THOMAS, JEANNOT
THomas. — Jeannot... l'heure du départ de ton maître approche, il faut aller chercher du vin pour son souper... Eh bien, Jeannot, est-ce que tu ne m'entends pas ?
JEANNOT (à La fenêtre, et regardant au dehors).— Oui, père Thomas, j'entends... mais je n’écoute pas. je regarde...
THomas.— Tu regardes ?.…
JEANNOT.— Oui, dans:la rue. Oh! bien sûr, c’est une lubie; ca ne pouvait pas être... non, ça n’était pas lui...
THomas.— Qui, lui ?
JEANNOT.— Jérôme.
THomas.— Jérôme ?
SR
JEANNOT.— Tout à l’heure, un homme a passé tout doucement devant la grande porte du jardin... Si l’on pouvait être à la fois à Mayence et à Strasbourg, j'aurais juré que c'était Jérôme.
THoMaAs.— Allons donc, Jérôme ne peut pas quitter son maître. |
JEANNOT.— Vous avez raison... c'était une lubie.. Je vais à la cave.
THomas.— Tiens, monte d’abord cela à la cuisine. (Il lui donne un plat.)
JEANNOT.— Oui, père Thomas... (Revenant.) Que j'aie cru voir Jérôme, ça n’est pas étonnant, j'ai rêvé à lui la nuit dernière.
THoMas.— Il est dévoué à ses maîtres, lui, et n'oublie pas son service pour faire des sottises.
JEANNOT (à part).— C’est pour moi qu’il dit ça.
THoMas.— Veux-tu faire ce que je t’ai ordonné ?
JEANNOT.— Oui, père Thomas, je vas descendre à la cuisine et monter à la cave... (Au moment où il va sortir, la porte s'ouvre et Jérôme paraît sur le seuil; — laissant tomber le plat.) Ah ! Jérôme !