‹ Le forgeron de Strasbourg [microforme]Chapitre 44 sur 77 · JEAN-PAUL, JÉRÔME · texte numérisé non relu

JEAN-PAUL, JÉRÔME

JÉRÔME (avec hésitation). — Maître Jean-Paul !

JEAN-PauL.— Hein ! qui est là ?

JÉRÔME.— C’est moi, Jérôme.

JEAN-Paur.— Ah ! oui !... C’est toi qui as remis ce portefeuille à mon père.

JÉRÔME.— De la part de monsieur Creorges.…. j'ai aussi quelque chose à vous donner.

JEAN-PAUL.— À moi ! de sa part ?

JÉRÔME.— Vous avez eu sa dernière pensée.

JEAN-PAUL.— Crois-tu bien ce que tu me dis là, Jérôme ?

JÉRÔME.— Devant Dieu, je vous le jure.

JkAN-PAUL.— Au fait... maintenant, à quoi servirait le mensonge ? D'ailleurs quand le malheureux est mort, tu étais là... Il t’aimait bien, Jérôme... c’est toi qui as reçu son dernier soupir.

JéRôMk— Non, maître Jean-Paul, personne...

n'était près de lui. |

JEAN-PAUL.— Comment! ce n’est pas après avoir épuisé tous les soins, tous les secours pour le sauver...

JÉRÔ JÉRÔ dit.

JEAN- Voilà to JÉRÔM venu à le père fenêtres, père et s4

JEAN-E

JÉRÔM était ave

JEAN-F

JÉRÔM instruit, même...

té-ci de nomma.

bien, oh qu'il vou tre avec main, at n’y avai vis, atta avait ap

JEAN

suicide |!

orraine ; ore l’air t la vie!

chez Thon- Paul.)

’aul !

JS remis

au UE ©

JÉRÔME.— Aucun soin, aucun secours...

JEAN-Paur..— Ce n’est pas possible, Jérôme...

JÉRÔME.— Le père Thomas ne vous a donc pas dit.

JEAN-PAUL.— Il m'a dit: Georges est mort.

Voilà tout ce que j’ai entendu...

JÉRÔME.— Eh bien ! le même jour où vous êtes venu à Mulhouse... le jour où, cédant à ses prières, le père Thomas fit passer votre voiture devant ses fenêtres, pour lui montrer une dernière fois son père et son frère qu'il ne pouvait plus voir.

JEAN-PAUL.— Que veux-tu dire ?

JÉRÔME.— Un éclair avait brûlé ses yeux... il était aveugle!

JEAN-PAUL.— O mon Dieu !

JÉRÔME.— Malgré son malheur, dont je fus seul instruit, il voulut partir, quitter Mulhouse le jour même... Je l’emmenai à dix lieues de là, de ce côté-ci de la fronuière, dans une auberge qu’il me nomma. Il s’y était arrêté autrefois et la connaissait bien, oh! oui, trop bien ; il me désigna le logement qu’il voulait occuper... une chambre dont la fenétre avec balcon donnait sur le fleuve... Le lendemain, au point du jour, quand j’entrai chez lui, il n’y avait personne ; la fenêtre était ouverte, et je vis, attact 5 au bord du balcon, un mouchoir qui avait appartenu à monsieur Georges.

JEAN-PAUL.— Le suicide ! oh! malheureux ! le suicide |... c’est de désespoir qu’il est mort.

OM

JÉRÔME.— J'ai trouvé sur sa table ce papier sur lequel le pauvre aveugle avait, en tremblant, écrit votre nom. ù

Jeax-PauL (ouvrant le papier). — Mon nom! (4 lit.) ‘* Pardonnez-moi, mon père, j’ai bien souffert. Je meurs en vous bénissant et en implorant mon pardon. ” Oh ! Georges ! Georges !.… (Il tombe sur un siège, s'accoude sur la table, cache sa tête dans ses mains et sanglote. Huit heures sonnent.) Huit heures ! il m'attend, lui, le Prussien qui m'a ravi mon enfant. Mon père, Henri! priez, priez pour Georges. Si Dieu est juste, je le vengerai !.… (1 sort en courant par la droite.)

JÉRÔME.— Pauvre homme ! on dirait que sa tête se perd ! Où va:t-il? je devrais le suivre, peut-être.

Page 1