‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 54 sur 78 · IT, CRAMAHÉ · texte numérisé non relu

IT, CRAMAHÉ

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(De la Gazetle de Québec du 16 août 1764.)

‘ Vendredi, le 10 du courant, les Lettres Patentes du Roy, nommant et établissant l’'Honorable Jacques Murray, Ecuyer, Capitaine-Général et Gouverneur en Chef pour Sa Majesté de La Province de Québec et Vice- Amiral d’icelle, ont été lues devant une assemblée bien nombreuse, dans la place, devant le Château de Saint-Louis de Sa Majesté, où les troupes se trouvèrent sous les armes ; après quoy on y fit tirer le canon des remparts, et les vaisseaux de guerre qui sont dans la rade y répondirent, ainsy que les régiments qui sont en garnison, par des vollées de mousqueterie, et le jour finit avec les réjouissances ordinaires et toutes les marques d’un contentement général. ”

Peu de temps après, Murray entrait au Château pour y résider. Si la gloire peut compter pour quelque chose dans le bonheur d’un homme, il dut se sentir aussi heureux que fier de pénétrer en maître dans cet édifice habité jadis par tant d’hommes illustres au.

quels il avait été appelé à succéder.

On s’est demandé où le gouverneur avait demeuré immédiatement après la conquête et avant la restauration du Château. L'annonce

232 LE FORT ET LE CHATEAU SAINT-LOUIS que voici, publiée dans la Gazette de Québec du 1er novembre 1764, donne la réponse à cette question :

‘ JosEPH ARNOUX,

‘ Au nom et comme fondé de procuration de le veuve Arnoux, sa belle-sœæur, annonce au public

‘ Que la maison du Gouverneur 1 scise rue $t- Louis, à l’Ifaute-Ville, est À vendre, consistant en un corps de logis à rez-de-chaussée, composé d’une grande salle, quatre chambres, deux cabinets, une cuisine, un grenier avec différens appartemens logeables, un second grenier sans appartement, avec voûte d’un bout à l’autre, glaces, trumeaux, et les tableaux placés au dessus des portes, cour, hangar, écuries, remises, pigeonnier, glacière, citerne et jardin ; Le terrain sur le front de 102 pieds, et 135 pieds sur le derrière, sur 421 pds de profondeur, entouré d’une bonne muraille de pierre, le tout ainsy qu’il est et qu’il se comporte. Ceux qui voudront en faire l’acquisition se donneront la peine de s’adresser au dit Sieur Arnoux, chez Monsieur Saint-Germain, dans la rue Saint- Louis, où il demeure.”

1-—-La version anglaise dit : That the House in which His Excellency the Gfovernor lived.

Le premier document officiel daté du Château Saint-Louis, après la cession du Canada, fut publié dans la (Gazette de Québec du jeudi, 23 mai 1765. C’est une proclamation concernant la marine. Elle se termine comme suit :

‘ Donné sous mon seing et sous le Grand Sceau de la dite Province (de Québec), au Château de St-Louis, dans la ville de Québec, ce 18e jour de Mai dans l’année de Grâce mil sept cent soixante-cinq, et dans la cinquième

du Règne de Sa Mejesté (George IIT).

‘ JA : MUuRRAY.

‘ Par Son Excellence, “ J, Goldfrap, ‘ D. Sec.

“ Vive LE Ror ! ”

Le général Guy Carleton (plus tard Lord Dorchester), qui succéda au général Murray dans le gouvernement de la province, en 1766, avait pris part à la bataille des Plaines d’ Abraham, et était déjà avantageusement connu dans l’ancienne capitale de la Nouvelle-France. Il gouve:na la colonie de 1766 à 1770 ;--de 1774 à 1778 ;—puis (sous le nom de Lord Dorchester) de 1786 à 1791, et de 1793 à 1795. Il fut

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un de nos gouverneurs les plus populaires, et se montra constamment l'ami dévoué des Canadiens.

Lady Maria Carleton—Madame la Gouvernante, comme on disait sous l’ancien régime, — était fille du comte d’'Effingham. Elle parlait très bien le français, et savait donner un grand charme aux réceptions du Château. Ses trois jeunes fils et ses deux filles avaient les manières aimables de leu’ ; parents. Pendant le premier séjour de lady Carleton à Québec, Madame Johnston, parente du gouverneur, était une des habituées de la résidence vice-royale, où les anciennes familles des seigneurs canadiens et les officiers de la garnison tenaient à honneur de se rendre fréquemment.

Guy Carleton se rendit à Londres en 1770 !

et s’employa avec persistance à obtenir du Parlement anglais le fameux Acte de Québec de 1774, qui reconnaissait aux Canadiens le droit au libre exercice de leur religion, et cet autre droit, fort contesté, d’être régis par les anciennes lois et coutumes françaises en matière civile.

Henry Cavendish, dans son Rapport des débats sur le bill du Canada au Parlement de

1—De 1770 à 1774, les fonctions de gouverneur furent remplies par M. Cramalhié, président du Conseil.

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la Grande-Bretagne, en 1774, cite des discours dont voici quelques extraïîts fort importants :

Le procureur-général Edward Thurlow dit :

‘ Il est expressément stipulé (dans les capitulations) que tout Canadien aurait la pleine jouissance de toutes ses propriétés, particulièrement les ordres religieux des Canadiens, et que le libre exercice de la religion catholique romaine serait continué. Et le traité définitif de paix, si vous l’examinez bien, en ce qui regarde le Canada, par la cession du feu Roi de France à la Couronne de la Grande-Bretagne, a été fait en faveur de la propriété, en faveur de la religion, en faveur des différents ordres religieux.”

M. Edmund Burke s'exprime ainsi : “ Au Canada, vous avez un peuple professant la religion catholique romaine et en possession de biens légaler ent appropriés pour le soutien de son clergé. Le dépouiilerez-vous de cela ?.... Dans toutes les colonies conquises, la religion établie a été maintenue.”

Enfin Lord North, premier lord de la Trésorerie et Chancelier de lEchiquier, fait la déclaration suivante : “ Quant au libre exercice de leur religion, le bill qui est devant cette Chambre ne donne aux Canadiens rien autre chose que ce qui leur est garanti par le traité

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de paix en autant que les lois de la Grande- Bretagne peuvent le confirmer. Or, il n’y a pas de doute que les lois de la Grande-Bretagne permettent le très complet et très libre exercice d’une religion quelconque différente de celle de l'Eglise d'Angleterre, dans chacune des colonies !,

La pièce de vers que voici, où, sous des formes conventiounelles fort heureusement disparues de la littérature, brille une incontestable loyauté, fait voir les favorables dispositions que les bons procédés du gouverneu> Carleton avaient su faire naître au sein de la population franco-canadienne :

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Chantée au Château Saint-Louis par les Etudiants du Petit Séminaire de Québec, à l'Honorable Guy Carueron, Gouverneur Général du Canada, à la Feste que Son Excellence à donnée le 18 de ce moïs {janvier 1770), à l’oc-

1—En 1808, l'évêque anglican de Québec s'étant plaint que l’évêque catholique, Mgr Plessis, prenait le

titre d’évêque de Québec, ‘ Lord Castlereagh, ministre 4 des colonies, répondit que l’évêque catholique n’était

; pas un étranger et qu'il jouissait de tous les avantages

Î et de tous les droits attachés au titre de chef d’une Î religion qui était pratiquée librement en Canada sur { la foi du Parlement impérial.”

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casion de la naissance de lu Reine (Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, femme de George

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