REPONSES
1° Dieu a fait d'Ange libre, beau et heureux. Et c'est l'Ange qui s'est fait démon, librement;
2° Puis le Démon a entraîné dans sa chute l'Humanité en la personne de nos premiers parents, Adam et Eve, libres aussi;
3° C'est par cette double révolte, c'est par cette double porte, que se sont introduits dans la création le Mal, la Laideur, la Méchanceté, la Fausseté, la Souffrance, et toutes les vermines matérielles et spirituelles.
Quel est le Dieu de la F.\ M.-.?
Dans toute religion, vraie ou fausse, il faut avant tout un Dieu, vrai ou faux. Quel est donc le « dieu > de la religion maçonnique?
a) D'abord son nom ne figure plus dans les statuts, règlements et rituels de la Franc-Maçonnerie française.
Le 14 septembre 1877, à l'Assemblée générale du G.'. O.*. de France, le pasteur maçon Desmons (au nom prédestiné) a obtenu par un vote des Loges la suppression du G.'. A.'. D.\ L.\ Univers.
b) Ensuite, ce « Dieu s» n'est pas le vrai Dieu, le
Dieu des chrétiens, le Dieu de la Création, de la Crèche, de la Croix et du Tabernacle.
En effet, le F.". 33e Bernardin le déclare formellement : « ... Dieu, qu'il ne faut pas confondre avec le Grand Architecte de l'Univers » (Précis..., p. 25). C'est clair et c'est net.
Et le F.'. Sergent disait en 1904 : « Ceux qui ont reçu une initiation supérieure savent que cette formule (G.'. A.'. d.\ P.". U.'.) n'a aucune valeur religieuse. Le Grand Architecte de l'Univers, ce n'est pas Dieu, c'est la Maçonnerie Universelle. »
Le F.". Ferrouillat disait déjà en 1886 qu'il était un adepte du « Dieu de la philosophie, de la raison, des braves gens, de la religion naturelle, la religion du Vicaire savoyard », et que « le Dieu des programmes (de l'école laïcomaçonnique) n'était pas le Dieu des Congréganistes ».
De même, « lorsque Robespierre, le 1er mai 1794, subtitua la fête de Y Etre Suprême à celle de la déesse Raison, ce n'était nullement le vrai Dieu qu'il voulait honorer... Robespierre, membre des Sociétés secrètes, professait le panthéisme des matérialistes ». (Ch. Gaudeau, la Foi Catholique, 30-12-19.) (1).
(i) « Robespierre, ce modèle des Kadosch, ce fervent de l'Etre suprême, avait fait passer le baiser répugnant des Aréopages au club secret des Théophilanthropes, qui se tenait dans le galetas d'une vieille folle nommée Catherine Théot... Ce baiser consiste dans sept embrassades sur sept endroits du visage; après quoi, le Grand Maître passe sa langue sur les lèvres de l'initié. » (Les Mystères de la Franc-Maçonnerie, p. 381-382.)
(Chez les théophilanthropes, quand la cérémonie cultuelle était terminée, un des ministres se tournait vers l'auditoire et disait : lie, missa est.)
Voici d'ailleurs ce que les F.', pensent et disent du vrai Dieu, notre Dieu créateur, rédempteur, rémunérateur, le Dieu de la crèche et de la Croix, le Dieu des berceaux et des tombes, le Dieu de la Table sainte el de l'Extrême-Onction, le Dieu du Confessionnal et de la Paix éternelle :
« Jésus n'est qu'un homme. » (F.'. Buisson.)
« Dieu est un mot, un vilain petit mot. » (F.'. Renan.)
« Dieu est un être imaginaire et mystérieux. » (Monde Maçonnique.)
« Dieu n'est que le produit d'une conception généreuse. » (Catéchisme de la Science.)
« Dieu est un être surnaturel créé par les hommes. » (Catéchisme de l'Athée.)
« Dieu est un vertébré gazeux. » (Le Boche Hseckel.)
« Dieu, c'est Véther. •» (Idem.)
« Il n'y a pas de Dieu; il n'y a même pas de raison de croire en Dieu. » (F.'. Most.)
« Dieu est une borne qui recule au fur et à mesure que la science avance. » (Le Boche Vogt.)
Non seulement notre Dieu n'est pas celui des F.". M.'., mais ce Dieu, le vrai Dieu, notre Dieu, les Francs-Maçons veulent le déshonorer et le tuer. Entendez leurs hurlements infernaux :
« Si Dieu existait, il mériterait le bagne. » (F.'. Beauquier.)
« Dieu, voilà V ennemi! » (Bull, maçonnique.)
« Dieu, c'est une brute. » (F.-. Larcher.)
« Dieu, c'est l'esprit du mal et de la mort. » (Boyer.)
« Dieu est un criminel; il est d'une férocité sans borne. » (F.-. Séb. Faure.)
« Dieu, c'est l'infâme! » (F.*. Lanessan.)
« Il faut chasser Dieu du ciel! (S.-. Besant.)
« Guerre à Dieu même, car Dieu, c'est sottise et lâcheté; Dieu, c'est hypocrisie et mensonge; Dieu, c'est tyrannie et misère; Dieu, c'est le mal! » (F.*. Proudhon.)
« Guerre à Dieu ! haine à Dieu ! le progrès est là ! il faut crever le ciel comme une voûte de papier. » (F.". Lafargue.)
« Il faut écraser Dieu qui nous empêche de manger le fruit de la science. » (Citoyenne Pajaud.)
« La lutte religieuse reprendra avec plus d'acuité que jamais; ce sera la guerre à Dieu, guerre sainte pour laquelle on ne fera jamais trop de sacrifices, et qui les mérite tous. » (Le Droit du Peuple.)
« Mon but est d'organiser l'humanité sans roi et sans Dieu (1). » (F.*. Jules Ferry.)
« J'ai deux haines au cœur : Dieu et la France! » (F.*. Lemmi, prédécesseur juif du Juif Nathan au pontificat maçonnique.)
« Dieu, c'est le crime. » (Sœur.', défroquée Murjas.)
« Dieu, c'est un affreux tyran, et le monstre le plus épouvantable qu'on puisse se représenter. » (F.*. Most.)
c) Mais quel est donc le dieu de la secte (2)?
Le « dieu » de la Franc-Maçonnerie, c'est la nature! (Revue de la maçonnerie, 1885, p. 52.)
Dans leur rituel, le Vénérable de la loge dit : « Un matérialiste n'est pas un athée. » « Dieu (dit le Monde
(1) Et non pas sans foi et sans Dieu, comme ont osé l'écrire certains défenseurs de Jules Ferry et de la République.
(2) Il est nécessaire, pour ma démonstration, de reproduire ici, en bloc, des documents et des faits que j'ai déjà mentionnés ailleurs.
maçonnique, t. IV, p. 697), le grand architecte de l'univers, dénomination générique que, depuis Platon, tout le monde peut accepter pour le Dieu qu'il révère, même ceux qui ne croient pas en Dieu. » < Tout le monde sait, ajoute la Rivista délia Massoneria (1er août 1874), que cette formule de l'architecte (ou du déisme), d'un commun consentement n'a aucune signification exclusive, encore moins une signification religieuse. C'est une formule qui s'adapte à tous les goûts, même à celui d'un athée. »
Le Franc-Maçon Mazzini, lui, prétend que le « dieu » de la Franc-Maçonnerie, c'est l'humanité, le peuple : D'après lui, la Franc-Maçonnerie laisse Dieu au ciel. Le peuple est tout, il déterminera la loi du progrès; mais le peuple lui-même a pour guides les hommes de vertu et de génie, c'est-à-dire les chefs de la franc-maçonnerie. {Œuvres, t. VII et XVIII.)
Ces affirmations sont devenues le Credo de toutes les sociétés maçonniques italiennes. La Revue de la Maçonnerie les répète sous toutes les formes.
« Nous croyons dans l'humanité, dit Mazzini, être collectif et continu, unique interprète de la loi du progrès. » (T. V., p. 181.)
« Dieu est un problème insoluble et d'un intérêt purement spéculatif. La foi d'un Maçon, c'est l'amour de l'humanité et du progrès. » (Revue, 1894, p. 261.)
« Les Maçons italiens, comme les français, dit souvent la Revue, ne connaissent qu'une religion, celle de l'humanité et de la patrie. » (Revue, 1886, p. 26, etc., etc.)
« Pour avoir le peuple, conquérez son âme, nourrissez-la de la foi, la foi humaine dans la divinité de l'humanité! » (Journal maçonnique « La Société des Nations », cité par M. Robert Valery-Radot (petit-fils
de Pasteur) dans son remarquable ouvrage : Le Temps de la Colère {Grasset, éditeur).
Le Franc-Maçon Goupil s'écriait en 1867 : « L'homme est Dieu! » Et le F.'. Faider (vénérable) : « Nous sommes nos propres dieux. »
Et cette apostrophe d'un haut maçon hollandais n'est-elle pas un commentaire bien éloquent du Eritis sicut DU : « L'esprit qui vous anime est un esprit éternel... Il n'y a qu'une mission, qu'une morale, qu'un Dieu, oui, qu'un Dieu, et c'est pourquoi nous sommes dieu! L'homme est de la race de dieu. L'esprit de l'homme est l'esprit de dieu, et l'esprit est indivisible. Nous, hommes, nous formons un tout avec le Grand- Etre. Tout aboutit à cette révélation : Nous sommes dieul... » (Recueil officiel de la Maçonnerie hollandaise, 1872. Cité par Deschamps : Les Sociétés secrètes, t. Ier, p. 20.)
Dans le même sac, il faut mettre le pauvre F.'. Clemenceau, qui a sombré dans la plus plate incroyance. « Avec une redondance acharnée, M. Clemenceau attaque et bafoue croyances religieuses, notions philosophiques élémentaires ou fondamentales, et surtout Dieu : Dieu en personne, en idée, en souvenir; ce Dieu que toujours il déclare inexistant et qu'il a toujours besoin de braver et de détruire... pour mieux le ...remplacer!... Positivement, puisque les dernières lignes de ces mille pages nous montrent (selon une légende bouddhiste) Vhomme révolté découvrant que c'est lui qui est dieu! Après tant d'efforts, voilà une récompense positive. Et M. Clemenceau qui est si fier de n'en attendre aucune. » (Eugène Tavernier.)
« Le Rite Ecossais reste attaché à la notion de Grand Architecte de l'Univers. Mais il ne faut pas y voir la reconnaissance d'un Dieu personnel créateur :
le G. A. D. U. est un symbole que chaque maçon peut interpréter à sa guise de sorte que la même loge peut abriter un matérialiste et un protestant de l'Eglise anglicane.
« Le Grand Orient dans les divers pays est plus radical : et les loges allemandes « Au Soleil Levant » ainsi que certaines loges dites Humanitaires suivent sa tendance. Il répudie même ce symbole, ou bien le tolère comme une simple convenance traditionnelle qui ne recouvre aucun contenu.
« Dans l'un ou l'autre cas, soit symbole d'une entité inconnaissable et mystérieuse, soit mot respectable mais vide de sens, il reste l'inaccessible, qui ne s'est point révélé à l'homme d'une façon positive. Il n'est plus que le simulacre de Dieu, mais simulacre sans réalité effective. » (W. Lodge, R.I.S.S., 6-9-31.)
Le Grand Pontife de la science maçonnique, le F.'. Oswald Wirth déclare formellement dans son Livre du Maître (p. 120) : « En ce qui concerne le Grand Architecte de l'Univers, il faut bien se rendre compte que cette expression ne vise aucunement à imposr une croyance. » Et il ajoute (p. 122) : « Gardons-nous donc de céder à cette paresse d'esprit qui confond le Grand Architecte de l'Univers des Initiés avec le Dieu des croyants. »
Ecoutez le F.'. Proudhon :
« Le dieu des francs-maçons n'est ni substance, ni cause, ni âme, ni monade, ni créateur, ni Père, ni Verbe, ni ampur, ni Paraclet, ni Rédempteur..., ni rien de ce qui correspond à un système transcendental. Toute métaphysique est ici écartée; c'est la personnification de l'Equilibre universel. Il est l'Architecte, il tient le Compas, le Niveau, l'Equerre, le Marteau, tous les instruments de travail et de mesure.
Dans l'ordre moral, il est la JUSTICE. Voilà toute la théologie maçonnique. »
« Succède à Dieu, toi l'humain rêve! » s'écrie l'auteur du trop fameux matérialiste Catéchisme républicain.
Et voilà bien la vérité Maçonnique: ce n'est plus Dieu qui est Dieu, c'est l'homme. Et l'homme tout à coup devient un démon, un ennemi personnel de Dieu. Il a du démon les ambitions et les colères, les haines et les vengeances.
Mais ni la nature, ni l'homme, ne sont Dieu.. Ils sont l'œuvre de Dieu! Dieu seul est Dieu.
Mais nous ne tenons pas encore, à ce sujet, la vérité maçonnique totale.
d) Quel est donc enfin le véritable « faux dieu » de la Franc-Maçonnerie?
D'abord quelques mensonges pour tromper les « poires » : « Le Grand Architecte de l'Univers est à la fois et par motié mâle et femelle, blond et brun, nuit et jour, enfin feu et eau. » (F.*. Mazaroz, La Franc- Maçonnerie, religion sociale du principe républicain, p. 243.)
Le F.'. Ramsay (1736) déclare que le dieu de la Franc-Maçonnerie, c'est « le dieu de l'amitié ».
« Dans les pays les plus considérables, les noms les plus célèbres des dieux adorés ont été les chefs de la Franc-Maçonnerie, ils la dirigeaient: c'était Isis et Osiris, c'était Bacchus et Orphée. » (F.'. Crémieux.)
« Il est certain que les membres des petits groupements satanistes que l'on trouve à Paris sont presque tous francs-maçons. » (F.*. Dunet, ex-33e.)
Nous approchons, nous « brûlons », de plus en plus. Ça pue déjà le feu et le soufre. La lumière va
jaillir éclatante, et nous tiendrons la seconde partie du formidable secret de la Franc-Maçonnerie.
Son dieu, c'est Satan
Le F.'. Lantoine s'oppose... « à une définition officielle du Grand Architecte de l'Univers », tout en s'attachant énergiquement au maintien de la formule dans les Rituels du Rite écossais. Sous ce vocable commode, le Maçon, quel qu'il soit, a la faculté de toujours invoquer son Maître: Satan ou Dieu. » (F.*. Dunet, ex-33e.) (1)
L'abbé Barruel (Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobisme, Hambourg, t. II, p. 230), étudiant un ouvrage de Kabbale qui venait d'être imprimé, le Télescope de Zoroastre, y vit ceci :
Le Jéhovah des Loges cabalistiques n'est plus le Dieu Grand- Tout, c'est tout à la fois le Dieu Slzamoro et le Dieu Sénamira. Au premier, vient se joindre le génie Sallak et au second le génie Sokak. Lisez ces mots fameux dans la Cabale, en sens Inverse, continue Barruel, vous trouverez Oromasls ou le Dieu bon, et
(1) M. de la Rive a prouvé, d'après un livre de l'ex-francrnaçon Margiota (en 1890) que, au Rite Ecossais Ancien Accepté, on utilisait les 3 formules suivantes :
A.". N.\ D.\ L.\ T.-. S.-. E.\ I.-. T.-. A Notre Dieu Lucifer Très Saint et Infini Toujours-
A.-. N.\ D.". T. P. JHVA. A notre Dieu Tout-Puissant Jéhovah.
A.-. L.\ G.'. D.-. G.:. A.-. D.:. L'UN •-. A La Gloire Du Grand Architecte De L'Univers.
Arimanes, le Dieu méchant; vous trouverez ensuite Kallas et Kakos, deux mots à peu près correctement empruntés du grec, dont le premier signifie bon et le second mauvais.
Le dieu de la Franc-Maçonnerie, c'est l'Esprit du mal, c'est Satan.
« Dans la Franc-Maçonnerie c'est l'Esprit du Mal qui triomphe. » (F.'. Dunet, ex-33\)
Les Vaudoux, maçonnerie noire, adorent le Grand Architecte sous le nom d'Obi et leur idole est un ignoble serpent. Obi, c'est Lucifer.
Au 25e degré, le Président dit au récipiendaire : « Le Grand Architecte de l'Univers, en l'honneur de qui brûle l'encens des Loges et des Chapitres, ce n'est pas Adonai, c'est l'Ange de Lumière, le Génie du Travial, l'Esprit du Feu. » (Eblis, l'Ange de Lumière, c'est Lucifer, c'est Satan [1]).
C'est ce que M. Huysmans exprimait en ces termes :
« Les sataniques ont la même croyance que nous
(1) Les Francs-Maçons prétendent descendre de Gain, fllg d'Eve et d'Eblis l'Ange de lumière, c'est-à-dire de Luoifer, Satan.
Honteuse descendance, mais qui expliquerait le caractère mensonger, malfaisant et sacrilège de la Franc-Maçonnerie, puisqu'elle serait la fille, ou petite-fille de Satan. Voici ce que nous lisons dans un article de la Chaîne d'Union, intitulé « Maçonnerie féminine » :
« Si notre Père Adam a tenu loge, écrit Ragon dans sa Maçonnerie des Dames, évidemment ce dut être avec sa femme.
« Qu'il nous soit permis d'ajouter, selon la Bible, que la femme fut la première initiée, puisque c'est à elle que V Esprit malin offrit le fruit de la science. »
Satan était, vraisemblablement, le « vénérable » de cette Loge.
Ils savent parfaitement que Lucifer, que Satan, est l'archange proscrit, le grand tenancier du mal ; el c'est en connaissance de cause qu'ils pactisent avec lui et qu'ils l'adorent. »
Signalons encore les Odd-Fellows. « C'est vers 1788 que fut fondé à Londres, YOrdre des Odd-Fellows (singuliers compagnons, drôles de corps) qui est maintenant Luciférien et essentiellement distinct du Palladium. La doctrine secrète des Odd-Fellows et des Palladistes est la même : système manichéen de la divinité double, le Dieu des chrétiens (Adonaï) étant le Dieu mauvais, qu'il faut combattre et dont le règne finira à l'avènement de l'Anté-Christ. Les Odd- Fellows sont innombrables aux Etats-Unis et surtout au Canada. » (A. C. de la Rive, dans la F.' , démasquée d'avril 1894.)
Ecoutez d'ailleurs ce cri filial de Proudhon (l'auteur des deux mots fameux : « Dieu, c'est le mal ; et la Propriété, c'est le vol ») :
« A moi, Lucifer, Satan, qui que tu sois, démon que la foi de mes pères opposa à Dieu et à l'Eglise ! Je porterai ta parole et je ne te demande rien.
« Viens, Salan, viens, le calomnié des prêtres et des rois, que je t'embrasse et que je te serre sur ma poitrine! Il y a longtemps que je te connais et tu me connais aussi. Tes œuvres, ô le héni de mon cœur, ne sont pas toujours belles ni bonnes, mais elles donnent un sens à l'univers... »
Et le F.'. 33e Carducci chantait ainsi, dans son Hymne à Satan :
< Prince immense de l'être, matière et esprit, raison et sens... je t'invoque, ô Satan, roi du festin... Satan seul vit... Bel et hor-
rible monstre... Satan le Grand.. Il passe bienfaisant... Salut, ô Satan, tu as vaincu le Jéhovah des Prêtres I »
(On trouvera le texte complet de cet Hymne infernal, plus loin, p. 150.)
C'est au sujet de celui-ci que le F.'. Lemmi, alors Grand-Maître de la Franc-Maçonnerie, s'écriait à Naples, le 19 décembre 1892 : « Au Génie tout-puissant... au Génie qui a inspiré à notre Frère Carducci son hymne immortel ! Au Génie qui est l'âme de la Révolution ! »
Ce génie, c'est celui du Mal, c'est Satan !
« Il vient de paraître aux Editions du Symbolisme, une Lettre au Souverain Pontife, très curieuse et par moments pathétique ; elle est signée du F.'. Lantoine et le F.'. Oswald Wirth a tenu à en écrire la préface.
« Oui, une Lettre au Souverain Pontife, où l'insolence alterne avec une nostalgique admiration, où de solides vérités apparaissent, recouvertes aussitôt par la fumée des préjugés et des sophismes rationalistes.
« Cette lettre offre ni plus ni moins à l'Eglise, après deux cents ans de lutte acharnée, un pacte de nonagression. Cessons le feu, y est-il écrit en substance. Vous êtes la Foi, nous sommes la Raison. Mais tous deux nous servons l'Esprit. Or le bolchevisme d'une part, l'Hitlérisme de l'autre, menacent de plonger le monde dans la barbarie matérialiste. Est-ce que l'humanisme ne peut pas être pour nous un terrain d'entente ? Ne le fut-il pas pour vous, à la Renaissance, avec le naturalisme païen ? Allons, recommandez à vos curés bretons et alsaciens de ne plus nous dénoncer à leurs ouailles, comme des démons incarnés ? De notre côté, nous recommanderons à nos Homais et
à nos Pécuchet de mettre une sourdine à leurs déclamations anti-cléricales. Nous savons maintenant que nous ne pouvons vous détruire ; alors, nous vous offrons de composer, car le bolchevisme est notre ennemi comme le vôtre. Malheur à vous si vous repoussez notre main tendue !
« Et le F.-. Albert Lantoine, dévoilant toute sa pensée, vocifère ces étranges imprécations : « Possédés de l'esprit d'examen, nous sommes les serviteurs de Satan. Vous, délenteurs de la vérité, vous êtes les desservants de Dieu. Les Deux Maîtres se complètent. Ils ont besoin l'un de l'autre. Vous poussez le Pouvoir à exterminer la Franc-Maçonerie! Prenez garde! Ce jour-là, selon l'expression de Méléagre, vos buccins de meurtre « éclateront en sanglots », car la mort de Satan marquera l'agonie de votre Dieu. »
Ainsi Satan, dans le désert, proposait au Christ de partager avec lui le royaume du monde. (Bull du Club National, 10-4-37.)
Sans doute peu de maçons sont complètement initiés ; l'ex-maçon Doinel affirme en effet que « dans l'état actuel de la Maçonnerie française, deux pour cent à peine des Maîtres connaissent la signification diabolique de leur grade. Le reste ne peuple les loges que pour une œuvre politique, et souvent pour rien du tout, par hasard, par relations, par fantaisies. »
(Voir plus loin, p. 48, le témoignage de l'ex-francmaçon Rose-Croix Copin-Albancelli. )
« Au grade de Kadosch, le récipiendaire prête un serment qui commence ainsi : « En présence de Dieu notre père... ». Mais « comme dans les grades précédents on a répété a satiété que les Maçons doivent se
considérer comme les fils d'Hiram, qu'Hiram descend de Caïen par Phalag, Chanaan, Tubalcaïn et Lamech, que Caïn n'est pas le fils d'Adam, mais le fils de l'Ange de Lumière, et que par le Grand Architecte de l'Univers il ne faut pas entendre Adonaï, mais son ennemi éternel, le récipiendaire (qui prête serment en présence de Dieu) sait donc très bien que Dieu, son père, qu'il invoque au 30e degré, c'est Satan. » Léo Taxil, p. 366) (1).
Arrêtons-nous sur cette affirmation formelle de l'ex-Franc-Maçon Rosen :
« Le seul dieu, c'est Satan Tel est le secret suprême de la Franc-Maçonnerie écossaise et cabalistique. — Le but unique de la Franc-Maçonnerie, c'est d'établir dans le monde la toute-puissance de Satan ! »
De la Vieille-France (n° 221) :
<- Satan a sur la terre son Eglise... Dans son Eglise, Satan a établi une hiérarchie, un sacerdoce, des sacrements, un culte, des reliques, un calendrier, des fêtes, des exercices, des féeries, des serments, des temples, des missionnaires, des vœux religieux, de ordres, des congrégations, une Bible, des dogmes, des préceptes, des conseils, une liturgie, un rituel et une langue liturgique; tout, mais dans un sens et dans des fins diamétralement
(1) Sans doute, hélas! Léo Taxil, le Dr Bataille-Hacks ont exagéré avec outrance le rôle visible de Satan dans les Loges, dans l'espoir de discréditer cette thèse. Mais le fait n'en reste pas moins certain. Au surplus, il faut bien noter que ce qu'il y a de plus grave en ceci ce n'est pas l'apparition de Satan sous une forme visible, matérielle, dans les Loges; c'est sa présence invisible, mais agissante et permanente dans les âmes,, les cerveaux, les volontés de ses adeptes. C'est l'inspiration satanique dans la Franc-Maçonnique . (Sur Léo Taxil, voir à la fin de ce chapitre.)
opposés à ceux de l'Eglise de Dieu- Pour ces impies, Dieu, c'est le démon; les saints sont les damnés. Ils n'ont pas encore leur Messie, mais ils l'attendent, et c'est l'Antéchrist. Mourir dans sa foi, comme ils disent souvent, c'est la même chose que mourir dans la foi et dans l'amour de Satan. S'ils désignent quelqu'un à la mort du stylet ou du poison, ils cherchent d'abord à le faim pécher, pour qu'il meure dans son péché et soit damné. Ils aspirent aux sept péchés capitaux, comme nous à l'Esprit-Saint et à ses sept dons. J'en ai connu un qui étudiait le Cours de morale de Saint Alphonse de Liguori, pour trouver de nouveaux péchés et de nouvelles manières de pécher, comme nous lisons les vies et les vertus des saints pour les imiter. »
Cela fait penser au monstrueux blasphémateur et Franc-Maçon Voltaire. On sait de quelle façon l'abbé Barruel stigmatise Voltaire : « Pour combattre plus sûrement le Christ, dit-il, pour l'écraser, il se cache sous les livrées du Christ. Il fréquentait ses temples, il assistait à ses mystères, il reçut dans sa bouche le Dieu qu'il blasphémait. Il ne le recevait, il ne faisait annuellement ses Pâques que pour le blasphémer plus hardiment. » (Mémoires pour servir à l'histoire du Jacobinisme, 1803, Hambourg, t. Ier, p. 127.)
Qu'on ne hausse donc plus les épaules quand nous reproduisons ces déclarations de catholiques éminents (puisqu'elles sont confirmées, comme nous venons de le voir, par des francs-maçons de qualité incontestable) :
« Il y a du satanisme dans la Franc-Maçonnerie, contre-Eglise réelle, agissante, vivante et inspirée, qui possède ses rites, ses dogmes et ses mystères. Mais satanisme très fort et très habile qu'on sent plutôt
qu'on ne voit : joie sacrilège des négations des dogmes, fraternité chaude et trouble d'hommes qui se cachent et invoquent un Maître « toujours vivant » et « toujours souffrant », émotion quasi-religieuse de l'initié qui subit les épreuves au milieu des chants, de la musique des violons et des harpes, orgueil perverti et souverain du Maître qui a droit d'autorité et qui porte en lui le secret de son grade. Il faut avoir été franc-maçon comme je le fus pour affirmer la puissance de cette atmosphère et l'empreinte qu'elle laisse sur les servants de cette contre-Eglise. » (J. Marqués-Rivière, Les documents nouveaux, avril-mai 1934.)
« Le chef-d'œuvre de Satan, a-t-on dit, a été de se faire nier ». (Voir ma brochure : La Franc-Maçonnerie démasquée, p. ' 1 et 2.)
Eh oui cela lui permet de travailler plus facilement.
Mais il n'en existe pas moins pour cela ! Ecoutez l'éloquent prédicateur de Notre-Dame, le R. P. Janvier :
« Quantité d'esprits s'imaginent que le démon n'est qu'un symbole, une figure littéraire ne répondant à rien dans la création, une poétique fiction, un mot servant à désigner le mal et les passions; c'est une erreur. Le démon est, dans la doctrine catholique, un être réel, une personnalité distincte du reste de ia nature, ayant sa vie propre, son domaine, son action... Mais ce qui est infiniment plus redoutable, c'est l'action ordinaire, continue, exercée par Satan, sur la création, son intervention réelle et cachée dans la marche des choses, dans le cours des saisons, dans la germination des plantes, dans le déchaînement des vents et des tempêtes... »
A fortiori s'acharne-t-il contre les âmes, contre les hommes « porteurs » d'àmes et contre les nations, ces composés d'hommes !
Veillons donc, prions et luttons contre ces esprits infernaux qui « rôdent comme des lions rugissants autour de nous, toujours en quête d'une proie », et dont l'œuvre est bien rendue par ce vers latin (étonnant puisqu'il peut se lire indifféremment de gauche à droite, ou de droite à gauche) :
In girum imus nocie et consumimur igni!
(Ce vers prodigieux a été dit par un possédé, en réponse à la demande expresse de l'exorciseur : Qui êtes-vous? — Nous tourbillonnons dans la nuit et sommes consumés par le feu.)
Et le P. Barbier, dans la Critique du Libéralisme, conclut avec J. Kostka :
<> Satan se manifeste, Satan a une Eglise, un culte, des fidèles, des cérémonies, une liturgie spéciale, une religion démoniaque, opposée à la véritable Eglise, aux véritables fidèles, à la sainte liturgie, à la religion de Notre-Seigneur. C'est là le fait indéniable, Satan exerce un empire redoutable sur une masse de perdition, Satan dresse son camp contre le camp du Seigneur, lève son drapeau contre le drapeau de la Croix, lance ses légions contre les légions de l'Eglise. C"est l'état de guerre, c'est la lutte à outrance et sans merci. »
« La Franc-Maçonnerie, Synagogue de Satan », tel est justement le titre d'un remarquable ouvrage de Mgr Meurin, fort apprécié du pape Léon XIII.
Mgr Gouthe-Soulard, archevêque d'Aix, s'écriait :
« La Franc-Maçonnerie, cette fille aînée de Satan, gouverne et commande : mille fois aveugle volontai-
rement qui ne le voit. » (Lettre au ministre des Cultes,, 8 octobre 1891.)
Mgr Fava : « La grande lutte qui se retrouve au fond de tout, à notre époque, c'est la lutte de la Franc-Maçonnerie contre l'Eglise.
« La Franc-Maçonnerie : LUCIFER !
« L'Eglise : L'ESPRIT-SAINT ! »
Aussi à l'Encyclique de Léon XIII contre la Franc- Maçonnerie le Franc-Maçon Desmons répondit-il : « Le camp de Dieu ou le camp de Satan, l'hésitation n'est plus possible. Contre l'Eglise ou contre nous. »
Léon XII applique aux Francs-Maçons les paroles de saint Léon : « Le mensonge est leur règle, Satan leur Dieu, la turpitude leurs sacrifices » ; et Pie IX (Bref Ex Epistula) déclare sans ambages que « ces sectes coalisées forment la synagogue de Satan ». Léon XIII, enfin, l'appelle la cité de Satan (Enc. Hum. gen.) et déclare qu'« au moins dans ses hauts grades, elle n'est pas autre chose que la religion occulte de Satan. »
Pas complètement occulte, car Satan se montre et agit parfois dans les Loges et ailleurs : lisez le Bloc antirévolutionnaire d'aoùt-octobre 1933, — ■ lisez YElue du Dragon, — Des armes et des Munitions, par J. Santo (le cas du R. P. Jandel qui mit Satan en fuite en faisant le signe de croix), — lisez A la Messe noire, par Louatron à propos duquel F. Lacointa écrit :
« Cet impressionnant récit prouve à l'évidence qu'il existe une religion luciférienne dont les adeptes assistent à des « messes noires » où sont profanées des hosties consacrées, parfois par Satan lui-même. — Je puis y ajouter mon propre témoignage, relatif à une affirmation qui m'a été faite à moi-même par le Rév. Père Alfred, Capucin, frère de Mgr Mermillod. » (Le
Bloc antirévolutionnaire, janvier-mars 1935.) — Lire aussi la Revue Internationale des Sociétés Secrètes du 13-11-27.)
On lit dans les Infiltrations maçonniques dans VEglise du R. P. Barbier (p. 144) :
Il n'est pas jusqu'aux prières les plus sacrées de la Sainte Eglise, jusqu'à ses hymnes de foi, que ces suppôts de Satan (F.-. M,\ et Cie) ne fassent servir à leur culte sacrilège. On lit dans la catéchèse gnostique, récemment publiée : « D. — Récitez la prière angélique.
« R. — Ave. candidum Lilium fulgidi semperque tranquilli Ple- « romatis, Rosaque prœfulgida cœlicae amœnitatls, de qua « nasci et de cujus lacté pasci Jésus, Flos Aïonum, voluit, divinis « infusionibus animos nostros pasce. Amen. « D. — Récitez la prière de Pneuma-Agion. « R. — Rorate, cœli, desuper et nubes pluant Justam. Rorate, « cœli, desuper, et nubes pluant Pulchram. Rorate, cœli, desuper, o et nubes pluant Bonam. »
Le premier patriarche de la nouvelle Eglise gnostique revenu à la foi, par une grâce ineffable de la divine Miséricorde, donne le texte de cet hymne entendu dans un cénacle occultiste pendant une cérémonie d'évocation :
Adoro te supplex, patens Deitas Quœ in hoc saceilo te manifestas.
Tibi se cor meum totum subjicit Quia te contemplans totum déficit.
Visus, tactus in te nunquam fallitur Nam aspectu tuo late creditur.
Credo quod hic adest exit angélus, Nil hoc " veritatis visu verius.
Deus, quem. présentera nunc asplcio, Oro fiât illud quod tam sitio, Ut, te perpétua cernens facie, Tactu sim beatus tuae gloriae !
Et le R. P. E. Barbier s'écrie ici :
Dieu de majesté et de miséricorde, ayez pitié I Permettez aux saints anges d'étendre leurs ailes pour voiler, s'il se pouvait, à votre face ce spectacle d'enfer étalé par des créatures qui portent encore sur leur front l'onction baptismale et qui ont peutêtre été nourries du corps et du sang de Jésus-Christ.
Parce, Domine, parce populo tuo !
Nous tenons maintenant les deux parties du formidable secret de la Franc-Maçonnerie : 1) c'est une RELIGION ; 2) cette religion a pour Dieu SATAN.
Léo Taxil et Diana Vaughan
(Palladisme satanique et luciférien)
La question Léo Taxil-Diana Vaughan-Palladisme est fort embrouillée. Elle ne sera peut-être jamais élucidée.
Léo Taxil a souvent menti ; il a même menti en révélant son immonde mystification.
Ayant lu tout ce qui a été écrit pour et contre, j'avoue ne pouvoir donner à ce sujet une appréciation nette et définitive.
On trouvera le pour et le contre dans deux remarquables travaux :
1° Pour Léo Taxil
On lit dans Léo Taxil et la Franc-Maçonnerie (32
fr. franco) lettres inédites éditées en 1935 par les « Amis de Mgr Jouin » (p. 12-13) :
(En Amérique, en Angleterre, en France, en Allemagne), partout il est question de Luciférianisme et de Satanisme, de goétie, de messes noires ou rouges, de profanations d'hosties; de quelque côté qu'on enquête, on trouve ces loges androgynes où des femmes se posent en voyantes, visionnaires, illuminées, inspirées, prophétesses, etc.
Cette période, qui va de 1870 à 1897, voit cette vague d'occultisme, l'on pourrait dire pouvoir satanique, déferler sur le. monde et engloutir l'intelligentia d'Europe et d'Amérique.
En somme, les théories et pratiques de ce que Léo Taxil, Margiotta et Diana Vaughan dénommèrent Palladisme se retrouvent en tout ou en partie dans chacune des associations ou sociétés ci-dessus mentionnées (théosophie, kabbale, hindouisme, Rose- Croix, Golden-Dawn, Fratres Lucis, Société hermétique, Secte abominable de Thomas Lake Harris et Lawrence, Oliphant, Illuminisme, Fraternité hermétique, occultisme, spiritisme. Droit humain, Loges de Swendeborgiennes, 0. T. 0.. Ordre des Templiers d'Orient « qui ouvrira et gouvernera dans tous les pays ses antres d'abomination »).
C'est pourquoi il est à regretter que toutes les enquêtes faites aussi bien par les partisans et défenseurs que par les adversaires de Léo Taxil et Hacks-Bataille n'aient pas été dirigées dans ce sens. Cela eût donné des résultats combien plus importants, intéressants et utiles que la discussion sur les personnalités Hacks-Bataille-Jogand-Pagès-Taxil-Margiotta et l'énigmatique ou la problématique Diana Vaughan.
C'était le mal lui-même à sa source qu'il importait de découvrir afin de l'endiguer pour arrêter ses ravages.
Le fait acquis reste, c'est que les Mémoires d'une Ex-Palladiste (de Diana Vaughan) aussi bien que le Diable au XIX* siècle fourmillent de textes que les chercheurs auraient facilement vérifiés
s'ils avaient connu les dessous des arrière-loges rosicruoiennes de Londres et des innombrables cercles occultes et théosophiques. Ce faisant, ils seraient tout naturellement remontés à la source et eussent été mis à même de constater que les Mémoires, pour ne parler que de cette œuvre, leur ouvraient une porte sur une vérité qui, si affreuse fût-elle, demeurait cependant la vérité.
Une étude ainsi comprise aurait récompensé leur labeur au delà de toute espérance et, au lieu de l'attitude négative prise par les Pères Jésuites Gruber et Portalié, une ligne constructive eût été tracée. Le congrès anti-maçonnique de Trente ne fût pas demeuré stérile, mais aurait pu arrêter la vague de ce maçonnisme corrupteur qui a submergé tant d'âmes dans ses flots
Indépendamment des faits vrais ou faux attribués à Albert Pike, des dénégations de Findel, dont le P. Gruber faisait si grand cas, on aurait, en poursuivant des investigations sérieuses, trouvé bien des preuves de l'existence de ce que Léo Taxil appelait le Palladisme-
Quant à l'Apadno (la Bible maçonnique attribuée à Albert Pike), si ce livre décrit par Bataille comme satanique était introuvable ainsi qu'il fut dit, il n'eût pas été difficile à des négateurs comme le P. Portalié de se procurer ïOahspe (« une Bible nouvelle d'après les paroles de Jéhovah »), publié à Boston et à Londres en 1891 et dont le contenu fait facilement pâlir les quelques extraits tirés de l'Apadno par Bataille et auxquels il fait allusion dans les Mémoires (de Diana Vaughan)... C'est l'œuvre la plus antichrétienne et sataniste qui soit... La doctrine est toute panthéiste et, comme pour l'Apadno, l'écriture en fut automatique.
Ensuite, contester, comme beaucoup l'ont fait, le nom de Palladisme, l'attribuant à l'imagination fantaisiste de Léo Taxil, était aussi une erreur. Dans la Cycloptedia of Fraternitles de Stevens on trouve que <• l'Ordre du Palladium fut institué en 1730 et introduit de bonne heure à Charleston. Là, il sommeilla jusqu'en 1886. époque où il refleurit sous l'aspect nouveau du Palladium
Réformé pour imprimer une activité nouvelle aux traditions de la Haute Maçonnerie. Il est peu connu, car le nombre de ses membres est très limité et le plus grand secret enveloppe ses délibérations ».
Et comme deux assertions valent mieux qu'une, il est bon de citer ici celle du Dr Edouard Blitz, chef du Grand Conseil Martiniste aux Etats-Unis, Chevalier du Temple, Maçon, Maître à tous les grades du Rite d'York, etc., qui dans une lettre dit entre autres : « Ordre du Palladium » :
« On dit que cet Ordre est divisé ainsi: deux grades masculins et un grade féminin. Le premier et le second grades sont ceux <XAdelphos et de Compagnon d'Ulysse pour les hommes. Le troisième est celui de Compagne de Pénélope pour les femmes... Ses Conciles se tiennent « incognito » et les minutes en sont secrètes et ne sont jamais imprimées..-»
Léo Taxil mentait donc effrontément lorsque le 19 avril 1897, il disait que le Palladium avait été inventé par lui et par conséquent, n'existait pas...
Personne n'ignore que tous les disciples de Blavatsky, hommes et femmes, se livraient aussi à ces mêmes pratiques et que nombre d'entre eux se proclamaient récipiendaires de relations surnaturelles. La correspondance de Lady Caithness et celle d'Anna Kingsford en offrent d'abondantes preuves. Que dire aussi des analogies entre les faits mentionnés par Diana Vaughan, ses révélations, ses visions et surtout son érudition et ceux contenus dans la vie d'une luciférienne anglaise contemporaine.
De quelque source qu'il les tint, il est incontestable que Léo Taxil avait des documents authentiques émanant de l'intérieur même des loges satanistes. Que, pour en déguiser la source et la portée, il eût, avec son cerveau méridional et son amour de3 tréteaux, inventé la mise en scène, cela n'enlèverait rien à l'authenticité de certaines révélations. Ainsi, aux pages 143 et 247
des Mémoires d'une Ex-Palladlste, il est question des Lucifériens anglais. Si les négateurs de même que les défenseurs de Diana Vaughan avaient suivi sérieusement la piste indiquée, ils eussent abouti à l'étude de l'organisation de la Rose-Croix anglaise et, avec quelques recherches minutieuses, ils n'eussent pas manqué de découvrir les loges du Golden Dawn, lesquelles, d'après le témoignage même de l'auteur des « Lightbearers of Darkness » qui en fit partie, sont lueifériennes. En suivant le courant, ils eussent fatalement abouti à la découverte de l'Ordre d'Illuminisne allemand, l'O. T. 0., étroitement lié à la Socletas Roslcrustana In Anglia et qui a pour but, cyniquement avoué, la reconstitution du culte phallique que ses chefs s'efforcent de substituer à la religion chrétienne. La correspondance échangée entre Karl Kellner et Théodore Reuss fait, en vérité, pâlir les révélations de Diana Vaughan que le P. Portalié qualifiait d'obscènes...
Si la Socletas Rosicruciana in Anglia, composée de Francs- Maçons de la Grande Loge d'Angleterre, a des arrière-loges occultes comme celles du Golden Dawn, pourquoi devrait-on repousser l'idée que le Rite Ecossais d'Albert Pike avec son « Palladium » régénéré en 1886 n'en avait pas aussi établi de semblables pour rivaliser avec elles? Ne trouverait-on pas dans cette supposition l'explication de la lutte entre deux camps maçonniques rivaux à laquelle il est constamment fait allusion dans les Mémoires...? Il y a bien des points à éclaircir pour expliquer la différence entre les Lucifériens et les Satanistes de cette époque.-.
La lumière n'est pas encore entièrement faite sur cette superoherie à double tranchant, mais elle est en bonne voie de se manifester, et elle mettra alors en relief les traits satanistes de ceux qui, à l'époque de « Diana Vaughan », étaient les Porte-Lumière des Ténèbres.