‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 61 sur 78 · PE A A EM · texte numérisé non relu

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‘ En 1759, la population de Québec se montait à environ huit à neuf mille âmes ; à présent, y compris les faubourgs, elle est d’à peu près 18,000. Les édifices publics sont le château Saint-Louis, | Hôtel-Dieu, le couvent des Ursulines, le monastère des Jésuites, actuellement converti en casernes, les cathédrales protestante et catholique, l’église écossaise, l’église de la basse-ville, la maison de Justice, le séminaire, la nouvelle prison, et les casernes de l'artillerie ; il y a deux marchés, une place d'armes, une parade et une esplanade. De ces bâtiments, le château Saint-Louis étant l’objet le plus saïllant sur le sommet du rocher, mérite le premier d’être remarqué ; c’est un beau bâtiment de pierre, situé près du bord d’un précipice d’un peu plus de deux cents pieds de hauteur, et soutenu de ce côté par un ouvrage solide en maçonnerie, qui s'élève jusqu’à la moitié de l'édifice, et surmonté d’une galerie spacieuse fi d’où l’on a une vue très imposante du bassin, de | l'Ile d'Orléans, de la Pointe-Lvi, et du pays | J | d’alentour. Le bâtiment a en totalité 162 pieds . de long sur 45 de large ; il a trois étages, mais | du côté du Cap il paraît beaucoup plus haut : 11 chaque extrémité est terminée par une petite pr aile qui donne au tout ensemble un air libre et || ‘11 régulier ; la distribution intérieure est commode,

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les décorations sont pleines de goût et magnifiques, et convenables à tous égards à la résidence du Gouverneur Général. Il fut bâti peu après que la ville eût été fortifiée par des ouvrages réguliers, par conséquent il offre assez peu de beautés qui puissent attirer l’attention : pendant une longue suite d’annéesi fut négligé au point qu’on le laissa dépérir, et cessant d’être la résidence du commandant en chef, il ne servit plus qu’aux bureaux du gouvernement, jusqu’en 1808, que le parlement provincial adopta une résolution pour le réparer et l’embellir ; on vota en même temps pour cela la somme de 7000 livres sterling, et on commença aussitôt les travaux. L'argent qui était destiné à cet objet ne se trouva pas suffisant pour défrayer les dépenses d’après la grande échelle sur laquelle les améliorations avaient été commencées ; mais on vota une somme additionnelle pour couvrir tous les frais, et à présent, comme résidence du représentant de Sa Majesté, il fait beaucoup d’honneur à la libéralité et à l’esprit public de la province. Sir James Craig fut le premier qui en prit possession. La partie appelée proprement le Château, occupe un côté de la place ou de la cour; du côté opposé est un vaste bâtiment ! divisé en différents bureaux

1—Le château Haldimand.

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du gouvernement tant civil que militaire, qui sont sous les ordres immédiats du gouverneur ; il contient aussi une belle enfilade d’appartements, où se donnent toujours les bals et les autres amusements de la cour. Durant l’état de dépérissement du Châtcau, ce bâtiment était occupé par la famille du Gouverneur. L’extérieur aussi bien que l'intérieur est dans un style très simple ; il forme une partie de la courtine qui s’étendait entre les deux bastions extérieurs de l’ancienne forteresse de Saint-Louis ; tout auprès sont d’autres bâtiments plus petits servant à de semblables usages, un corps de garde, des écuries, et un vaste manége. ! La forteresse de Saint-Louis couvrait environ quatre acres de terrain, et formait presque un parallélogramme ; du côté de l’ouest, deux forts bastions à chaque angle étaient unis par une courtine, au centre de laquelle était une porte pour les sorties ; les autres faces présentaient des ouvrages d’une description à peu près semblable, mais d’une moindre dimension. Il ne reste plus que quelques vestiges de ces ouvrages, excepté le mur de l’ouest qu’on tient en bonne réparation. Le nouveau corps de garde et les écuries, qui font face à la parade, ont un très joli extérieur ; le

1—Transformé en théâtre vers 1839, Détruit par un incendie le 12 juir 1846.

premier forme l’arc d’un cercle, et a une colonnade sur le devant; les écuries tiennent au manége, qui est spacieux et en tout point très propre à son usage; il sert aussi pour exercer la milice de ia ville. Au sud-ouest du Château, il y a un excellent jardin bien cultivé, de 90 toises de longueur sur 35 de largeur, et de l’autre côté de la rue des Carrières, il y en à un autre de 534 toises de longueur sur 42 de largeur, l’un et l’autre pour l’usage du Gouverneur; le dernier avait d’abord été destiné à former une promenade publiqne, et planté de beaux arbres dont il reste encore plusieurs.”

Les lignes suivantes, extraites de la Vie de Madame C.-E. Casgrain (née Baby), m'ont été communiquées par un des collaborateurs de cet ouvrage intime, intéressant à plus d’un titre :

‘ Les premières visites de Mme Casgrain au château Saint-Louis, dont elle a gardé un souvenir distinct, datent de 1819. Charles Lennox, due de Richmond, était alors gouverneur.

Quoique arrivé depuis peu dans le pays, il était universellement reconnu pour un ennemi des Canadiens et souverainement détesté. La plupart de ceux qui n’étaient pas obligés de faire acte de présence au château, par suite des devoirs de leur charge ou deleur position,s’abstenaient d’y paraître. Aussi les réceptions et les

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bals du gouverneur avaient plus que jamais une physionomie anglaise. Les réceptions avaient lieu aux salons du château Saint-Louis ; mais les

Vue prise de l’intérieur du Fort.

Le château Saint-Louis après sa dernière restauration (1808-11). D'après un dessin conservé au séminaire de Nicolet, (Collection ce l’abbé Bois.)

bals se donnaient en face, dans les salles plus vastes du nouveau château bâti par Haldimand,

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qui a subi, depuis, bien des vicissitudes, et qui a enfin été converti de nos jours en école normale.

« L'espace libre que l’on voit entre cet édifice et celui de la poste était fermé d’une enceinte de murs auxquels se rattachaïent les écuries du gouverneur et Le corps de garde situé près de l’entrée qui donnait accès à la cour du château Saint- Louis, et qui s’or vrait près du pignon de l’école normale actuel'e. 1 Un chemin sablé, soigneusement ent:eienu, faisait le tour de la cour 1 ‘vjeure du Château, dont la façade, peu élevée de ce côté, était d’une architecture très simple. E* entrant dans le vestibule, on remarquait la

“eur des escaliers qui conduisaient aux salons de réception, et qui avaient vraiment de la m':esté. Les salons eux-mêmes étaient d’un æ ût sévère ; ils respiraient cependant de la solennité, surtout quand on se rappelait tousles personnages célèbres de notre histoire qui y avaient passé, depuis Frontenae, Montcalm, Dorchester, jusqu'aux princes d'Angleterre.

Dans le cours de l’été de 1819, le château Saint- Louis présentait une animation inaccoutumée.

Les gardes anglaises étaient doublées À toutes les issues, et une foule nombreuse entrait et

1—Ces lignes furent écrites vers 1870.—E. G.

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sortait sans interruptior fu château. Le silence de cette foule indiquait une cérémonie funèbre. En effet, elle venait visiter la chambre mortuaire du due de Richmond, enlevé par une mort tragique dans laquelle la croyance populaire voyait un châtiment de Dieu. On pouvait, raconte notre mère, lire sur toutes les figures qu’on rencontrait urre expression de soulagement et de satisfaction secrète.

‘“ Le principal ornement de la chambre funèbre, qui attirait l’attention du monde, consistait en quatre magnifiques candélabres placés autour du catafalque, et qui appartenaient à la famille du noble Lord.

“ Chacun racontait à sa manière les incidents de la mort du duc. Mordu par un renard captif, avec lequel il avait voulu jouer én passant à Sorel, au moment où il se rendait à la chasse, il ressentit, au milieu de la forêt, les premières atteintes de la rage que ce renard, pris d’hydrophobie sans que personne ne le sût, lui avait communiquée. Dès que les gens de sa suite s’en furent aperçus, ils l’engagèrent à descendre à Québec. Il partit en effet ; mais du moment qu’il entrevit l’eau de la rivière Ottawa, où il fallait s’embarquer, l'horreur hydrophobique s’empara de lui, et il s’enfonça de nouveau dans la forêt. On l’entendait s’écrier, en se parlant

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à lui-même : “ Lennox, be a man.” Mais sa volonté était vaincue : impossible d’avancer. Il fallut l’entraîner malgré lui et le lier dans le canot, où les convulsions de la rage, en entendant le clapotement de l’eau autour de lui, le mirent dans un état indescriptible.

I] mourut peu de temps après, avant même d’arriver à Québec. Cette fin tragique fit une grande sensation dans tout le pays.”

Le duc de Richmond remplissait les fonctions de gouverneur depuis l’année précédente. Son corps fut inhumé dans l’église anglicane de Québec, où on lui érigea un monument.

La mort ne devait plus pénétrer dans cette forteresse Saint-Louis qui avait vu s’éteindre Champlain, Mésy, Frontenac, Callières, Vaudreuil, La Jonquière, etavait abrité la dépouille mortelle du due de Richmond. Le Château lui-même eut bientôt à subir la loi commune de la destruction des œuvres humaines : linfl cendie, qui avait déjà détruit tant d’édifices et d’espérances dans la ville de Québec, devait encore faire disparaître ce monument par excellence des luttes et des gloires du passé. Sous le titre : ‘ INCENDIE pu CHATEAU Sarnr-Louis,”? il la Gazette de Québec du 25 janvier 1834 publia Dir! les lignes suivantes qui créèrent une profonde 1 impression dans tout le Canada :

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“Cet édifice,quiservait de domicile depuis 150 ans, au moins, aux gouverneurs en chef de tout le territoire présentement connu comme | Amérique Britannique du Nord, et l’un des objets les plus saïillans de Québec vu du côté du port, et qui dominait le précipice qui se trouve entre la citadelle et la basse-ville, est devenue la proie des flammes. Avant-hier, vers midi, le feu éclata dans une chambre, au troisième étage, “vers la partie sud de la bâtisse, occupée par M. le capitaine McKinnon, aide-de-camp ; et, bien qu’on s’en fût aperçu de bonne heure, et qu’on employât tous les moyens pour en arrêter les progrès, néanmoins il s’étendit avec une rapidité étonnante dans l’étage supérieur, et continua à brûler en descendant, en dépit de tous les efforts des troupes et d’une douzaine de pompes. Maintenant il se présente aux regards avec ses cent ouvertures, ses cheminées à nud, et ses murs dévastés et noircis par les flammes. Hier l'après-midi une couple de pompes essayaient encore d’éteindre le feu dans l’aile du sud.

“T1 fut originairement bâti par les Français dans un temps qu’on ne peut fixer d’une manière certaine ; et quoiqu'il ait été changé et embelli, particulièrement sous l’administration de sir James Craig (ce qui coûita £10,000 à la

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province), ce sont encore les murs originairement bâtis, lesquels ont échappé, sauf quelques légers dommages, au siège de 1759 par les Anglais, à celui de 1775 par les Américains et au bombardement par sir William Phipps en 1690 1,

‘ Depuis une cinquantaine d’années ? après la découverte du pays, cette place a été successivement le quartier-œénéral de toutes les pos sessions françaises, à l’époque où elles comprenaient toute l'Amérique Britannique du Nord actuelle, ainsi que la Louisiane et les territoires le long du Mississipi ; et depuis 1759 jusqu’en 1778, que s’effectua l'indépendance américaine, devint le siège du principal commandant de tout le continent de l'Amérique du Nord.

‘“ Ce château était occupé, lors de l’incendie, par le lieutenant-général A ylmer, gouverneur en-chef, et Lady Aylmer, le capitaine MeKinnon, des grenadiers de la garde, et le capitaine Doyle, du 24 de ligne, aide-de-camp, et le lieutenant Paynter, extra aïde-de camp. Le secrétaire militaire (M. le capitaine Airey),

1--Le Château qui existait en 1690 fut rasé en 1694; mais il est exact de dire que les murs du deuxième château, dont la construction fut commencée en 1694, avaient résisté au siège de 1759.—E, G.

2— Près de cent ans.—E. G.

DOMINATION ANGLAISE 291 occupait des appartements dans l'édifice communément appelé le vieux château, lequel cependant a été construit par les Anglais après la conquête, et dont on se sert en partie pour les repas et les danses. Les documens publics qui appartiennent à l’administration furent sauvés à temps, ainsi que l’argenterie et la plus grande partie de l’ameublement, qui néanmoins a été endommagé.

‘“ Son Excellence avait fait assurer pour £3,000, au bureau de Québec, le ménage qui est vendu par le dernier gouverneur au suivant, à chaque changement d'administration.

‘ Le matin de l’incendie, le thermomètre avait marqué 22° au-dessous de zéro, et tant qu'il a duré, le froid a été depuis 2° jusqu’à 8° au-dessous de zéro, accompagné d’un vent perçant, qui soufflait de l’ouest au sud-ouest. La plupart des pompes ne pouvaient pas jouer, À cause du froid, et on n’aurait pu en retirer beaucoup d'avantage sans l’eau chaude qui fut généreusement fournie par les brasseries de MM. Racey, McCallum et Quirouet, et par les communautés religieuses.

“ Les citoyens et les troupes se sont signalés par leurs efforts ; mais vu l'impossibilité où l’on était d’atteindre la partie de l’édifice qui donnait sur le précipice, on vit bientôt qu'on ne

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pourrrait réussir à arrêter le progrès des flammes.

.“ Il en coûtera probablement £25,000 à £30, 000 pour construire un nouveau chateau ; mais la beauté et l’étendue du terrain permettront d’y ériger un très bel édifice, qui pourra faire l’ornement de Québec. La propriété appartient au gouvernement militaire.

‘“ Pendant l’incendie, Lord et Lady Aylmer sont restés chez le Col. Craig ; et ils y sont restés depuis. Ils cherchent à louer une maison en ville. Le feu régna avec une grande violence pendant toute la nuit de jeudi, et on donna de fréquentes alarmes, dans la crainte où l’on était que les maisons des rues La Montagne cet Champlain, qui se trouvent au pied du cap, ne prissent en feu par les flammèches que poussait le vent, et les pièces de bois embrasées qui tombaient sur les maisons ou dans les cours ; heureusement la neige qui se trouvait sur les toits, a préservé les maisons, et il n’en a été

que cela. Si l'incendie fût survenu en été,’

bien des propriétés auraient été détruites dans la basse-ville.”

Après l'incendie du 23 janvier 1834, le nom de château Saint-Louis fut donné au château Haldimand dans les documents officiels.

Lord Gosford, successeur de Lord Aylmer,

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avait sa résidence sur le cap, mais les journaux de l’époque parlent fréquemment des dîners qu’il dennait au château.

Lord Durham fit raser, en 1838, les ruines du château incendié en 1834, et fit construire sur une partie des fondements de lancien éditice, à environ 180 pieds au-dessus du niveau de la basse-ville, une terrasse ou plate-forme mesurant 160 pieds de longueur (du nord au sud), avec balustrade en bois du côté du fleuve.

jette terrasse fut agrandie et construite dans sa forme actuelle, sur une longueur de 276 pieds, par l’honorable M. Chabot, alors ministre des Travaux Publics, en 1854, puis continuée, en 1879, jusqu’au pied de la redoute du cap Diamant, par le gouvernement du Canada et la ville de Québec, d’après les conseils de Lord Dufferin. Elle a maintenant 1400 pieds de longueur, du nord au sud, c’est à dire depuis l’emplacement de l’ancien château Saint-Louis jusqu’au pied de l’ouvrage le plus avancé de la citadelle.

La ‘ plate-forme ” chère aux Québecquois est connue de touts Amérique à cause du panorama éblouissant que lœæil y découvre de tous côtés. Depuis 1838, on lui a douné les noms de Plate-forme Saint-Louis, Terrasse Durham, Terrasse Frontenac, Terrasse Duffe-

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rin ! : pour tous les étrangers, elle est l’unique, l’incomparable Terrasse de Québec, la promenade aux vastes horizons, souvent animée par la présence d’une foule joyeuse, toujours peuplée de rêveurs, d'artistes, de poètes et de souvenirs,

Nous touchons À une époque trop rapprochée de nous pour qu’il soit nécessaire de rappeler les événements importants qui sy sont succédés, Après l’incendie du 23 janvier 1834, le gouvernement loua l’hôtel Union (aujourd’hui l'établissement Morgan) pour y installer la plupart des bureaux publics. De 1838 à 1840,

sous le régime du Conseil Spécial, le siège du.

gouvernement fut la ville de Montréal. Après l'Union et jusqu’à l'établissement de la Confédération, la capitale, et, partant, la résidence des gouverneurs, fut fixée tour à tour dans le haut ou le bas Canada. insi, le Parlement siégea à Kingston, de 1841 à 1843 ; à Mont-

1.—I1 y a, à Québec, une très belle avenue appelée Avenue Dufferin. Elle court parallèlement à la façade du Palais Législatif, et traverse le terrain des Glacis, non loin du mur d’enceinte qui sépare la porte Saint- Louis de la porte Kent. On sait que la construction de la porte Kent et la reconstruction de la porte Saint- Louis sont dues à l’initiative du marquis d’Ava, comte de Dufferin. Ces deux ouvrages sont fort remarquables.

+ os a RCE +

DOMINATION ANGLAISE 295 réal, de 1844 à 1849 ; à Toronto, de 1850 à 1851 ; à Québec, de 1852 À 1855 ; à Toronto, de 1856 à 1859 ; à Québec, de 1860 À 1865 ; à Ottawa, en 1866.

De 1852 à 1855 et de 1860 à 1865 le château Haldimand fut occupé par des bureaux publics. Un lugubre événement, le feu du théâtre, se produisit au fort Saint-Louis en 1846, et vint continuer l’œuvre de destruction commencée en 1834, et qui devait se poursuivre par l’action du temps d’abord, puis par la démolition d’une partie des murailles et de quelques petits bâti. ments en 1854, puis enfin par la démolition du château Haldimand et du ‘“ magasin des poudres ” en 1892.

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L’'incendie du théâtre Saint-Touis.—Lugubres souvenirs.—L’'inauguration de l’école normale Laval. —Un discours de M. ‘'hauveau.--Démolitions ct discussions.—La ‘“ vétustomanie.”—L'hôtel Château Frontenac.—L'emplacement du premier fort Saint-Louis, — M, Bruce Price. — Le passé et l'avenir.

> PART quelques bâtiments de minime importance et l’ancienne muraille cons-

IN, truite par Frontenac, il ne restait plus sur @c) l'emplacement du fort Saint-Louis, après l'incendie du 23 janvier 1834, que le Vieux Château, avec l’ancien magasin des poudres

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qui lui était contigu, un joli corps de garde

f construit vers 1814 et un ‘‘ vaste manège ”

| appuyé sur la partie du mur d’enceinte qui j faisait face à la ruelle voisine du bureau de 1 poste. + R |

(1 Les officiers du régiment des Cold Stream |

1jri Guards ayant obtenu, vers 1839, la permission

de transformer et embellir ce manège, l’étage

supérieur du bâtiment fut converti en salle de spectacle !.

… C’est dans cette salle qu’une foule compacte s'était réunie, le vendredi, 12 juin 1846, pour voir défiler sur la toile les vues réputées merveilleuses du diorama Harrison.

Au dehors, il faisait une soirée délicieuse, Le canon de la citadelle venait de jeter sa clameur aux échos des rivages voisins, et il ne restait plus que quelqnes rares promeneurs sur la petite terrasse à laquelle Lord Durham avait donné son nom.

Tout À coup, mille cris d’angoisse se font entendre, Le feu était au théâtre, et les spectateurs, massés dans l’escalier et le couloir qui conduisaient au dehors, se pressaient, affolés, vers la porte de sortie, ouvrant, hélas ! à l’intérieur 2. Les raalheureux qui purent les premiers atteindre cette porte furent impuissants à refouler le flot qui les pressait et les empêchait de l'ouvrir : ils périrent suffoqués ou écrasés.

1—Les port d’entrée et de sortie donnaient sur l’intérieur du fort. On avait accès au ‘ théâtre ? en passant entre le corps de garde et le Vieux Château.

2—I1 y avait une autre porte de sortie, mais d’un accès difficile ; quelques personnes périrent en cherchant une issue de ce côté.

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La fumée sortait déjà des ouvertures du bâtiment ; bientôt des jets de flamme s’élancèrent au dehors, et les lamentations des victimes s’élevèrent plus navrantes et plus désolées.

Nous cédons maintenant la parole à un jeune écrivain de l’époque, M. Joseph Cauchon, qui devint plus tard un homme considérable et fut le troisième gouverneur de la province de Manitoba. Le lendemain de lincendie du théâtre, il publiait Particle suivant dans le Journal de Québec :

CANADA Québec, 13 juin 1846.

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