SCÈNE V
Les Mêmes, ROBERT.
ROBEBT.
j4ir du Colleur,
Je suis artilleur, Ça m' fait honneur , Et je m*en Tante ;
L'artilienr, vraiment , j C'est un être bien séduisant.
D'un sexe enchanteur, Admirateur, H suit la pente Qui, vers les amours.
Doucement l'entraîne toujours.
Bravant les hasarda.
Dans les combats, d'vant une belle.
On r voit tour à tour.
Brave guerrier, gai troubadour,
Sous ses étendarls , Pour son p.iy» rempli de icio ,
Près de la beauté Rempli de sensibilité ,
Plein de volupté , D'amabilité... '
Je suis artilleur, etc.
JOSÉPHIIVE. Comme vous êtes gai aujourd'hui, Robert.
ROBERT. Ça vous étonne? . cependantvous savez bien pourquoi?
BALTHASAR. Pourquoi?
ROBERT. Ah! c'est différent, ça ne te regarde pas... dis-moi plutôt si tu as pensé à moi?
BALTHASAR, d^an air contraint. A toi... ah! oui, ce congé...
JOSÉPHINE. Il allait sortir pour s'en occuper.
ROBERT. Vraiment!... ce cher Balthasar!.. que je ne te retienne4)as au moins !... entre nous pas de façons.
BALTH\SAR. Mais il me semble que rien ne presse... ainsi.. .
ROBERT. Comment, rien ne presse, il est gentil!., mais au contraire, la session vient de finir, et M. d'Harcourt part aujourd'hui pour ses terres.
JOSÉPHINE. Aujourd'hui lalors il n'y a pas de temps à perdre.
BALTHASAR, à Robert. Mais es-tu bien sûr?
ROBERT. Tiens, parbleu, je l'ai appris hier soir du concierge de son hôtel; c'est^même pour ça que j'étais venu...
JOSÉPHINE. Allons, mon ami, voici ton habit, ton chapeau
BALTHASAR, à part, mettant son habit. On dirait qu'ils me renvoient. {Haut.) Dis donc, Robert, si tu venais avec moi chez M. d'Harcourt, ça ferait peut-être bien.
ROBERT. Y penses-tu ? un gaillard comme moi solliciter un congé de réforme... tu pourras assurer que je suis délicat, que j*ai la poitrine faible; si je disais cela moi-même, on me rirait au nez.
JOSÉPHINE. Certainement.
ROBERT. Il est beaucoup plus convenable que tu te présentes tout seul chez M. d'Harcourt... allons, allons, à charge de revanche... moi, pendant ce temps, je tiendrai compagnie à ta femme.
BALTHASAR. A ma femme... je ne serai pas long- temps.
« ROBERT
Air du quadrille des Huguenots.
Allons, mon vieux, pas de paresse, Tu vois combien le temps me presse,
Aussi chez toi j' vais tout le jour Guetter ton retour.