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maçonne (sic) étaient entièrement pourries et ruinées. On l’avait recommencé sur les mêmes fondements et on en avait réglé les projets à peu près sur le pied des fonds que vous y aviez destinés et que nous espérions pouvoir augmenter en faisant venir les trois mille livres de cette année et ceux de la prochaine, en marchand'ses qui auraient apporté du profit ; mais comme nous étions À moitié de ce que nous avions entrepris de faire cette année, nous apprîmes le retranchement qui avait été fait, ce qui me fit prendre la résolution de faire cesser entièrement tout l’ouvrage. Mais M.
l’Intendant souhaita qu’on le continuât, parce que, disait-il, ce qui était commencé aurait entièrement dépéri, et proposa de prendre six congés sur les vingt-cinq qu’on devait donner
-cette année, et de remettre l’argent de la vente
entre les mains des marchands, qu’il nommerait et qui continueraient sur ses ordres à payer les ouvriers qui travailleraient à rendre iogeable ce qui était commencé, et qui sera, étant achevé, les deux tiers de tout le bâtiment.
‘ J’eus de la-peine à accepter cette proposition, et me résolvais à faire mon séjour dans le corps de garde de la garnison ! où je suis
1—Petit bâtiment situé à droite de Ia porte d'entrée du fort.
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présentement réduit, et où je passerai tout l'hiver, jusqu’à ce qu’il vous plût nous donner les moyens de pouvoir faire continuer ce que nous avions entrepris. Mais enfin je songeai que si vous trouviez quelque chose à redire à cet expédient, la faute en retomberait également sur nous deux, et que peut-être l’année prochaine serait un temps plus favorable pour vous donner lieu de rétablir ces fonds, comme je vous en supplie instamment.”?
L’aunée suivante, le 2 novembre 1695, le vieux gouverneur écrit à M. Delagny ces lignes plus familières, où il exprime l’espérance d’obtenir un changement de position : ‘Je n’ai pas manqué de faire de grands remerciements à Monsieur de Pontchartrain des fonds qu'il a encore faits pour le Château de Québec et de la continuation de ma gratification. Quoique éloigné et presque devenu sauvage, je ne le suis pas encore assez pour ne pas voir que, dans un temps comme celui-ci, c’est avoir fait le Pont neuf. Je lui demande, comme vous me le conseillez, une continuation our l’achèvement du Château de Québec, et il n’y aurait point de regret s’il pouvait voir de quelle manière largent y a été employé ; car assurément les gouverneurs qui viendront après moi devront m'avoir quelque obligation de leur
laisser un logement aussi commode que celui qu’ils trouveront. Il ne faut pas laisser néanmoins d’en jouir le plus longtemps qu’il se
4 pourra et jusques à ce qu’il lui plaise me 4 procurer quelque autre établissement plus
honorable et plus solide, comme il me fait entrevoir que je puis l’espérer.”
Frontenac avait alors près de soixante et quiuze ans. Il devait mourir trois aus plus tard, loin de sa famille et de la France, mais chéri des Canadiens et laissant un grand nom ï dans l’histoire du pays qu’il avait sauvé et longtemps gouverné, sans en avoir fait cependant sa patrie d’= ,-19n.
On lit dans u:.e chronique de 1698 : “ Cette : même année, le 28 noveinbre, M. le comte de : Frontenac décéda sur les trois heures aprèsmidi, "uni de tous les sacrements et dans des senti: .ents très chrétiens, ayant eu l'esprit présent et le jugement sain jusqu’à la mort”? 1,
1—A la date de 1707, le duc de Saint-Simon dit dans ses Mémoires : “ Mourut aussi Madame de Frontenac dans un bel appartement que le duc de Lude lui avait donné à l’Arsenal, étant grand-maître de l’Artillerie. Elle avait été belle et ne l’avait pas ignoré. Elle et Mademoiselle d’Outrelaise, qu’elle logeait avec elle, donnaient le ton à la meilleure compagnie de la ville et de la cour. On les appelait les Divines. En effet, elles exigeaient l’encens comme des déesses, et ce fut
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Le premier gouvernement de M. de Frontenac (de 1672 à 1682) fut déplorable à certains points de vue. Le comte, ‘ homme fort du monde et parfaitement ruiné,” comme disait le due de Saint-Simon, était despote et cassant à l'extrême, et il employa plus d’une fois son autorite 4 entraver l’action bienfaisante des meilleurs amis des colons et des sauvages. Scn deuxième gouvernement (de 1689 à 1698) en fit l’idole du peuple et le porta lui-même à l'apogée de sa gloire.
Les Récollets de Notre-Dame-des-Anges avaient recu de Louis XIV, en 1681, le don
toute leur vie à qui leur en prodiguerait. Mademoiselle d'Outrelaise était morte il y avait longtemps. C'était une demoiselle du Poitou, de parents pauvres et peu connus, qui avait été assez aimable et qui perça par son esprit beaucoup plus doux que celui de son amie, qui était impéricuse. Celle-ci (Madame de Frontenac) était fille d’un maître-des-comptes qui s'appelait Lagrange-Trianon. Madame de Frontenac était excessivement vieille et voyait encore chez elle force bonne compagnie. ?”
On comprend le peu d’attraits quele pauvre château Saint-Louis devait offrir à une femme ainsi accoutumée aux raflinemnents de la civilisation : aussi ne vint-elle jamais en Canada.
Il existe au palais de Versailles un tableau représentant une Minerve que l’on dit être un portrait de Madame de Frontenac.
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d’un emplacement occupé antérieurement par la Sénéchaussée, en face du fort Saint-Louis, et "A , » ) y avaient établi une succursale de leur monas-
| tère que l’on appelait : ‘‘ le couvent du Château”. | En 1693, Monseigneur de Saint-Vallier
ayant obtenu de l’Hôtel-Dieu un essaim de religieuses pour fonder un ‘ hôpital général ” à Notre-Dame-des-Anges, les RCcol'ets cédèrent leur établissement des bords de la rivière Saint- Charles, et le ‘“ couvent du château ” devint leur unique établissement à Québec. C’est à cette époque que fut construite la belle église des Récollets que Charlevoix disait être “ digne de Versailles ?” et qui couvrait un espace dont les bornes est et ouest seraient aujourd’hui le centre du haut de la place d’Armes et l’extrémité est du terrain occupé par le palais de justice. Elle était ornée de vitraux coloriés et de beaux tableaux dus au pinceau du célèbre frère Luc. La flèche de son clocher, que respectèrent les obus en 1759, était d’une pureté de lignesadmirable. Le premier couvent était tout auprès ; le deuxième, —construit après 1700,—était « ntigu à l’église.
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Frontenac, qui avait le titre de “ syndic | général ” ou “ coadjuteur ” des Récollets, et LL: qui, chaque année, faisait une retraite au monas- k tère des bons religieux, fut enterré dans cette
églisé dont il avait de plus d’une manière favorisé l'érection. Il en fut de même de ses successeurs le chevalier Louis-Hector de Callièrés, le marquis Philippe Rigaud de Vaudreuil et le marquis Jacques-Pierre de Taffanel de la Jonquière, morts, eux aussi, au château Saint-Louis 1.
Ainsi qu’on a pu le voir dans les pages qui précèdent, les deux premiers forts Saint-Louis, À Québec, furent construits successivement par Champlain ; le troisième fut construit, en pierre, par Montmagny ; le quatrième, également en pierre, mais plus spacieux, par Frontenac.
1— Après l'incendie de l’église des Récollets (6 septembre 1796), les restes de Frontenac, de Callières, de Vaudreuil et de la Jonquière furent recueillis et transportés dans les caveaux de la cathédrale, aujourd’hui la basilique Notre-Dame de Québec, où ils reposent encore. Une tablette placée, en 1890, sur un des piliers de la basilique, près la chapelle Notre-Dame-de- Pitié, porte l'inscription suivante :
‘A la mémoire de quatre gouverneurs de la Nouvelle- France dont les restes, d’abord inhumés dans l’église des Récollets, furent transportés en sept. 1796 dans cette église :
“ Louis de Buade, Comte de Frontenac, mort à Québec le 28 rov. 1698.
“ Hector de Callières, Chevalier de Saint-Louis,dé: 16 le 26 mai 1708.
“Philippe Rigaud,Marquis de Vaudreuil,Grand-Croïx