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Le savant botaniste se laisse gagner par l'enthousiasme en parlant des environs de Québec ot des plateaux de Lorette, de Charlesbourg et de Beauport, couverts d’une admirable végétation. ‘“ Les hautes prairies, en Canada, sont excellentes, dit-il, et de beaucoup préférables À celles des environs de Philadelphie et des autres colonies anglaises. Plus j'avance au nord, plus elles sont belles, et plus le gazon en est riche et fourni. ”
Il y a loin de ces aflirmations à ce que Voltaire écrivait à M. de Moncrif, le 27 mars 1757 : %,,..0n plaint ce pauvre genre humain qui s’égorge dans notre continent à propos de quelques arpents de glace en Canada. ” 1
Les habitants des campagnes canadiennes avaient toujours sur les lèvres quelques chansons des vieilles provinces de France. Ils vivaient de peu, étaient ingénieux, hardis, honnêtes, d'humeur joyeuse. Ils avaient le
culte de la mère-patrie et servaient le roi avec .
un désintéressement, une bravoure, une loyauté qui ne se démentirent jamais. Kalm dit que les habitants du voisinage de Québec appor-
1—-Lire, à ce sujet, le mémoire de M. Joseph Tassé publié par la Société Royale du Canada et intitulé : Voltaire, Madame de Ponvpadour et Quelques Arpents de Neige. (1892) —.E. G.
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taient à là ville presque tous les produits de leurs terres, ne réservant pour eux que ce qui était strictement nécessaire à leur subsistance. Pourtant, remarque-t-il, ils sont gais. Dansles communautés religieuses de Québec et de Montréal, dont le voyageur suédois parle avec sympathie, quoique protestant, vivait aussi une population pauvre mais gaie. En somme, la colonie de la Nouvelle-France, pauvre encore
| dans un sens absolu, était à l’aise dans un sens L relatif. Les penseurs qui comptent le ‘“ renoncement ” comme un facteur important dans la condition économique d’un peuple ont raison.
e Une grande partie des habitants de la ville
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de Québec étaient nés en France ou apparte- 3 naient à des familles récemment établies dans à la colonie. Ë
Encore quelques citations empruntées au Voyage dans l'Amérique du Nord :
‘,,.... La différence entre les manières et les coutumes des Français de Montréal et du Canada et celles des Anglais des colonies américaines est la même qui existe entre ces deux nations en Europe. Icï, les femmes, en général, sont belles ; elles sont bien élevées et vertueuses, et ont un laisser-aller qui charme par son innocence même, et prévient en leur faveur, Elles s’habillent beaucoup le dimanche, mais les