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“ Inscription trouvée le 15 mai 1806, sur la première pierre de l’angle sud-est de l’ancien Château Vaudreuil, à Montréal,employé comme premier Collège de cette ville, du 1er octobre 1773 au 6 juin 1803, (alors) qu'il fat détruit par le feu.
6€ CETTE PIERRE * À ESTÉ POSRE * pAR * DAME * Lovise-ELisABerTH * JOVABERE * FFMME *% DE * Havr * gr PVISSANT * SEIGNEVR * Puicrppe De Riaavp * CHEvALIER * Marquis * DE VAVDREVIL * GRAND * Croix * DE * Sr-Lovis * GOvVERNEVR * LIEVTENANT *% GENERAL * PovR * LE Rot * DE * TOVTTE * LA * NovveLre * FRANCE * SEPTENTRIO- NALE * EN 1723 * Le 15 May * — Sepr Maison Y APPARTIEN * a Monsieve * Le * MarQvis * DE * V'AVDREVIL * ”
Madame Philippe de Vaudreuil atteignit l’âge de soixante-six ans et demi. ‘ Elie fit son testament le 19 janvier 1740, et mourut à Paris peu de jours après,.dans le même mois ” !,
Vers les premiers jours de l’automne de 1708, la sentinelle du fort Saint-Louis présentait les
1—D'Hozier, Armorial de France, volume VI, page
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armes à un religieux de la Compagnie de Jésus, qui se dirigeait vers le château. Le Père Bigot, un des plus zélés missionnaires de l’Acadie, ; | venait rendre compte au marquis de Vaudreuil de l’heureux résultat de démarches commencées depuis déjà plusieurs années pour tirer des mains des Abénaquis une jeune Anglaise, une enfant de onze ans, Esther Wheelwright,enlevée | à ses parents dans une journée de carnage, et qui, depuis lors, avait partagé les misères d’une famille sauvage qui l’avait adoptée. Le missionnaire avait aperçu un jour sa blanche figure | au milieu d’un groupe de petits Abénaquis, et avait fait connaître sa captivité à sa famille, qui habitait le voisinage de Boston.
M. de Vaudreuil s'était occupé activement du rachat de cette enfant. Il lui donna asile au château Saint-Louis et voulut la traiter comme un membre de sa famille. Madame de Vaudreuil la prit aussi en affection, et, comme elle comptait partir dans quelques mois pour la France, elle résolut de la placer chez les Ursulines avec sa fille, Marie-Louise de Rigaud, âgée de près de huit ans. Le journal ou registre des Ursulines du 18 janvier 1709, contient la note suivante : ‘ Madame la Marquise nous a 1 donné une petite Anglaise pour pensionnaire.
| Elle paiera 40 écus. ”
DOMINATION FBANÇAISE 123
Esther Wheelwright appartenait à une excellente famille et était admirablement douée, au physique et au moral. Elle sc fit religieuse chez les Ursulines de Québec le 12 avril 1714, et prit le nom de Mère de }’Enfant-Jésus., Sa mère ne la revit jamais ; elle se déclara satisfaite de la savoir heureuse et se contenta de lui écrire des lettres pleines de tendresse et de Ini envoyer de riches cadeaux.
M. de Vaudreuil, par égard pour la famille de la jeune fille, ne voulut pas d’abord prendre la responsabilité d'autoriser l’entrée en religion de Mademoiselle Wheelwright. Ne pouvant la confier à personne pour la conduire à Boston, il la garda auprès de lui, avec ses propres enfants, de 1710 à 1712, année de son entrée au noviciat.
La. jeune étrangère dont l’enfance avait été si tourmentée désirait ardemment vivre de la vie calme du cloître ; aussi fit-elle une religieuse modèle. Ses parents de la Nouvelle-Angleterre eurent à plusieurs reprises, des rapports pleins de cordialité avec les Ursulines. Un de ses neveux vint même à Québec pour y voir sa légendaire parente. On lui donna la permission d’entrer dans le cloître, et la pauvre petite prisonnière des Abénaquis, devenue religieuse professe et captive volontaire, put s’enquérir à loisir de tout ce qui concernait sa famille.
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On lit das l'Histoire du monastère des Ursulines de Québec, vol. ITT, p. 46.
‘ Une autre fête, que les circonstances rendirent publique, fut celle du 12 avril 1764, ‘ jour où notre révérende Mère Supérieure, la ‘ Mère Esther Wheelwright de l’Enfant-Jésus, ‘“ renouvelait ses vœux de cinquante ans de ‘“ profession entre les mains de M. Briant, “ vicaire-général du diorèse vacant, et notre . “ très-digne supérieur, Rien ne manqua à la ‘* solennité ; M. Resche, notre très-digne confes- ‘“ seur, joua de l’orgue, et l’on chanta plusieurs ‘“ motets pendant la sainte messe. M. Récher, “de son côté, nous favorisa d’un très-beau ‘ sermon sur le bonheur de la vie religieuse. ‘ Le Te Deum se chanta à l’issue de la messe, ‘et nous eûimes le soir la bénédiction du Saint- ‘ Sacrement... .”
‘“ Cette bien-aimée jubilaire était la première supérieure anglaise de notre maison, et, par une singulière coïncidence, elle entrait en charge au mois de décembre 1760, précisément à l’époque où la domination anglaise s’établissait en Canada. Cette vénérée et chère Mère, qui devait tant à l'hospitalité française, semblait dire que le mélange des deux races r’altérerait jamais en rien la charité, et que si, d’un côté, le monastère restait toujours profondément
français, il saurait, de l’autre, apprécier le mérite des filles d’Albion. ”
La révérende Mère Esther Wheelwright de l'Enfant-Jésus vivait encore en 1775. Elle avait alors soixante-dix-huit ans.
La quatrième châtelaine du fort Saint-Louis fut Madame la marquise Pierre de Vaudreuil- Cavagnal, née Fleury de la Gorgendière, femme du dernier gouverneur du Canada sous le régime français.
Elle était fille de Jacques-Alexis Fleurv de la Gorgendière et de Dame Marguerite de Chavigny. Née le 20 janvier 1683, ondoyée par le Père Exupère, récollet, le 12 mars suivant, elle fut présentée à l’église paroïssiale de Québec, pour les cérémonies du baptême, le 20 avril de la même année. A l’âge de vingtet-un ans (le 15 juin 1704), elle épousa, en premières noces, à Montréal, François LeVerrier, seigneur de Rousson, capitaine d’une compagnie du détachement de marine de la colonie, et en eut deux enfants : Louis, né le 7 avril 1705, qui embrassa la carrière militaire et suivit sa mère et le marquis de Vaudreuil en France après la conquête ; et Jacqueline-Marguerite,
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née le 1er juillet 1706, qui épousa Jean-Paschal Soumande le 3 sentembre 1726 !,
Francois LeVerrier étant mort, à Québec le 6 novembre 1732, sa veuve épousa le marquis Pierre de Vaudreuil-Cavagnal, (fils du marquis Philippe de Vaudreuil et d’Elisabeth de Joybert), qui devint gouverneur-général de la Nouvelle-France en 1755 2,
1—De ce dernier mariage naquit Anne-Marguerite Soumande, qui épousa en premières noces Joseph Coulon de Jumonville (11 octobre 1745) et en deuxièmes noces Pierre Bachoie de Barante (15 décembre 1755),— deux militaires.
Le marquis et la marquise Pierre de Vaudreuil furent présents au mariage de Pierre Bachoie de Barante avec la jeune veuve de Jumonville, née Soumande, potite-fille de la marquise, et ils signèrent à l'acte qui en fut dressé aux régistres de la paroisse Notre-Dame de Montréal, On lit dans cet acte, portant la date du 15 décembre 1755, que le mariage fut célébré à Montréal, “ en présence de haut et puissant seigneur Pierre de Rigaut, écuyer, seigneur de Vaudreuil et autres lieux, gouverneur-général de toute ia Nouvelle- France, chevalier de l’ordre militaire de Saint-Louis, de Lame Charlotte de Fleury de la Gorgendière, évouse du dit Seigneur de Vaudreuil, AYEULE DE L'ÉPOUSE La signature de la marquise, au bas de cet acte, se lit : Fleury Vaudreuil.
2æFrançois-Pierre Rigaud de Vaudreuil, connu sous le nom de ‘“ monsieur de Rigaud,” frère du dernier gouverneur de la Nouvelle-France, épousa, le 2 mai