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Nous devons faire mention ici de la visite que reçut le gouverneur-général du fameux chef iroquois Garakonthié, baptisé et confirmé en 1670 par Monseigneur de Laval, dans l’église paroissiale de Québec. M. de Courcelles en avait été le parrain, et ce fut pour le remercier de cette faveur que le fidèle ami des Français se rendit au Château. ‘ A son entrée, äit le Père Le Mercier, il se vit salué par la décharge de tous les canons du Fort, ct de toute la mousqueterie des soldats, qui étaient disposés en haie pour le recevoir. Pour conclusion de la fête, on lui présenta de quoi régaler pleinement toutes les nations assemblées à Québec, et leur faire un somptueux festin, que M. le Gouverneur avait fait préparer.”
nière de navigateurs, de pêcheurs, de matelots, d’ouvriers, tous ayant naturellement de ja disposition à ces emplois.”
Le célèbre intendant s’ était aussi occupé activement de l'exploitation des mines et du commerce d’expottation. Dès l’année 1666, il avait fait envoyer du
goudron en France, du poisson, des céréales et du bois aux Antilles.
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La première arrivée de Frontenac à Québec:-—Eloges et critiques:—MM,. Perrot et de Brucy prisonniers au fort.—-Le marquis de Denonville et sa famille. —Notes inédites.—Mauvais état du château.—Le magasin des poudres.—Les Ursulines au château Saint-Louis.
OUIS DE BUADE, comte de Palluau et
de Frontenac, neuvième gouverneur de la
Nouvelle-France, arriva à Québec dans
les premiers jours de septembre 1672. Le 2 novembre de la même année, il écrivait au ministre : Rien ne m’a paru si beau et si magnifique que la situation de la ville de Québec, qui ne pourrait être mieux postée | quand elle devrait devenir un jour la capitale d’un grand empire ; mais je trouve qu’on a fait / jusques ici, ce me semble, une très grande faute en laissant bâtir les maisons à la fantaisie des particuliers, et sans aucun ordre, parce que, dans les établissements comme ceux-ci,
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qui peuvent un jour devenir très considérables, on doit, je crois, songer non seulement à l’état présent dans lequel l’on se trouve, mais à celui où les choses peuvent parvenir. ”
Si la situation pittoresque de la ville avait séduit l’illustre gouverneur dès le commencement de son premier séjour dans la Nouvelle- France, il en fut tout autrement de la résidence officielle qu’il devait habiter, —le château Saint- Louis,—qu’il trouva en fort mauvais état, et dont il se plaignit en toute occasion.
Les murs de l’enceinte du fort tombaïent aussi en ruines Le 2 novembre 1681, Frontenac écrit au marquis de Seignelay :
“ Le mauvais état où j'ai mandé plusieurs fois qu'était l'enceinte des murailles du château de Québec, m’oblige, Monsieur, à vous supplier de considérer si vous ne jugerez pas à propos de faire quelque dépense pour les rétablir.
Elles sont toutes à bas ; il n’y a plus de portes, ni de corps de garde, et c’est un lieu tout ouvert où l’on peut entrer de tous côtés.
‘“ Si vous aviez agréable de destiner quelques petits fonds pour cela toutes les années, la dépense en serait imperceptible, et ne laisserait pas dans la suite d’être fort.utile, parce qu’on le mettrait en état de servir. de retraite et d’asile en cas de besoin. :
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‘“ Vous savez beaucoup mieux que moi que, quand on ne songe pas à ces choses pendant qu’elles se peuvent faire en repos, on y trouve plus de difficultés dans un temps de troubles, de guerre. ”
Deux ans après l’arrivée de Frontenac à Québec (1674), François-Marie Perrot, gouverneur de Montréal, et l’abbé François de Salignac Fénelon, frère de l’auteur de Télémaque, furent internés, le premier au fort Saint-Louis et le second à la résidence de la ‘brasserie, ”? par les ordres de l’impérieux gouverneur et du Conseil souverain. L'affaire se termina en France : M. Perrot reçut quelques jours de Bastille ; l'abbé de Fénelon reçut instruction de ne pas retourner en Canada, et M. de Frontenac reçut un monitun. signé de la main même de Louis XIV. (Lettre du roi à Frontenac, du 22 avril 1675.)
Antoine de la Fresnaye, sieur de Brucy, fut
aussi interné au fort Saint- ‘3 cette même année, sous ac:usation r enfreint les règlements conserna + commerce des pelleteries.
On sait que Frontenac gouverna le Canada de 1672 à 1682, puis de 1689 à 1698. Dans l'intervalle compris entre ces deux périodes, le gouvernement de la Nouvelle-France fut
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en 1636, rasés en 1693.
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confié à M: Le Febvre de la Barre, puis à Jacques-René de Brisay, marquis, de Denonville, homme aussi bon que brave, maïs qui fut peu habile, ou du moins peu heureux dans sa politique à l’égard des farouches et sanguinaires [roquois,
M. de Denonville arriva à Québec le 1er août 1685. Il était accompagné de sa femme, Catherine Courtin de Tanqueux, de ses deux enfants : Bénigne; âgée de quatorze ans, et Catherine-Louise-Marie, âgée de deux ans, et d’une amie de sa fille aînée, Elisabeth de Hallot d'Honville. Deux autres enfants de M.
de Denonville (deux jeunes garçons) étaient restés en France 1,
1—Mademoïselle Bénigne de Brisay se fit religieuse carmélite à Chartres quelques années aprés le retour de sa famille en France. Mademoiselle de Hallot d'Honville se fit religieuse hospitalière à Québec, sous le nom de sœur Saint-Joseph. On lit dans l'Histoire de l’Hôtel-Dieu, déjà citée :
‘“ Vers la fin de juillet de la même année, 1685, le vaisseau du Roy amena M. l’abbé deSt-Valier, nommé à l’évêché de Québec, M, le marquis de Denonville en qualité de Gouverneur Général, nombre de soldats de recrue et piusieurs officiers d’un mérite distingué. La maladie s'était mise parmi eux, de sorte que, dès que le navire eut mouillé, on remplit de malades non seulement nos sailes, mais notre église, nos greniers, nos engrais, po'aillers et tous les endroits de l'Hôpital
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Pew de-tempsaprès-son arrivée à Québec; le
-14 septembre - 1685, madame: de Denonville ‘dopne naissance à-uné fille, ‘Marie-Anne, ‘ qui fat ondoyée le même jour-‘par M. Henry de
Bernières, curé de Québec. Les cérémonies du
où nous pûmes leur trouver place ; on dressa même des tentes dans la cour. Nous redoublâmes notre ferveur à les servir ; aussi avaient-ils grand besoin de nos soins ; des fièvres ardentes et pourprées, des délires
terribles et beaucoup de scorbut ; il passa dans nôtre
Hôtel-Dieu plus de trois cents malades ; la salle des femmes était pleine d’officiers de quulité,
“ Au commencement, il en mourut vingt ; on nous les apportait même à demi morts : nous éprouvâmes pour les soulager ;iusieurs remèdes, dont le meilleur fut de les saigner à la tempe ; nous en sauvâmes par là un grand nombre, qui ne donnaient plus aucune espérance de guérison, et qui, dès le lendemain de la saignée, étaient gais à merveille ; nous les renvoyâmes guéris et fort reconnaissants de nos peines.
“ Les fatigues extrêmes que nous eûmes firent tomber malades beaucoup de religieuses. Les prêtres et religieux qui avaient le plus assisté à l'Hôpital furent aussi frappés de cette maladie, et en guérirent par la saignée à la tempe. Ceux de tous ces malades à qui on n’osa pas faire ce remède, parce qu’on désirait beaucoup les conserver, et que l’on ne voulait rien risquer, moururent fort promptement. Nous nous cachions pour saigner aussi les autres ; nous les faisions porter dans la sacristie, afin de les sauver comme à la dérobée ; et nous eûmes la consolation d’en échapper tous ceux à qui nous fîimes ce remède
‘“ Monsieur le marquis de Denonville avait amené
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baptême lui furent suppléées, un mois plus tard, le 14 octobre, 5ar Monseigneur Jean- Baptiste de la Croix de Saint-Vallier, nommé à l'évêché de Québec et qui devint le deuxième évêque de la Nouvelie-France. Les parrain et marraine furent Jean Merienne dit La Solaye et Claude de Laval, veuve de Louis Bonnedeau dit Chatellereau, ‘“ lesquels ont déelaré ne sçavoir escrire ny signer, de ce enquis suivant lOrdonnance ”. (Archives de la basilique Notre-Dame de Québec.)
toute sa famille, et comme Madame la marquise avait pris en France le dessein de se mettre dans une communauté, pendant que Monsieur son époux ferait le voyage de Montréal, le Père Voutier, notre Procureur qui l’était aussi des Ursulines, alla lui offrir à Paris nos deux maisons, pour qu’elle choisit celle qui lui plairait ; il nous écrivit ce qu’il avait fait : nous ne manquâmes pus de lui préparer chez nous un appartement le plus commode et le plus propre que nous eûmes, ce que firent aussi les Ursulines ; mais comme M. de Denonville ne monta pas cette année à Montréal, nos préparatifs furent inutiles ; Madame la Gouvernante nous en remercia ; elle nous donna de grandes marques d'affection, ne passant aucun jour sans venir dans l'Hôpital servir elle-même les malades et leur distribuer les douceurs qu’elle leur apportait. Sa charité nous édifia beaucoup, car elle s’exposait sans crainte au danger de gagner le mal contagieux. Malgré tout ce qu’on pouvait lui dire pour la retenir, elle continua cet exercice jusqu’à la fin sans être incommodée, ”?
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