‹ Le For-L'évêque, vaudeville anecdotique en deux actesChapitre 20 sur 33 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

LE MARGRAVE, M"» CLAIRON, sortant cCan cabinet adroite^ MOLE, et M^'* DU- MES NIL, d'un autre cabinet en face,

CLAIRON. Ah! c'est VOUS, monseiguem^, vous m'avez choisi une chambre bien incommode, bien triste... et puis, elle donne sur le dortoir des prisonniers pour dette.

LE MARGRAVE. Eh! c'était pour cela ma charmante que che l'aire prise ; c'est une distraction, vous qui êtes peureuse.

M^'' CLAIRON. Oui; mais ces messieurs, quand ils jouent et quand ils boivent, se permettent des propos fort lestes, et vous savez que je suis très susceptible sur ce sujet-là.

m"' DUMESjVIL. Oh! pouvoir de la vertu!

LEMARGRAVE. Fâchez pas... nous changerons la logement demain.

MOLE. Du reste, quelles nouvelles?

LEMARGRAVE. Pas ponnes... hélas!., pas ponnes... J'ai vu la ministre, il veut pas fous rendre la liberté, al'ant un mois !..

m''" CLAIRON. Un mois!... je serai morte d'ennui d'ici à ce temps-lù !..

m"* DUMESNIL. Et moi de chagrin en pensant que mademoiselle Sainval va jouer tous mes rôles pendant mon absence.

MOLE, au Margrave. Comment, monseigneur? le ministre vous a résisté.,, ù vous... un souverain.. .de troisième classe!

LE MARGRAVE. Oh! che me repute pas y et chai écrit à M. de Choisenl une lettre si attendrissante pour madeaioisellc Clai-

LE MAGASIN THiATBAL.

ron, que chen attends une réponse bien favorable, qu'on peut dire...

m"* dlmesnil. En attendant, qu'allonsnous faire pour passer nos longues journées...

M''* CLAIROIV. Mademoiselle Dumesnil, une véritable artiste n'a jamais trop de temps à elle pour approfondir ses études!.. Les distractions du monde nous manquent ici.. Eh bien! faisons tourner nos méditati-ons au profit de l'art qve nous cultivons avec tant de succès, et le plus noble moyen de faire rougir le public de la punition qu'il nous impose, c'est de reparaître ù ses yeux avec des qualités de plus et des défauts de moins...

LE MARGRAVE Oh! prafo, M. te Voltaire, il aurait pas tit plus mieux que ça!., ah! grande reine, grande femme!.. .

M^'^ DUMESNIL. Ma chère Clairon, ces préceptes me paraissent excellens, et, malgré ma légèreté, je veux les mettre à profit...

MOLE. Eh bien , mesdames , si nous répétions quelques-uns de nos anciens rôles, tous les jours pendant deux heures.

m''* clairon. J'y avais pensé, et j'ai apporté avec moi toutes mes tragédies.

LE MARGRAVE. Qu'elle choie!., quel bonheur pour les autres prisonniers.

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