SCENE VII
Les Mêmes, MARCEL.
MARCEL, ouvrant la porte du fond. Ah! excusez, si j' vous dérange.
JOSÉPHINE, pu'est-ce que c'est?
MARCEL. Y a là quelqu'un qui attend.
ROBERT. En ce cas, je vous laisse... sans adieu, madame Balthasar... à tantôt, et surtout le secret.
JOSÉPHINE^ mettant la main sur son cœur. Il est là , en sûreté. MARCEL , d part. Pas gêné , l'artilleur ! des secrets avec la bourgeoise.
Bobert sort.
SCEIVE Vin.
JOSÉPHINE, MARCEL , pa/5 HYACINTHE.
JOSÉPHINE. Marcel ! quelle est la personne qui attend?
MARCEL. Connais pas, la bourgeoise ; mais c'est un particulier qui vous a une drôle de balle-toujours... Il demande monsieur Ballhasar.
JOSÉPlillVE. Eh bien , fais entrer ; mon mari ne sera pas longtemps dehors.
MARCEL. Il suffit, la bourgeoise, on va vous servir l'objet demandé... {Appelant au fond.) Par ici, monsieur... donnezvous la peine d'entrer... oh ! c'te boule à farces!...
HYACINTHE, regardant autour de lui. M. Balthasar?
MARCEL. Voilà la bourgeoise, c'est absolument la même chose.
HYACINTHE, saluant. C'est à M. Balthasar que j'ai l'honneur de parler?
MARCEL. Allons, bon... bien...
JOSÉPHINE. Mon mari est sorti pour l'instant, mais si je puis le remplacer...
HYACINTHE, Se grallani C oreille et regardant Marcel. Dame! je ne sais pas, moi.
MARCEL, Cimiiant, Dame! ni moi aussi.
HYACINTHE, tirant de sa poc/ie une lettre qu'il tourne entrt .^cs doigts. C'est pour une lettre.
JOSÉPHINE, étonnée. Une lettre, de quelle part? HYACINTHE. ^De que ?
MARCEL. On vous demande de qui qu' c'est? d'où que ra vient?
HYACINTHE. Ah! bon... ca vient de Tours... JOSÉPHINE, de plus en plus surprise. De Tours. HYACINTHE. Quasi de Tours! c'est là que nous avons pris la diligence en quittant de chez nous.
JOSÉPHINE, d part. De Tours 1 ah! mon Dieu, ce voyage... MARCEL. Vous n'êtes donc pas parisien??
HYACINTHE. Je ne l'ai jamais été.
MARCEL. Eh bien ! je l'aurais parié, rien qu'à vous voir.
HYACINTHE. Yous êtes bien honnête, je suis custod. ..
MARCEL. Custod!.. je connais ça... c'est celui qui sonne les cloches, chasse les chiens et fait taire les femmes...
HYACIIVTHE. Quand il peut...
MARCEL, àpart. Custod!.. ah i nom d'un... et le bourgeois qui tantôt!., oh! la boulette...
HYACINTHE. IMais puisque monsieur Balthasar n'y est pas, je repasserai quand j'aurai \u Paris et la fontaine de l'Eléphant.
MARCEL , Da^^ment. C'est ça... oui. .. repassez...
JOSÉPHINE. Non, c'est inutile, je me chargerai de votre lettre.
MARCEL, arrêtant Hyacinthe qui s'apprête à donner la lettre. Mais du moment que le bourgeois...
JOSÉPHINE, Vous pouvez me la confier, je la lui remettrai moi-même.
HYACINTHE, la donnant. Dame... je ne demande pas mieux.
MARCEL , d part. Aie , aie , aie. . .
HYACINTHE. Et je VOUS remercie bien tout de même.
MARCEL, à part. Ma foi tant pis, ça n'est pas ma faute.
HYACINTHE. Alors à présent, je m'en vas... salut, la compagnie.
MARCEL, le retenant. Eh! dites donc, le custod?
HYACINTHE. S'il VOUS plait?
MARCEL. Savez VOUS que vous avez une honnêteté?
HYACINTHE. Oh î je ne suis pas méchant , c'est vrai.
MARCEL. Vous ne pourriez pas me dire où l'on s'en procure de pareilles ?
HYACINTHE, ne comprenant pas. De que?
JOSÉPHINE, impatientée. Marcel...
MARCEL. Tout de suite, la bourgeoise... passez devant, custod !
HYACINTHE. Je vas voir la fontaine de l'Eléphant.
MARCEL. Va donc... va donc... obélisque.
Us sortent.