'la petite fous aime..
BIBERLOT. Elle m'aime... j'en étais sûr, comme de mon baptême.
LE MARGRAVE. Elle a été très sensible à votre dernier envoi.
BIBERLOT. C'est ma lettre!,, chère petitetourterelle.
LE MARGRxWE. Ché connais le numéro de son chambre... je vous le dirai... ce soir quand il en sera temps !
BIBERLOT. Ce soir?., je crois vous comprendre, cher mardegrave... ce soir...
LE MARGRAVE. Fous irez frapper tout doucement à son porte... et ché fous promets qu'on vons oufiira.
BIBERLOT. Ciel de Dieu ! ça irait jusque Id?.. ah! ça mardegrave qu'est-ce que je vous ai fait, vous voulez donc que je vous écrase... du poids de ma reconnaissance... vous voulez donc que je vous abîme d'amitié?., et dire que ça me vient d'un étranger?., d'un homme exotique!., mais je vous chéris au dernier point !.. je vous embrasserai quand vous voudrez!.. Ma bien aimée... je pourrais enfin la voir, luipar-
1er de vive bouche! lui prendre la
main! Oh! mais j'en ai la chair de poule. (Au Margrave.) Gros papillon que vous Ctes , va ! [Froidement.) Cet habit me gêne horriblement des entournures...
LEMARGRAVE. Chut!., chut! on s'approche, éloignez-vous un instant, que je dresse mes batteries ; il est nécessaire que je prépare votre pelle.
BIBERLOT. Ah! oui... à cause du saisissement? Eh bien! je vas aller jouer avec b'S chevaliers, et je perdrai des sommes énormes pour ne pas donner de soupçons.
LE MABGRÀVE.
Air : Mon Dieu quel hcmmc ! quel petit lionime. Mon cher ami , Comptez sur moi ,
Le For-CEvêcfuc,
De la prudence
Et du silence.
BIBERLOT.
C'est un coup du ciel , sur ma foi
Biberlot ! quel bonheur pour toi,
J'suis aaisi de tant de faveurs , . Me trouver avec mon amante 1. .
Moi qui d'viens de lout's les couleurs, Rien qu* d'entendr' parler d'Amaraatlie. Lis,
Ensemble.
BIBERLOT.
Cher Allemand, secondez-moi I De laprudence Et du silence , C'est un coup du ciel , sur ma fui, Biberlot, quel bonheur pour toi.
LE MARGRAVE
Mon cher ami , comptez sur moi, De laprudence Et du silence, Je vous en donne ici ma foi.
Vous serez heureux comme lin roi.