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Saint-Louis, et que je crois avoir été présentée ensuite aux Dames de l'Hôpital-Général. F’ardeur des flammes mit le feu à une petite maison habitée alors par une famille Laurencelle, et toutes celles adjoignantes jusqu’à l’encoignure des rues Saint-Louis et des Carrières, et celles vis-à-vis le jardin du gouvernement furent consumées où autrement détruites.
“ Au moment où le feu éclatait, il passait un petit tambourin retournant de pratiquer en dehors de la porte Saint-Louis. Un officier du 60e l’ayant aperçu, lui donna ordre de battre l’alarme, auquel le petit garçon répondit : “* Sir, £ don't know how to beat the Fire-Drum.” Bientôt après le bruit du tambour se fit entendre par toute la ville, Etant bien inquiet de voir la petite frégate, je partis À la course pour mieux échapper aux effets de l’église brûlante. Le coq du clocher de l'église tomba tout auprès de moi : il était de la grosseur d’un mouton ordinaire, La secousse me terrassa pour le moment, Mais je repris courage et je pus continuer ma route jusqu’à la cour du Château, où il s'était assemblé une foule dans le même objet. Plus tard, dans l’après-midi, je pus me faufiler à travers la foule, et j’atteignis le jardin des
técollets, où je rencontrai le Frère Louis, qui mefit manger des pommes cueiïllies sur les arbres.
DOMINATION ANGLAISE 269 Le lendemain de l’incendie, je rencontrai (près de l’endroït où est maintenant la résidence du juge Black) un habitant de la Pointe-Lévis, qui portait sous le bras un gros livre (un in quarto) bien endommagé par le feu. Il me dit lavoir ranasgé le jour précédent à sa porte... Le Père Lerré se réfugia dans une maison retirée, dans la rue Saint-Louis, ayant appartenu à monsieur François Duval, alors clerc du marché de la haute-ville. Il y est mort. Je ne puis me rappeler où ses restes furent inhumés. Le Frère Louis a tenu école nombre d’années à Saint-Roch (un des faubourgs de Québec), où il avait un superbe jardin de fleurs qui lui donna un bon revenu. Le Frère Marc (nc Content et oncle de Messire Parent, instituteur au Petit Séminaire) s'établit au village de Saint- Thomas, où il pratiqua le métier d’horloger.
Un troisième devint navigateur entre Québec et Montréal. Il y eut un Frère Bernardin et un Frère Bernard, et peut-être quelques autres, dont j'ignore les noms et le sort.
En terminant, je prie MM. les membres de la Société Antique de vouloir bien me faire grâce des fautes de style et de grammaire qui se seraient glissées dans le mémoire ci-haut, vu que le français n’est pas ma langue maternelle.
“ Donné sous mon seing et sceau, à Québec,
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ce 27 mars 1866, quatre-vingt-troisième de ma
naissance, qui eut lieu sous le toit de l’ancien Evêché, près de la porte de ville Prescott.”
James Trompsow,
‘ député commissaire général.”
Nous avons vu au ch pitre VI de cette monographie que les restes de Frontenac, de Callières, de Philippe de Vaudreuil et de La Jonquière furent tirés des cendres de l’église des Récollets et inhumés dans Ia cathédrale de Québec. “ Lors de l'incendie de l'église des Récollets, le 6 septembre 1796, dit abbé IL.-R. Casgrain, on releva les corps qui y avaient été inhumés. Ceux des personnages importants, ei «e autres celui de M. de Frontenac, furent inhumés dans la cathédrale, et, dit-on, sous la chapelle de N.-D. de Pitié. Les cercueils en plomb qui, paraît-il, étaient placés sur des barres de fer dans l’église des Récollets, avaient été ‘en partie fondus par le feu. On retrouva dans celui de M. de Frontenac une petite boîte en plomb qui contenait le cœur de l’ancien gouverneur. D’après une tradition conservée par le Frère Louis, le cœur du comte de Frontenac fut envoyé, après sa mort, à sa veuve. Mais l’altière comtesse ne voulut pas le recevoir, disant qu’elle ne voulait pas d’un cœur mort
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qui, vivant, ne lui avait pas appartenu. La boîte qui le renfermait fut renvoyée au Canada, et replacée dans le cercueil du comte où on l’a retrouvée après l’incendie. ? 1
Les châtelaines du fort Saint-Louis sous le régime anglai, furent lady Dorchester, lady Prescott, lady Milnes. lady Craig, lady Prevost (dont le portrait est conservé chez les Ursulines de Québec), les filles du duc de Richmond, la comtesse de Dalhousie et lady Aylmer.
Le château Saint-Louis avait un air de fête inaccoutumé au matin du 30 août 1797: la sympathique fille du gouverneur-général du haut et du bas Canada, Mademoiselle Rebecca Prescott, épousait ce jour-là le capitaine John Baldwin, aide-de-camp de son père, et aceueillait, le sourire aux lèvres, les souhaïts de bonheur de ses parents et de l'élite de la société de Québec. Hélas ! la joie qui brillait au front des jeunes fiancés devait bientôt s’évanouir : ‘“ par un de ces malheurs que la sagesse de
1—Nous croyons volontiers au renvoi de la boîte en question ; mais la tradition nous trouve plus défiant à l'égard des paroles attribuées à la comtesse de Frontenac. Ce fut un récollet canadien, le Père Joseph, (né Denys de la Ronde) qui fut chargé de porter Le cœur de Frontenac en France. Voyez l'ouvrage de l’abbé C. Tanguay intitulé: À travers les régistres, pages 225, 226 et 227.
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Dieu prépare aux plus élevés comme aux derniers des hommes ”, la jeune femme si distinguée ‘ par son esprit supérieur, ses talents de premier ordre et les charmes de son caractère, ” mourut à Québec, le 27 juin 1798, ‘‘ et d’abondantes larmes coulèrent de bien des yeux à cette triste nouvelle. Le gouverneur surtout demeura inconsolable... .”
Parmi les événements dont le château Saint- Louis fut le témoin, nous avons enregistré une naissance, —celle de Marie-Anne de Brisay de Denonville, arrivée le 14 septembre 1685,—et un mariage,—celui de Monsieur et Madame Baldwin, célébré le 80 août 1797 l: combien plus souvent n’avons-nous pas eu à réveiller de funèbres souvenirs !
Qu'est-ce que l'étude de histoire sinon un dialogue avec les morts ?
M. Aubert de Gaspé parle assez fréquemment du château Saint-Louis dans ses Mémoires. Nous empruntons encore les lignes suivantes à cet aimable auteur octogénaire :
1—Ce mariage, contracté devant le docteur Salter- Jehosaphet Mountain, dut avoir lieu daus ia chapelle du Château. L'église des Récollets, qui avait servi au culte protestant pendant les années précédentes, venait d’être réduite en cendres, et ce ne fut qu’en 1804 que l’on commença l'érection de l’église anglicane actuelle.
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Monsieur Louis-René Chaussegros de Léry appartenait aux gardes de Louis XVI ; étant en semestre, il eut le bonheur d'échapper au massacre du 10 d'août. De retour au Canada, il chantait une complainte empreinte de sensibilité qui faisait verser des larmes À ceux qui l’entenduient. Etant bien jeune alors, je ne me la rappelle que bien imparfaitement, mais je crois devoir la donner d’après mes souvenirs, laissant aux poètes le soin d’en rétablir le texte s'ils ne sont pas satisfaits du mien. La femme du gouverneur, lady Milnes, le pria de la chanter à un dîner, au château Saint-Louis ; mais, éclatant en sanglots après le premier couplet, elle quitta la table ; puis, revenant à l’expiration d’une dizaine de minutes, elle pria monsieur de Léry de continuer.
‘“ Voici cette complainte, que les circonstances faisaient peut-être apprécier plus qu’elle ne mérite. Mais il faut dire aussi que Pair, empreint de tristesse, contribuait beaucoup à émouvoir les cœurs sensibles,
‘ Un troubadour béarnais, 1 Les yeux inondés de larmes, À ses montagnards chantait 1-—"* Chacun s. … que Henri IV éta't natif du Béarn, domaine de la maisén d’Albret, réuni à la France par Louis XII. ”’
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Ce refrain, source d’alarmes :
Le petit-fils de Henri Est prisonnier dans Paris !
‘Il a vu couler le sang
De cette garde fidèle
Qui vient d'offrir en mourant Aux Français un vrai modèle, En combattant pour Louis, Le petit-fils de Henri.
“Ce dauphin, ce fils chéri,
Qui faisait notre espérance,
De pleurs sera donc nourri ?
Le berceau qu’on donne en France, Au petit-fils de Henri,
Sont les prisons de Paris !
‘ Au pied de ce monument
Où le boa Henri respire, Pourquoi l’airain foudroyant ?
On veut donc qu’Henri conspire Lui-méme contre ses fils
Les prisonniers de Paris ?
“Français, trop ingrats Français, Rendez Louis et sa compagne :
. C’est le bien des Béarnais, C’est le fils de la montagne :
Le prisonnier de Paris Est toujours le fils d'Henri. ”
La mémoire du narrateur l’a sans doute assez mal servi en cette eirconstance ; mais il ne faut pas oublier que la musique sait tout poétiser,
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tout ennoblir. Pour qu’un chant puisse faire naïtre une émotion profonde, il n’est pas nécessaire que les paroles en soient marquées au sceau du génie ; il suffit que la donnée générale fournie par le poète soit de nature à réveiller un sentiment quelconque se rapportant à la tristesse ou à la joie. La musique fait le reste. Elle vient donner une intensité merveilleuse à ce sentiment, et sait en exprimer des nuances exquises que la parole seule ne saurait jamais rendre,
Dans un article intitulé : Québec au temps passé, ?” publié dans la Xermesse du 25 novembre 1892, M. Thomas Chapais s’exprime en ces termes au sujet des réceptions du château Saint- Louis :
‘ La société de Québec, au commencement du siècle, était très distinguée et très brillante.
“Un grand nombre de vieilles familles, alliées À la noblesse française et conservant les traditions du régime tombé en 1763, lui donnaient beaucoup d'éclat. La présence du gouverneur et des troupes anglaises y ajoutait un élément très important. C'était une grande affaire que les réceptions au château, et les divertissements officiels constituaient une pare tie de la politique anglaise envers les colonies. Nous trouvons dans la correspondance de sir
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Robert Shore Milnes avec le ministre un indice de cette préoccupation. Le gouverneur se plaignait que son traitement n’était pas assez élevé. I] disait :
‘“ Quelques mois de séjour m’ont convaincu que mon traitement actuel n’y peut suffire, ‘ si je continue à résider au Château et que j'y tienne l’état que l’on attend d’un gouverneur, et qui, selon mon expérience, sert grandement à unir et à réconcilier les gens, résultat essentiellement favorable aux intérêts de Sa ‘ Majesté. Je sais bien que je pourrais, en vivant sur le pied d’un simple particulier, restreindre ma dépense à mon traitement actuel, et je n’ennuierais pas Votre Grâce (le duc de Portland) d’un pareil détail ; mais alors je ne croirais pas agir comme je conçois que mon devoir m’y oblige. Peut-être n’y at-il pas, dans les pays soumis à la aomination de Sa Majesté, un endroit où les agréments de la société, et, par conséquent, la popularité du gouverneur, dépendent autant “ de la manière dont il vit, que dans la ville de “ Québec. La longue durée et les rigueurs de ‘ l'hiver, la séparation forcée pendant des mois ‘ d’avec les autres parties du monde, les for- ‘tunes généralement bornées des Canadiens, “ tout cela, joint au manque de lieu public
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“ d’assemblée, fait que les relations sociales à ‘ Québec, tournent sur un point. Voilà pour- ‘ quoi il faut que le lieutenant-gouverneur, ‘ comme le gouverneur en chef, continue Pétat ‘ de représentation coutumier au château.” “ Le Ministre jugea que Sir Robert Shore Milnes avait raison, et lui accorda une augmentation de traitement.
| ‘ [arrivée à Québec du gouverneur Craig, en 1807, marqua, dans les réceptions officielles, une ère de faste et de splendeur. Craig aimait la pompe; il avait des gardes, une suite brillante, et faisait les honneurs de sa position princièrement. On l’appelait #he little king.” Le ‘petit roi Jacques” donnait souvent des fêtes À la campagne; muis c'était surtout au château Haldimand, dépendance du château Saint-Louis, qu’avaient lieu les dîners et les l bals donnés par ce fastueux et fâcheux personl nage. Le château, centre de réceptions poli-
| tiques, restait tonjours le centre de la politique des réceptions.
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Un odieux personnage. — Dialogue historique. — La guerre de 1812.—Le fort Saint-Louis en 1815.—Les restes du duc de Richmond.—I/incendie du chàteau Saint-Louis (23 janvier 1834).—-La terrasse Durham.—Evénements politiques.-—Destruction.
ARMIT les personnages qui fréquentèrent le château Haldimand pendant Le séjour qu’y firent les gouverneurs, il faut citer le
notoire Herman-Witrius Ryland, secrétaire
intime de Lord Dorchester et de ses quatre successeurs, puis membre du Conseil Législatif et secrétaire du Conseil Exécutif. Il écrivait, le 23 décembre 1804, les lignes suivantes qui font voir tout ce qu’il y avait de fanatisme et de fiel au fond de son cœur: “ We have been mad enough to allow «a company of French rascals to deprive us for the moment of the means of accomplishing all this (la domination de l’anglicanisme dans le Bas-Canada) ; but one prudent decisive
step might rectify this absurdity. ” II fit lim-
possible pour empècher M. Dunn, administra-
teur de la colonie, de reconnaître Mgr Plessis
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276 LE FORT ET LE CHATEAU SAINT-LOUIS comme évêque de Québec et d'accepter son serment de fidélité au roi d'Angleterre. Il À écrivit à ce sujet: “ Je méprise et je haïs la 1 religion catholique, parce qu’elle ravale l'esprit | humain et qu’elle est fatale à tous les pays où | elle existe, ”
Le gouverneur intérimaire passa outre.
En 1807 arriva à Québec le gouverneur Sir James-Henry Craig,—dont nous avons déjà parlé, — qui devait s'entendre parfaitement avec cet odieux personnage 1.
1—Ryland se rendit à Londres pour appuyer desa parole un mémoire de Craig qu’il avait indubitablement inspiré et dont l’objet était de détruire tout ce qui était catholique et français dans le Bas-Canada. On répondit à l’envoyé de Craig qu’il avait raison en principe, mais qu'il ne fallait pas oublier que les Canadiens étaient en majorité dans leur pays. Le ‘mémoire ” fut mis de côté. Plus tard, vers 1820, un | autre fanatique, le juge Sewell, fit des instances auprès {l du gouvernement de la métropole pour que l’union de 6 toutes les provinces britanniques de l'Amérique du | À Nord fût décrétée, dans un but d’anglicisation et 4 | d’écrasement pour les Canadiens-Français, L'Angle- « terre ne voulut rien faire alors contre ses fidèles sujets du Bas-Canada, et ce ne furent que les imprudences de ceux qui préparèrent la regrettable insurrection de 1837, et cette insurection elle-même, qui nous valurent le régime du Conseil Spécial, puis l’union des deux jh Canada danse des conditions difficiles, “ dangereuses ”’ ? Î Ïl sous certains rapports, ruineuses et injustes au point S de vue financier.
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Craig, dit M. Garneau, était un officier de quelque réputation, mais un ‘administrateur fantasque et borné, qui déploya un grand étalage militaire et parla au peuple comme il eût parlé à des recrues soumises au fouet.”
Ainsi que nous l’avons déjà dit, ce gouverneur aux étranges allures quitta, quelques mois avant son départ de Québec, le château Haldimand, dépendance du château Saint-Louis, pour. aller habiter ce dernier édifice. Ce fut dans une des salles du château Saint-Louis qu’eut lieu, au mois de juin 1811, le célèbre dialogue entre sir James Craig et Mgr Plessis, dans lequel le gouverneur voulut jouer au Napoléon. ! L’illustre évêque qui devait, plus tard, obtenir de l’Angleterre, pour l’Église du Canada, une indépendance que celle-ci n’avait connue ni sous le nouveau régime, ni même sous le régime français, déploya en cette circonstance autant de fermeté que de tact et de modération. I] était d’ailleurs fort instruit, et avait une connaissance étendue des lois anglaises touchant le domaine religieux. Craig, qui voulait que le roi de la Grande-Bretagne nommât les évêques
1-—-Mgr Plessis dit que l'entretien dura sept quarts d'heure ; sir James Craig dit qu’il dura deux heures et demie, Il est évident que l’un des deux personnages avait trouvé le temps plus long que son interlocuteur,
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278 LE FORT ET LE CHATEAU SAINT-LOUIS et les curés canadiens, et ignorait la doctrine catholique relativement à la juridiction spirituelle, tenta de faire briller aux yeux du prélat les avantages matériels qui lui reviendraient en acceptant la suprématie ecclésiastique du roi. Le prélat ne prononça pas le mot comediante, qui échappa, a-t-on dit, à Pie VIT dans l’entretien de Fontainebleau, quelques mois plus tard, mais il exposa d’une façon lucide ! la doctrine de lEglise à son interlocuteur, moins susceptible de la comprendre qu'était Napoléon.
Les événements de la “guerre de 18127 vinrent servir nos intérêts. Mis en suspicion, maltraités dans leurs chefs par une caricature de potentat, les Canadiens n’avaient rien perdu de leur loyauté, et ils oublièrent généreusement leurs griefs lorsque sir George Prevost, successeur de Craig, leur témoigna une confiance qui était à leur honneur réciproque. La guerre ayant été déclarée, en 1812, entre l’ Angleterre et les Etats-Unis (à propos du droit de visite), le gouverneur donna la garde de sa capitale aux Canadiens-Français. Il n’en fallait pas davantage pour faire éclater la générosité et les sentiments chevaleresques de nos pères. Le
1—Rentré chez lui, Mgr Plessis s’empressa d'écrire ce qu’il venait de dire au gouverneur.
plus brillant fait d’armes de cette campagne de 1812, 18138 et 1814, fut la bataille de Châteauguay (26 octobre 1813), cù le colonel de Salaberry et ses trois cents voltigeurs franco-canadiens défirent sept mille Américains commandés par le général Hampton. ! Après la guerre, l'Angleterre victorieuse et reconnaissante confirma les promesses faites par sir George Prevost à l’évêque de Québec, et tous les droits des Canadiens-Français, relativement au domaine religieux, furent enfin et définitivement reconnus.
Monsieur Joseph Bouchette, dans sa Description topographique de la province du Bus- Canada, publiée à Londres en 1815, s'exprime aiusi :
1—La ‘“ guerre de 1812 ” se termina par le traité de Gand, du 24 décembre 1814. “ La bataille de Châteauguay surtout fut décisive. On l’a comparée, non sans raison, aux Thermopyles, et Le nom de Salaberry a été exalté, en prose ct en vers, à l’égal de celui de Léonidas. Si cet enthousiasme à pu paraître excessif à raison de la courte durée de l'engagement et du petit nombre de tués et de blessés de notre côté, la résistance à des forces si supérieures et les résultats qu’elle a eus suflisent pour le justifier. Ce n’est, si l’on veut, qu’une vive fusillade, un éclair au coin d’un bois ; mais cet éclair a illuminé tou otre avenir, Ila fait voir encore une fois à l'Angleterre qu’elle devait compter avec nous ; il a donné raison à la politique du général Prevost.’—P.-J.-0. Chauveau.