‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 27 sur 78 · ELU · texte numérisé non relu

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Intérieur du Fort,

à jeter dans l’ombre l’historique fort Saint-

Louis, et l’importance de celui-ci se concentra bientôt presque exclusivement sur le château, résidence officielle du gouverneur-général, cen-

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tre d’où partaient pour tous les points d’un pays presque aussi vaste que l’Europe entière» les ordres émanés de Versailles et de la cour du roi très-chrétien.

Voici la description du fort Saint-Louis que donne Bacqueville de la Potherie dans son ouvrage intitulé : Histoire de l Amérique septentrionale depuis 1534 jusqu’à 1701 :

‘ Le Château ! est sur le bord d’une grande côte, escarpée de trente toises. Il est irrégulier dans sa fortification, ayant deux bastions du côté de la ville, sans aucun fossé, La maison du gouverneur-général est de cent vingt pieds de long, au devant de laquelle est une terrasse de quatre-vingts pieds qui a la vue sur la basseville et sur le canal. Ce bâtiment est fort agréable, tant pour ses dedans que pour ses dehors, à cause des pavillons qui forment des avant et arrière-corps. Il est à deux étages ; il y manque encore un pavillon de trente-trois pieds de long.

“ Il y a une batterie de vingt-deux embrasures à côté de cette maison, partie dans l’enceinte et partie au dehors, qui commande la basse-ville et le fleuve. A quatre cents pas

; 1—Le mot Chéteau est pris ici dans l’acception du mot Fort.

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au dessus est le Cap au Diamant, de quatrevingts toises de haut, sur lequel est une Redoute qui commande le Fort, la haute-ville et toute-la campagne.”

“ Ce Cap, continue La Potherie, est rempli

de diamans dans ses rochers. Il y en à d’assez beaux, et s'ils avaient la fermeté du vrai diamant, on s’y tromperait aisément. Au dessous du Cap, en tirant au nord-ouest à l’extrémmité de la haute-ville, est un cavalier revêtu :e pierre, sur lequel on peut mettre plusieurs pièces de canon, qui commandent la campagne, dans le milieu duquel est un moulin. Ona fait un nouveau bastion qui met la ville à l'abri de l’insulte des ennemis.

‘ Le gouverneur-général a douze mille francs d’appointements, trois mille en qualité de gouverneur particulier, et autant pour le fret deses provisions qu’il fait venir de France.

IL à huit mille sept cent quarante-huit livres pour sa compagnie des gardes, composée d’un Capitaine, d’un Lieutenant, d’un Cornette et de dix-sept Carabins.

“ La garnison du Château, que les Fermiers du Canada entretiennent, est composée de deux Sergents et de vingt-cinq Soldats. Ils ont trois mille sept cent soixante et dix livres et quatre

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cent quatre-vingts livres pour leur bois et leurs souliers.” Le chiffre de la garnison du fort était à peu près le même trente-cinqg ans auparavant, comme on peut le voir par le curieux document suivant, extrait des délibérations du Conseil Souverain de Québec du 2 juin 1665 :

« Sur LA REQUÊTE présentée À ce Conseil par Antoine le Boesme dit la Lime, tendante à remontrer qu’il y a vingt-cinq ans qu’il sert le Roy en la charge de Canonnier dans le fort Sainct-Louis de Québeck, que le jour de la feste de Notre-Dame dernière, ayant esté pour | tirer le canon suivant le commandement qui

lui en fust faict, et après avoir tiré s’estant mis en devoir de recharger le dit Canon après l'avoir tiré, il n’eust pas sytost mis la cuiller et la poudre à l'embouchure que le dit Canon, qui estoit chambré, prist feu, et quoiqu'il eust ; passé l’escouvillon dedans, tira et jeta le sup- | pliant à la renverse, luy brusla sa chemise, | une partye du ventre, et luy emporta le poulce et le doigt mitancier, luy brisa et disloca les autres et lui estonna tellement ia main, le bras, les nerfs et les artères, qu’enfin il est demeuré L | estropié le reste de ses jours, en sorte qu’il ne ÿ | peult plus travailler de son métier d’armurier ni gaigner sa vye, requérant qu’il plaise au

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Conseil luy ordonner pension, que ses gaiges luy soient payéz toute sa vye, qu’on lui donne paye de Soldat dans la dicte garnison et que le Chirurgien soit payé aux dépens du Roy. LE Coxsetz, veu les conclusions du Procureurgénéral du Roy, à ordonné que les gaiges de canonnier qu’il avoit luy seront continuez, et qu’en oultre qu’il luy sera payé la somme de trois centz livres tous les ans, à la charge d’entretenir les armes de la garnison du Chôteau Sainct-Louis À raison de trente hommes. et de mettre en estat et entretenir toutes celles qui sont dans les Magazins du dit Fort. Et pour le récompenser de ses pansementz et medicamentz, le dit Conseil, veu les conelusions du Procureur-général du Roy, luy donne un habit des effets du Roy que le sieur Damours, Conseiller, luy donnera faict quant à habit, dequoy sera tenu compte rapportant 1a présente et quittance ” 1,

Avant cette nomination d'Antoine LeBoesme

comme armurier du Fort, le sieur Gondoüin.

avait été nommé gardien des munitions de la place. On lit dans le compte-rendu des délibé-

rations du Conseil Souverain du 2 avril 1664 :

1— Antoine Le Boesme dit La Lime mourut l'année suivante, Il fut inhumé à Québec le 23 avril 1666.

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