‹ Le fort Jacques-Cartier et la Petite-Hermine [microforme]Chapitre 11 sur 17 · PIÈCE JUSTIFICATIVE · texte numérisé non relu

PIÈCE JUSTIFICATIVE

PROCÉS-VERBAL de la commission nommée par M. Hovius, chevalier de la Légion d'Honneur, maire de Saint-Malo, pour recevoir et reconnaitre les débris d'un navire que Jacques Cartier abandonna à Sainte-Croix, en Canada, dans le mois d'avril 1536,

Les membres dont cette commission se compose sont : MM, Charles Cunat, adjoint, président ; Leguen-Lacroix, architecte-voyer ; A. Depasse, architecte ; Gilbert, constructeur ; B. Michel, capitaine de commerce,

Aujourd'hui mercredi, 13 décembre 1843, nous, soussignés, déclarons que, conformément à la lettre de convocation de M, le maire de Saint-Malo, sous la date du 11 courant, nous nous somimes réunis dans une des salles de l'Hôtel de Ville, où des débris de navire avaient été déposés per les soins de l'autorité municipale, A onze heures et quart, au moment de procéder à l'opération pour laquelle nous étions appelés, l'un de nour, M, Ch. Cunat, adjoint de M. Ie maire, et Chauigé par cel administrateur de procéder à la commission, s’est expriué en ces Lerinmes :

“Messieurs, 11 y a trois cent dix ans que notre compatriote Jacques Cartier, nourri de ces grandes idées qui enfantent de grandes choses, possédant ainsi que Christophe Colomb et Vasco de Gama, s:8 contemporains, une puissante ardeur de découverte, s'aventura avec deux embarcations de soixante tonneaux à travers les mers du Nord, reconnut les terres du Canada, dont il prit possession et en dota sa palrie,

‘Francois ler, le rival de Charles-Quint, lassé de se voir déshérité du testament d'Adam par les rois d'Espagne et du Portugal, qui se partagcaient entre eux le nouveau monde, et appréciant les avantages de la découverte de l'illustre navigateur malouin s'efforça de réveiller l’emulation des Français, en leur inspirant le goût de la navigation par des létablissements lointains ; dans ce but, Sa Majesté Très Chrétienne, voulant le parachèvement de la découverte des terres occidentales estantes sous Le climat et parallèles des terres et royaume dudit seigneur, nomma Jacques Cartier son pilote général, Investi de cette dignité maritime, notre compatriote appareilla de nouveau du port de Saint-Malo, le 19 mai 1535, avec les trois petits bâtiments qu'il commandait, pour cette seconde expédition : ces bâtiments étaient la Grande-Hermine, de 120 tonneaux, la Petite-Hermine, de 60, et l'Emérillon, de 40.

“Il y a donc trois siècles que notre compatriote appartient à la postérité, Dans le souvenir respectueux que renouvelle nécessairement la vue des débris d'un de ses vaisseaux, ce qui doit en cet instant fixer notre attention, Messieurs, nous, enfants de la cité qui lui donna le jour, c’est moins l'apologie de ce grand homme, quoique son ombre semble paraitre ici, avec ces restes échappés à la main destructive des temps, que l'examen sérieux et l'appréciation consciencieuse de ces reliques antiques. Grâce au hasard qui les a remis sur la voie, mais plus encore à une persévérance soutenue chez des hommes de cœur et savants, aimant tont ce qui rappelle et ennoblit leur origine et leur pays, on est parvenu à retrouver, sous 1 mètre 67 centimètres de vase, la carcasse du navire que Jacques Cartier abandonna en avril 1536 au lieu de Suinte-Croix, ‘‘ ses équipages se trouvant affaiblis tant de maladie que de gens morts.”

“Ces fragments de navire que nous devons au bienveillant empressement de MM. les membres de la Société littéraire et historique de Québec, et notamment au zèle de MM. Faribault, vice-président, Joseph Hamel et Lamarre-Piquot, deviennent de précieux documents pour l’histoire de notre ville; ils empruntent, des circonstances et des lieux, un intérêt tout spécial ; en effet, Messieurs, ils rappellent les plus belles phases de la vie de. notre cher compatriote, et ces phases glorifient Saint-Malo, sa ville natale,

“L'administrateur qui nous a réunis, Messieurs, désire que, dans l'intérêt de la science et de l’histoire, non seulement nous reconnaissions si le nombre des objets reçus est bien conforme à celui expédié de Québec, mais encore, que par une étude sévère et un examen approfondi desdits objets, nous cherchions à déterminer, autant qu'il dépendra de nous, ieur identité avec les objets de même espèce de notre localité, et aussi, que nous indiquions. les différents changements qu'ils ont subis, soit dans leurs formes primitives, soit par les détériorations qu'ils ont éprouvées, tant des éléments auxquels ils étaient soumis, que des siècles écoulés depuis leur abanûon.”

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Ce discours terminé, la commission a pris connaissance de l'état nominatif des objets. Cette pièce importante adressée à M, le maire accompagnait l'envoi; remise par lui aw président de la commission, elle est restée ouverte sur le bureau, et relatait ce qui suit:

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