SCENE VII
BIBERLOT, les regardant entrer et se promenant toujours avec la main sur la joue. Je donnerais tout ce que je possèdepour être roi de France... afin de déclarer la guerre à cet affreux crompire. [Elevant la voix.) Je te l'avalerais joliment, va, ta Bavière, tes Bavarois et le féminin qui en fait partie... Mais, que dis-je.^ où m'entraîne un aveugle délire!.... je ne suis point Louis XV... je suis tout simplement un amoureux repoussé avec perte et surchargé d'un soufflet de plus. Eh qu'importe! après tout... l'amour de ma belle vaut bien ça.
Air ; Connaissez-vous dans Barce tonne.
C'est qu'il faut voir mon Amaranthe , Dans son œil gris, quell' passion I Quel teint rosé !.. qu'elle est fringante 1 Jamais beauté plus ravissante , N'a passé souâ l'arche Marion. bis.
Non !
Quand sur le quai d'ia Mégiss'rie, EU' s' promené d'un air coquet ; Elle excite la jalousie, Le guet et la gendarmerie iSont prêts à tirer le briquet, bis.
C'est qu'il faut voir, etc.
De toi mon cœur est fanatique , Bravant des rivaux importuns ; Je t'obtiendrai fille angélique.
Et t'offrirai dans ma boutique Un trône entouré de parfums ! Lis,
Il me la faut, rien ne m'arrête, Avec passion.
C'est un délire une passion, Si l'on m'enlevait ma conquête , Dans la rivière je frais un' tête En passant sous l'arche Marion.
Dajis la rivièr' soudain je frais un* tête En passant sous l'arche Marion , D'un bond , V'ionl
(Ici, une lettre est lancée par la grille d'une fenêtre de la prison , une pierre est enveloppée dedans, Biberlot^ en l'entendant tomber, se retourne.) Allons, qu^est-ce qui me jette des pierres, à présent ? (// voit la lettre et la ramasse.) Un papier? Si c'était un billet d'Amaranthe ? Oh ! (// ouvre la lettre et regarde la signature.) non, ce n'est pas d'elle!., n'importe... lisons ! ( Il Ut. ) « Qui que vous » soyez, écoutez la prière d'un malheureux Y) diUidint. [S' interrompant.) Il y a donc aussi des amaos, lù-dedans? Hélas! il y en a
partout... (Continuant.) « Je suis le marwquis (le Folbelle ; l'objet de ma passion oest la belle Dumesnil, aclricc de la Co- «médie-Française; quoiqu'elle ne m'ait ja- » niais vu, dites-lui que c'est moi qui lui » écris depuis un mois, et suppliez-la de »m'aider de sa protection, pour l'avoriser »mon évasion à laquelle je travaille tous «les jours!» [S' interrompant.) Il travaille à son évasion? il est pourtant bien heureux lui, d'être là-dedans... Voyez cependant comme le fils de Cythérée lait des injustices criantes!.. Moi.à la place du marquis, lui à la mienne, et ra marcherait comme sur des roulettes !.. (Il serre la lettre dans la poche de son gilet ; puis s' adressant à la prison.) Oui, Folbelle !.. sois tranquille, je compatis à tes maux... j'ai le cœur le plus essentiellement tendre qui soit sorti des mains de la nature!.. Je vais courir chez la Dumesnil pour que tu brises tes fers le plus tôt possible... Infortuné!.. {Froidement.)]'\vdi\ d'aujourd'hui en quinze.