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Edward Worth, de Montréal, et sœur de madame Lenfesty.
‘ Flavien Sauvageau, âgé de 14 ans, fils du maître de l’orchestre canadien.
‘“ Elisabeth Lindsay, âgée de 44 ans, épouse de Thomas Atkins, avec son fils Richard Atkius, épicier, âgé de 27 ans.
“ Stuart Scott, écr., greffier de la Cour d’Appel, avec Jane, sa fille.
“ Thos. Hamilton, écr., lieutenant du 14e régiment.
‘“ Madame John Gibb, et Jane, sa fille.
‘ M. Arthur Lane, fils d’Elisha Lane, de la compagnie de Gibb, Lane & Co.
‘“ Dile Maria-Ann Brown, maîtresse d’école du Foulon de Wood et Gray, âgée de 25 ans.
M. Horatio Carwell, marchand, Horatio, son fils, Âgé de 6 ans, et Ann, sa fille, âgée de 4 ans.
‘ Joseph Tardif, agent de journaux, et sa femme.
“ Sarah Darah, épouse de John Colvin, charretier.
“ James O’Leary, âgé de 22 ans, apprenti plâtrier ; Marie O’Leary, sa sœur, âgé de 18 ans.
“M. J.-J. Sims, apothieaire, Rebecca, sa fille, âgée de 28 ans, et Kenneth, son fils, âgé de 13 ans.
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‘Mme Marie O’Brieu, épouse de M. John Lilly, tailleur, rue Buade.
M, J.-B. Vézina, marchand, âgé de 30 ans, lue Sous-le-Fort,
‘ Dame T[fenriette Glackmeyer, épouse de M. Moit, organiste de la cathédrale, et Fréderic, âgé de 19 ans, Adolphe, âgé de 12 ans, ses fils.
‘ Dame Marie-Louise Lavallée, épouse de R.
McDonald, écuyer, rédacteur du Canadien, et Dame Eugénie McDonald, sa fille, épouse de M. Rigobert Angers.
‘M. Edward Hoogs, employé à la Banque de Montréal, Edmund, âgé de 8 ans, et Edward, A AU: ?r L âgé de 6 ans, ses fils.
‘M. Thomas Harrisson, âgé de 21 ans, d'Hamilton, H.-C., frère du propriétaire des dioramas.
“John Berry, d’' Aberdeen, employé de M.
Price, écr., à Ottawa.
‘ Colin Ross, plâtrier, de Montréal, et son
| épouse.
| ‘ Joseph Marcoux, huissier.
Tsaac Develin, orfèvre, rue Notre-Dame, | basse-ville.
1 ‘ La servante de M. Andrew Patterson.
Ru ‘ Trois autres corps inconnus, “ Les recherches se continuent ; on n’a pas
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DOMINATION ANGLAISE 303 encore trouvé les corps des personnes qui suivent, manquant à leurs familles :
“John Wheatly, libraire, rue LaMontagne.
‘“ Dile Rae, fille de M. Rae du Commissariat.
“ Dlle Emilie Poncy, hôtelière, marché de la basse-ville, avec M. MceHugbh, instituteur, de la Malbaie, qui l’accompagnaït.
‘“ On nous informe que la procession de la Fête-Dieu n’aura pas lieu demain, comme elle avait été annoncée au prône dimanche dernier, en conséquence du deuil dans lequel est plongée la ville par suite de l’incendie d’hier au soir.”
Un récit élaboré de la catastrophe, daté de Québec et signé : Marc-Aurèle,” fut publié dans la Minerve du 18 juin 1846. On peut lire ce même article dans le troisième volume du Répertoire National, où il est signé : “ Marc- Aurèle Plamondon.”
M. Plamondon (aujourd’hui le juge Plamondon) était lui-même parmi les spectateurs du diorama Harrisson, et avait failli périr dans le désastre du 12 juin. Son récit est très détaillé.
Dix ans après l’incendie du théâtre Saint- Louis, on en parlait encore souvent à Québec, dans les conversations, Le temps, qui efface tout de la mémoire des hommes, semblait respecter ce lugubre souvenir. Mais, peu à peu, la loi inexorable reprit son empire, et l’horrible
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304 LE FORT ET LE CHATEAU SAINT-LOUIS catastrophe du 12 juin 1846 n’est plus aujourd’hui, pour la population de Québec, qu’un événement lointain que beaucoup ignorent et auquel les plus anciens eux-mêmes ne songent plus.
Après les scènes de désordre qui eurent lieu à Montréal en 1849, le gouvernement songea À faire construire un palais pour le gouverneurgénéral à Québec, au centre de l’enceinte du fort Saint-Louis. Des plans furent dressés à cet effet, mais le projet n’eut pas de suite. 1
Le 12 mai 1857 eut lieu, au Vienx Château, la cérémonie de l'inauguration solennelle de l’école normale Laval,présidée par M. Chau veau, le fondateur des écoles normales du Bas-Canada. L’élite de la société religieuse, civile et militaire de Québec assistait à cette cérémonie, où figuraient Mgr Baïllargeon, alors évêque de Tloa, et presque tout le clergé de la ville, le juge R.-E. Caron, le docteur Morrin, maire de Québec, et tous les membres du Conseil municipal, l'historien F.-X Garneau, le recteur et plusieurs professeurs de l’université Laval, le grand-vicaire Cazeau, l’abbé Auclair, l’abbé Racine, le P. Beaudry, $. J., les Pères Oblats
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1—Voir plan 1036 du département des Travaux publics, à Québec.
DOMINATION ANGLAISE 305 de Saint-Sauveur, l’abbé Pilote, supérieur du collège de Sainte-Anne, l’abbé Aubry, des Trois-Rivières, des militaires en costume, un grand nombre de dames, l’abbé Horan, le premier principal de l’école normale Laval, MM. les professeurs Toussaint, de Fenouillet, et tous les professeurs et élèves de la nouvelle institution.
Mgr Baïllargeon prononça un discours plein de tact et d’à propos qui fut beaucoup remarqué. L’abbé Horan se surpassa, et le bon M.
de Fenouillet, dont la mort, loin de sa belle Provence, inspira plus tard de si beaux vers à Octave Crémazie, mort, lui aussi, sur la terre d’exil,—M. de Fenouillet, disons-nous, lut des pages remarquables où se révélait sa double qualité de penseur et d'écrivain.
M. Chauveau était alors à l'apogée de son talent d’orateur. Les lauriers qu’il avait cueillis à Sainte-Foye deux ans auparavant ceignaient encore son front. Le discours qu’il prononça en cette circonstance fut vraiment superbe. Il contenait surtout une période sur l’enseignement de l’histoire du Canada qui fut particulièrement applaudie. Faisant allusion à cet enseignement et au site historique occupé par l’école normale, l’orateur s’écria :
‘“ Et l’histoire ! l’histoire est partout : autour
de vous, au-dessus de veze ; du fond de cette vallée, du haut de ces montagnes, elle surgit, elle s’élance et vous crie : me voici !
“ Là-bas, dans les méandres capricieux de la rivière Saint-Charles, le Cabdir-coubat de Jacques Cartier, est l’endroïit même où il vint planter la croix et conférer avec le seigneur Donnacona. Jei, tout près d'ici, sous un orme séculaire que nous avons eu la douleur de voir ‘ vattre, la tradition veut que Champlain soit venu planter sa tente. C’est de l'endroit même eù nous sommes que M. de Frontenac donna à l'amiral Phipps, par la bouche de ses canons, cette fière réponse que l'histoire n’oubliera jamais. Sous nos remparts s'étendent les plaines où tomkèrent Wolfe et Montcalm, où le chevarlier de Lévis remporta, l’année suivante, | l’immortelle victoire que les citoyens ont voulu
rappeler par un monument. Devant nous, sur la côte de Beauport, les souvenirs de batailles non moins héroïques nous rappellent les noms de Longueuil, de Sainte-ITélène, de Juchereau | Duchesnay. Là-bas, au pied de cette tour sur | laquelle flotte le drapeau britannique, Mont- | gomery et ses soldats tombèrent balayés par la | mitraille d’un seul canon qu'avait pointé un artilleur canadien. De l’autre côté, sous ce rocher qui sarplombeet sur lequel sont perchés,
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comme des oiseaux de proie, les canons de Ia vieille Angleterre, l’intrépide Dambourgès, du haut d’une échelle, le sabre à la main, chassa des maisons où ils s'étaient établis, Arnold et ses troupes. L'histoire est donc partout autour de nous : elle se lève de ces remparts historiques, de ces plaines illustres, elle nous dit : me voici ! ”
Après la cérémonie, M. l'abbé Antoine Racine, qui, lui aussi, était alors dans toute la force de son talent oratoire, nous signala particulièrement ce passage du discours de M.
Chauveau, qui, du reste, avait enlevé tous les suffrages.
La partie musicale de la cérémonie avait été confiée à un jeune artiste qui s'était entouré
d’auxiliaires choisis parmi la fleur de la société
de Québec. La fête se termina par le chant de Partant pour la Syrie et de (God save the Queen. Au temps de Napoléon ITT, la romance dite de la reme Hortense n’était jamais oubliée dans les fêtes franco-canadiennes,
Il y eut, le lendemain, à la Salle de Musique, un grand banquet où des discours furent prononcés par MM. Chauveau, Marquette, Lafrance, Ulric-J. Tessier, A.-E. Aubry, le grand-vicaire Cazeau, Marc-Aurèle Plamondon, Sterry Hunt et le docteur Bardy. Tout le
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monde était en verve. L'abbé Alexandre Taschereau, aujourd’hui Son Eminence le cardinal archevêque de Québec, figurait parmi
les invités.
Le Courrier du Canada du 14 mai contenait un article élaboré sur le “ banquet des instituteurs et l’organisation des écoles normales ”
signé “ Hector L. Langevin ” 1.
1—L'auteur de cet article (aujourd’hui Sir Hector Langevin) fut l’un des hommes politiques qui prirent part à la célèbre “ conférence de Québec ”’, inaugurée le 10 octobre 1864, dans laquelle fut élaboré le projet d'union de toutes les provinces anglaises de l’Amérique du Nord. Voici les noms de ces personnages, que l’on a appelés ‘“ les pères de la confédération canadienne : ”
Sir Etienne-Paschal Taché, John-A. Macdonald, George-Etienne Cartier, George Brown, A.-T, Gait, J.-C.Chapais, Hector-L. Langevin, T.d’Arcey McGee, A. Campbell, O. Mowat, Wm. McDougal, Peter Mitchell et James Cockburn, représentants du Haut et du Bas Canada (aujourd’hui Ontario et Québec) ;
Charles Tupper, W.-A. Henry, J. MceCully, A. Archibald et R.-B. Dickey, représentants de la Nouvelle-
Ecosse ; S.-Leonard Tilley, P. Mitchell, Charles Fisher,,W.-H.
Steve, J.-H. Gray, E.-B. Chandler et J.-M. Johnston, représentants du Nouveau-Brunswick ;
George Coles, T.-H. Havilland, Ed. Palmer,le colonel Grey, A.-A. McDonald, Ed. Whalen et W.-H. Pope, représentants de l’Ile-du-Prince-Edouard ;
Ambrose Shea et B.-T. Carter, représentants de l’île
de Terreneuve.