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de l'Ouest et du Sud-Ouest de la colonie, Il nourrissait de vastes projets, dont l’un était de faire veuir dix mille paysans français pour les établir au pays des [linois, afin d'y affermir la frontière des Apalaches ou Alléghanys, plus spécialement menacée par la colonie virginienne, Le gouverneur intérimaire !? voulait par ce moyen permettre à la France d'étendre sa puissance sur les vallées de lOhio et du Mississipi et garder libre la communication avec la Louisiane. Ses idées touchant lopportunité d'assurer la domination française sur les régions du Sud-Ouest furent accueillies avec faveur par la cour de Versailles ; mais le projet de colonisation qui devait en être le corollaire fut mis de côté. Le plan de M. de la Galissonnière tel que poursuivi par M. de la Jonquière et M. Duquesne de Menneville, ne fut plus qu’une politique militaire et commerciale fort risquée. On éparpilla les forces de la colonie lorsqu'il eût fallu les concentrer, et l’on sobstina dans cette voie imprudente alors que la marine française était ruinée et que la France elle-même était aux prises avec les Allemands dn Nord.
1—-M. de la Galissonnière remplaçait M. de la Jonquière, fait prisonnier par les Anglais. M. de Ia Jonquière vint prendre son poste, à Québec, en 1749, en vertu de sa comruission datée de 1746.
172 LE FORT ET LE CHATEAU SAINT-LOUIS Mieux eût valu s’en tenir à la politique de colonisation graduelle, “ de proche en proche,” qui était celle de Louis XIV et de Colbert 1.
Rappelé en France en 1749, pour prendre part aux travaux de la commission des frontières, M. de la Galissonnière quitta Québec le 24 septembre de la même année. Nous le retrouvons en 1756, non loin de l’île Minorque dans un combat où il défait l’amiral anglais Byng, et se couvre de gloire.
Dans tous ses voyages aux colonies françaises, M. de la Galissonnière distribuait des graines de plantes utiles et en rapportait d’autres pour les faire semer dans le vieux sol de France. Il avait, dit M. Léon Guérin, ‘* l'âme aussi belle que son extérieur était eontrefait. Petit de taille et bossu de corps, ïl était droit de cœur et grand d’esprit. ”
M. de la Galissonnière mourut à Nemours le 26 octobre 1756, peu de temps après le combat naval de lîle Minorque. Le marquis de la Jonquière, qui le remplaça dans le gouvernement de Ja Nouvelle-France, s’occeupa, lui aussi,
1—L'intendant Bigot favorisa cette politique aventureuse de l'Ohio, où il y avait pour lui ou ses amis des bénéfices à réaliser ; le baion Le Moyne de Longueuil, qui remplit 1a charge d'administrateur de la
colonie avant l’arrivée du marquis Duquesne, y était, au contraire, fortement opposé.
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