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Extrait d'une lettre de MM. de Vaudreuil et Bégon, du 14 octobre 1728.
‘“ Le pavillon du sud-ouest du château de Québec sera achevé. M. Chaussegros a attendu les 5,000 livres ordonnées pour finir cet ouvrage et les ardoises que le Chameau a apportées.
“ Il est entièrement couvert. ”
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106 LE FORT ET LE CHATEAU SAINT-LOUIS Extrait d’une lettre de.M. Bégon, du 2 novembre 1724.
‘ II (M. Chaussegros) nous a remis aussi les plans et élévations du Château Saint-Louis de Québec, Le nouveau pavillon y est marqué en rouge ; il a coûté, en y comprenant la couverture en ardoises, 23,000 livres ; il n’y a eu de fonds envoyés pour ce pavillon que 12,000 livres ; il reste à remettre, l’année prochaine 11,000 {. et 8,570 {. 14 s. 10 d., pour les réparetions de cette année. ”
Extrait d'une lettre de MM. de Beauharnoïs et Dupuy, du 20 octobre 1726.
‘ À l'égard du magasin à poudre dont MM. de Vaudreuil et Bégon avaient eu l'honneur de vous parler et de vous envoyer l’état estimatif du sieur de Léry, ingénieur, joint au plan de ce magasin projeté à l'endroit des nouvelles fortifications !, nous pouvons dire, Monseigneur, que s’il y a quelque dépense instante et nécessaire ici, c’est celle-là. Le lieu où la poudrière est placée est aussi dangereux pour les poudres qu’il l’est pour le château et pour la ville, n'étant qu’à neuf toises de la boulangerie et à sept tout au plus d’un corps de garde d’un seul étage de
1—Le Cap Diamant.—E. G.
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DOMINATION FRANÇAISE 107 dix pieds de hauteur seulement et dont, par conséquent, les cheminées sont si basses que les étincelles en sortent toujours dans leur éclat. Le feu y prit ces jours passés, et la conséquence d’un pareil accident est si grande que, s’il eût duré, personne n’eût voulu le secourir, et que si la poudrière venait À sauter, il ne resterait rien du château, qui, étant à pic sur le rocher, accablerait la basse ville et les vaisseaux qui seraient dans la rade. ”
Extrait d'une lettre de MM. de Beauharnoïs et Hocquart, du 19 octobre 1730.
‘ Monseigneur,
‘ La nécessité qu’il nous paraît y avoir d’établir un concierge dans le Château Saint-Louis de cette ville, nous fait prendre la liberté de vous en faire la deinavde sur la représentation qui nous à été faite que lors du départ du Sieur de Beauharnoïs pour se rendre à Montréal où les affaires l’appellent tous les ans, qui amène avec lui tout son monde, le château n’est gardé que par une femme qui ne peut veiller à tout ce qui sy passe, et il s’y commet des vols de serrures, croisées et autres choses portatives que des personnes emportent sans que cette gou-
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vernante en ait connaissance, ou qui se brisent faute d’avoir quelqu'un pour en prendre soin.
“ Le Sieur de Chaïmazure, dont la vigilance ct la probité nous soc connues, offre de se charger de cette maison si vous agiéez, Monseigneur, de le faire employer sur les Etats pour la somme de deux cents livres, qu’il demande pour ses peines et soins et pour veiller exactement à ce qu’il ne soit emporté, ni dissipé aucune chose du château. Nous estimons que $ ce qu’il en coûte à réparer les désordres tous 6 les ans, excède cette somme.”
Reprenons le récit sommaire de quelques-uns des événements qui suivirent la signature du
traité d’Utrecht. 1 M. de Vaudreuil passa en France en 1714, ; et en revint en 1716 !. À son arrivée à Québec, 4
il était tellement malade qu’il dut se faire transporter à l’Iôtel-Dieu, où il reçut les soins : : les plus empressés. Quelques semaines plus 4 Î tard, il se rendait au Château Saint-Louis et il y annonçait officiellement la mort de Louis XIV et l’avènement au trône de son arrière-petit-fils
M 1—Ce fut M. Claude de Ramezay, gouverneur de | . 0 Montréal, qui remplit les fonctions de gouverneur- 4 général pendant l’absence de M. de Vaudreuil. L
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DOMINATTON FRANÇAISE 109 |
Louis XV, de néfaste mémoire, alors Âgé de moins de six ans.
Louis XIV avait vu disparaître de la scène du made la plupart des hommes illustres et des brillants génies qui avaient jeté tant d’éclat sur son règne, Les années de malheur qui sanctifièrent sa vieillesse le firent grandir encore dans l’estime de ses contemporains et de la postérité ; il vit son royaume affaibli, mais ne perdit rien de sa sereine et incomparable majesté : ‘ c’était une colonne restée debout au milieu des ruines.”
On lira sans doute avec intérêt les lignes suivantes, écrites ou dictées par une Canadienne, —la Mère Juchereau de Saint-Ignace,—en 1716, à l’occasion de la mors du grand roi :
“ Les premiers vaisseaux qui arrivèrent en 1716 nous apprirent le déces du roi Louis XIV, mort à Versailles le ler septembre 1715, âgé de 77 ans, après le plus beau, le plus glorieux et le plus long règne que l’on ait vu. Il était tombé malade le dix d’août ; sa maladie augmenta de telle sorte .e, le 23, il demanda les Sacrements, qui lui furent administrés par M. le Cardinal de Rohan, grand aumônier de France ; il les recut très dévotement, formant de fervents actes de foi, d’humilité, de contrition et de confiance. Ce Monarque ne parut
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jamais plus grand que lorsqu’on lui annonça le
danger où il était ; bien loin de s’effrayer de ce
qui alarmait tous ses sujets, il répondit qu’il y
avait plus de dix ans qu’il pensait à mourir en | Roi chrétien, et témoigna une fermeté et une conformité à la volonté de Dieu admirables pendant quelques jours. Il donna plusieurs ordres avec une parfaite tranquillité : ce grand Roi approchant de sa fin, fit appeler tous les Princes et toutes les Princesses du sang, leur parla d’une manière fort touchante, loua ce qu’il y avait remarqué de bon, et les exhorta à { la vertu avec des termes si pressants, si tendres | que chacun d’eux fondait en larmes ; on fit 3 entrer la Duchesse de Ventadour, avec le Dauphin dont elle était gouvernante ; elle le plaça à genoux au pied du lit du Roi, qui lui donna sa bénédiction, et qui ensuite le fit asseoir sur son lit, et lui recommanda ses peuples avec beaucoup d’affection, et lui donna plusieurs é avis pour les bien gouverner, et accompagna : son discours de tout ce qui pouvait les graver | dans le cœur et dans la mémoire de ce jeune | Prince, qui aussi l’écouta avec une grande attention, et d’un air si touché que, quoiqu'il n’eût que cinq ans et demi, il montra que sa h raison devançuit son âge. Il regarda toujours | fixement le Roi, et sans jeter auenn cri, les
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larmes tombaient de ses yeux. Après qu’il eut reçu les instructions nécessaires, on craignit que sa présence n’attendrît trop cet illustre mourant, qui paraissait seul paisible dans un temps où la consternation saisissait tous les assistants ; on remporta le Dauphin, et le Roi ne pensa plus qu’à mourir. Il s’entretint dans ces bons sentiments, et conserva une parfaite counaissance jusqu’à la nuit qui précéda son décès. Son corps fut exposé plusieurs jours avant d’être porté à Saint-Denis où il fut enterré : ses entrailles furent portées à Notre- Dame de Paris, et son cœur donné aux Jésuites de la Maison professe à qui Louis XITT avait aussi donné le sien. Dieu avait préparé à la mort ce grand Prince par des afHictions bien
-cuisantes, les dernières années de sa vie, d’au-
tant plus sensibles qu’il n'avait eu que des succès et des prospérités jusqu'alors ; il vit mourir les plus fermes appuis de sa Couronne, lespérance de la France et l'ornement de la Cour, Monseigneur le Dauphin son fils, un second Dauphin très vertueux, son petit-fils, avec la Dauphine son épouse, dont l'esprit agréable et brillant fâisait ses délices, deux autres Princes, ses arrière-petit-fils, et M. le Duc de Berry. Ses armes qui, de tout temps, avaient été victorieuses, eurent le dessous en
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plusieurs occasions. Il perdit des batailles considérables, et après avoir été regardé comme le plus grand Roi du monde, qui avait toujours
accordé la paix à ses ennemis aux conditions :
qu'il voulait, il se vit obligé, pour terminer une guerre qui accablait son peuple, de signer un traité désavantageux. Il est vrai que, dans ses malheurs, son courage ne fut point abattu. Il reçut ces adversités comme les châtiments de ses péchés, et avant qu’elles lui arrivassent, il avait paru les désirer, disant qu’il avait remarqué que tous les pécheurs à qui Dieu voulait faire miséricorde, passaient par des tribulations qu’il n’éprouvait point, et que cela Jui donnait de la crainte. Mais dans la suite, il eut l’avantage d’être affligé et de profiter de ses peincs. Ainsi il couronna ses glorieuses actious par la pratique de lhumilité, de la patience et de la résignation ; et par là, il se rendit plus grand devant Dieu qu’il ne l'avait
été devant les hommes. Jamais Prince ne fut
plus digne de régner. Il avait reçu de Dieu des qualités toutes royales. Il méritait et s’attirait l’amour et le respect, non seulement de ses sujets, mais de tous les étrangers...
Je ne crois pas qu’on me sache mauvais gré d’avoir rapporté un peu en détail les circonstances de la mort de Louis-le-Grand...L’estime
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que l’on conserve pour sa mémoire dans cette communauté, qu’il a honorée de ses bienfaits, me fait juger que l’on aura autant de plaisir d’en entendre parler que j’en ai de l'écrire.”
L'année 1721, dit M. Garneau, vit naître en Canada une institution importante, les postes et messageries pour le transport des lettres et des voyageurs. ‘“ L’intendant Bégon accorda à M. Lanouiller le privilège de tenir les postes pendant vingt années entre Québec et Montréal ; il lui imposa en même temps un tarif gradué sur les distances. Le pays n’avait pas encore eu d'institutions postales ; 1l n’a pas cessé d’en jouir depuis ” 1,
De concert avec Monseigneur de Saint- Vallier, deuxième évêque de Québec, M. de Vaudreuil s’occupa à fixer les bornes des circonscriptions ecclésiastiques de la colonie et à créer définitivement cette forte organisation paroissiale—religieuse et civile—qui a été le rempart par excellence de la nationalité franco. canadienne aux jours d’épreuve qui suivirent la capitulation de Montréal (8 septembre 1760) et la signature du traité de Paris (10 février 1763). Le pays, déjà partagé en trois gouver-
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1—On peut aujourd’hüi envoyer une lettre d’une once de Halifax à Victoria-—distance de douze cents lieues—pour la très minime somme de trois sous,