SCÈNE XIV
JEAN- PAUL, seul.
JEAN-PAUL.— Et son frère, son frère mort ! Il est mort ! et il y a quinze jours, à Mulhouse, mon père Pa vu... lui a parlé... Oh!il est mort de chagrin, sans doute, car un Français ne peut pas ainsi sacrifier son pays... un fils ne peut pas rompre ses liens de famille. sans que le remords ne vienne empoisonner son âme !… Parce que la Prusse a pu s’attacher ainsi quelques égarés qui l’ont servie plutôt par la soif de l’or que par conviction, elle croit qu’elle pourra réussir à rendre allemandes deux provinces qui sont françaises par le cœur !...Il y a sept cent mille catholiques en Alsace, et toute la Lorraine est catholique. La Prusse a beau mettre des sentinelles, monter la garde, acheter des espions, elle n'empêchera pas ces Français de soulever la pierre des tombeaux sur laquelle elle a gravé avec
ap az srisnese
la pointe de son épée : Ci-gît l’ Alsace et la Lorraine ; elle ne les empêchera pas de respirer encore l'air de la France... cet air qui donne la force et la vie! (Pendant ces derniers mots, Jérôme est sorti de chez Thomas ; l descend l'escalier et s'approche de Jean-Paul.)