‹ Le fort et le château Saint-Louis (Québec) [microforme]Chapitre 7 sur 78 · TITI À · texte numérisé non relu

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La royauté française et le Canada.—Mort de M. de Mésy.—Arrivée de M. de Tracy, de M. de Courcelles et de l’intendant Talon.—Jeunes filles envoyées de France.—Fin des temps héroïques.—Le régiment de Carignan.—Douze chevaux des écuries du roi. — Défilé des troupes sous Les murs du fort Saint- Louis.—Reliques à la chapelle du château.—Gara. konthié au iort.

À Mère Juchereau de Saïint-Ignace s’exprime ainsi, dans l’avant-propos de son Histoire de lHôtel-Dieu ae Québec : .

“ Louis XTIT ne se porta à protéger le Canada que pour y étendre la Foi et y faire servir Dieu. Il fit là-dessus un projet par écrit : un Apôtre ne parlerait pas avec plus de zèle. Ce fut sans doute des intentions si pures qui attirèrent tant de bénédictions du Ciel sur cette Colonie ; eton a vu pendant longtemps l’accomplissement des désirs de ce grand Roï, parce que les Sau-

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vages s’y convertissaient tous les jours, et les Français y vivaient comme les premiers Chrétiens.”

Les commencements de Montréal, sous la direction de M. de Maisonneuve, furent aussi édifiants et plus édifiants encore que ceux de Québec. Quant à la sollicitude de la cour, elle se continua pendant tout le règne fécond de Louis XIV, qui hérita des prédilections de Louis XIII et d'Anne d’Autriche pour la France américaine, prédilections que partagèrent le cardinal de Richelieu et surtout Colbert, le grand ministre du grand roi.

Avec de tels patrons, il devint de bon ton en France de parler et de s’occuper du Canada, et malgré les rigueurs du climat de la colonie et les dangers de toutes sortes qu’on y courait, la vogue, parmi les hommes d’élite, tourna pendant quelque temps de ce côté.

Le meilleur sang de France coulait dans les veines des Canadiens du dix-septième siècle.

Le collège des Jésuites de Québec, pour ne parler que du plus ancien collège du Canada, devint un foyer de science en même temps qu'un foyer d’héroïsme !, La France nous

}.—Le 2 juiliet 1666, les premières thèses pubiiques sur la philosophie furent soutentes avec succès par Louis Jolliet.et Pierre de Francheville, en présence de

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envoyait des missionnaires doués des talents que requérait l’étude des langues sauvages, possédant le tact nécessaire à leur rôle de pacificateurs et d’ambassadeurs, mais surtout animés de la foi, de la vertu et du sublime courage qui font courir au devant du martyre.

Le Canada offrait un champ d’études tout nouveau à l’ethnographie et aux sciences naturelles, et l’on vit Louis XIV récompenser des savants en les envoyant passer quelques années dans la Mvelle-France, comme l’on voit aujourd’hui {a république française récompenser des artistes en les envoyant en Italie. Il y eut alors, pour ainsi parler, des prix de Québec pour la science, comme il y a de nos jours, et depuis assez longtemps, äes prix de Rome pour les beaux-arts. |

Le chevalier Charles-Augustin de Mésy venait d’expirer au château Saint-Louis, le 7 mai 1665, et avait ordonné que l’on fit son inhumation dans le cimetière des pauvres de l’Hôtel-Dieu. Son successeur dans le gouvernement du Canada

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MM. de Tracy, de Courcelles et Talon. Le Journal des Jésuites de 1666, qui rapporte ce fait, ajoute : “ M. l’intendant, entre autres, y argumenta très bien.’ L'année suivante, Francheville et Amador Martin soutinrent avec honneur leurs thèses sur la physique et sur la philosuphie intellectuelle et morale.

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était déjà nommé et avait été choisi quelques mois auparavant. Louis XIV, qui avait résolu de faire grand dans la nouvelle comme dans l’ancienne France, avait voulu donner à la colonie les moyens de réduire les Iroquois, puis de s'organiser politiquement et de créer des industries nationales pour l’exploitation des ressources du pays. Dès 1663 il avait établi le Conseil souverain et doté aïnsi la colonie d’un gouvernement civil. Il envoya à Québec trois hommes qui occupent une grande place dans notre histoire : Alexandre de Prouville, chevalier de Tracy, lieutenant-général du roi de France dans les deux Amériques, Daniel de Rémy de Courcelles, gouverneur-général, et Jean Talon, ‘ intendant de justice, police et finances,” que l’on a surnommé le Colbert du Canada.

M. de Tracy arriva à Québec le 30 juin 1665.

Il voulut être reçu sans aucune pompe, mais son extérieur noble et sympathique et son grand air de bonté excitèrent un enthousiasme spontané qui gagna tout le peuple et se traduisit par de vives acclamations. Le wice-roi, ainsi qu’on le nommait ordinairement, se dirigea tout d’abord vers l’église paroissiale, où l’attendaient Monseigneur de Montmorency-Laval et tout le

clergé de Québec. En avant marchaient vingt- 2 F. ST-L.

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quatre gardes et six pages d’honnenr en costume de cour ; venaient ensuite le lientenantgénéral accompagné de son conseiller et secrétaire intime le chevalier de Chaumont, et entouré d'officiers aux brillants uniformes galonnés d’or; en arrière étaient six laquais portant livrée ; puis venaient des militaires, puis enfin le peuple qui faisait retentir l’air de ses acclamations. Le canon du fort Saint-Louis et les cloches des églises des Jésuites, des Ursulines, de l’Hôtel-Dieu et de la paroisse unissaient leurs grandes voix à ce concert d’allégresse.

Monseigneur de Laval, revêtu de ses habits pontificaux, salua le représentant du roi à la porte de l’église, et, après lui avoir présenté l’eau bénite et la croix, il le conduisit au haut de la nef et lui offrit de prendre place sur un prie-Dieu qui lui avait été préparé ; ‘‘ mais, dit la Mère Juchereau, M. de Tracy, quoique malade et affaibli de la fièvre, se mit à genoux sur le pavé sans vouloir même se servir du carreau qui lui fut offert ; on chanta le Te Deum, et Monseigneur reconduisit M. de Tracy jusqu’à la porte, dans le même ordre.”

Une autre chronique du temps dit que le chant du Te Deum était accompagné de l'orgue.

Le lieutenant royal ne paraît pas avoir

habité le ehâteau Saint-Louis. Il est dit dans la “ délibération ” du Conseil souverain du 25 juin 1665 : “ Le Conseil, attendu que le pallais est réservé et qu’on y travaille incessamment pour loger Monseigneur de Tracy, a ordonné qu’affiches seront mises pour fair sçavoir à tous que le Conseil se tiendra aux jours ordinaires dans la maison de Lavigne, huissier, où il se tenoit cy devant.” |

En 1666 et en 1667, plusieurs délibérations du Conseil sont présidées par M. de Tracy, en son hostel 1,

1—Le contrat de mariage de Simon Lefebvre, sieur Angers, ancêtre de l’honorable Auguste-Réal Angers, fut aussi signé dans l’hôtel particulier de M. de Tracy. Il fut passé devant Mtre Rageot, notaire royal en la Nouvelle France, et résidant à Québec, le 10 janvier 1667... ‘“Furent présents, en leur personne, noble homme Simon Lefebvre, sieur Angers, attaché à la maison de Messire Alexandre de Prouville, chevalier, seigneur de Tracy, lieutenant-général pour le Roi em toute l'Amérique, tant par mer que par terre, fils de Simon Lefebvre et de Marie Couturier,ses père et mère, vivants, de la paroisse de Saint-Eloy de Tracy-le-Bas, d’une part ; et dame Marie-Charlotte de Poictiers, fille de feu Pierre-Charles de Poictiers, sieur dn Buisson, capitaine d’infanterie, gentilhomme servant chez la Reyne, et de dame Hélène de Belleau ses père et mère, vivants, demeurant à Montdidier, veuve de feu Joseph Hébert, d'autre part ; lesquelles parties, de leur bon

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+. Dès avant l’arrivée de M. de Tracy à Québec, - quatre compaguies du régiment de Carignan y avaient. été: débarquées. ‘‘ C'était : pour: les Français élevés dans le pays, dit M.'Ferland, un.spectacle nouveau et merveilleux que eelui

gré, en la présence et du consentement de leurs parents ét amis pour ce assemblés, d'une et d’attre part, savoir : de la part du sieur Lefebvre: sieur Angers, de mon dit Seigneur de Tracy, dé Monseigneur! Daniel de Rémy, chevalier, seigneur de Courcelles; gouverneur, lieutenant-général pour Sa Majesté en la Nouvelle- France, Henri de Lafrésnaye, écuyer, sieur de Cloys, Octave Jappellias, écuyer, sieur de-Resain, François Massée, sieur du Valley, Jean Saucier, officier de Ia maison de mon dit seigneur de Tracy, de Antoine de la Ruelle, garde du dit seigneur ;—et, de la part de la dite dame de Poictiers, de Messire Jean Talon, chevalier, conseiller du Roy en tous «es conseils, intendant ‘de justice, police et finances de ce dit pays, Messire Germain Morin, prêtre, beau-frère, de sieur Louis Couillard de Lespinay, Charles Couillarddit Des Isiets, Charles-Aubert de Lachenaye, cousins germains, Jean-Baptiste Le Gardeur, écuyer, sieur de Repentigny, Messire Mtre Jean Bourdon, procureur-général de Sa dite Majesté en ce dit pays. des sieurs François Brissot et Jean Guyon, sieur du Buisson, de la dame Hélène des Portes, femme du sieur Morin, belle-mère de la dite future, Guillemetie-Marie Hébert, veuve de feu sieur Couillard, tante, Marguerite Couillard, veuve de feu sieur Macard, et dame Anne Gaigner, femme du sieur Bourdon,—reconnurent et confessèrent avoir fait les traité et promesses de mariage qui s'ensuivent......…..

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