LE FORUM SOUS L EMPIRE
L'aspect du Forum a bien changé depuis la république; nous n'aurons plus à y signaler les grandes manifestations de la vie publique. La distinction, source de tant de discordes, n'existe plus entre le Forum et le Comitium; les vieilles haines sont oubliées; la paix s’est faite entre les classes réunies dans une commune servitude. Cela ne veut pas dire que ce lieu ne sera plus témoin de scènes sanglantes. Pendant que le sénat juge Pison, le peuple, entourant la Curie, demande sa mort et fait rouler ses statues sur les escaliers des Gémonies; des têtes coupées paraissent encore sur les rostres ; Galba, Sabinus, Vitellius, Séjan et ses enfants et bien d'autres, sont exécutés par le
bourreau, massacrés par les soldats ou par la multitude; puis, au milieu des outrages,
leurs corps, d'abord exposés aux Gémonies, sont, par des crocs, tirés jusqu'au Tibre. Mais ces troubles n'ont plus le même caractère qu'autrefois. Ce ne sont plus les luttes de la plèbe pour la liberté ou pour la conquête de ses droits politiques, mais des cruautés césariennes, des révoltes de prétoriens mécontents, des déchainements soudains et passagers de la populace. Et, pendant ces agitations du Forum, c'est le plus souvent dans les provinces, au milieu des légions, que se décident les destinées de l'empire. La tribune est fermée aux orateurs politiques et populaires; on y vient recevoir des congiaria, écouter des allocutions impériales, des communications officielles, des oraisons funèbres. Sur le Forum de l'empire, on brûle, il est vrai, des livres trop indépendants, ce dont Tacite s'indigne; mais parfois on y brüle aussi les registres où sont inscrits les noms des citoyens en retard avec le fisc ou les libelles diffamatoires, et cela plait au peuple. Les tribunaux fonctionnent toujours dans les
basiliques; le commerce et les opérations financières sont de plus en plus florissants, les
cérémonies religieuses et civiles aussi pompeuses. IT n'est pas surprenant que le Forum reste encore à cette époque un lieu très fréquenté. Les Romains ne retrouvaient-ils
pas là, en effet, des monuments dont l'origine remontait aux traditions mythologiques
et au temps des rois; des statues, des inscriptions, des arcs de triomphe qui leur rappelaient, avec les souvenirs de la république, les victoires de Rome et ses conquêtes, depuis les côtes de l'Océan jusqu'aux rives de l'Euphrate.
Mais la vie publique ne s'est pas moins retirée du Forum. Nous ne pourrons plus, autour de ce lieu célèbre, grouper dans un récit suivi les principaux événements de l'histoire romaine; ce n'est plus là, en effet, que se tisse la trame de cette histoire. Le Forum, en dehors des événements relatifs à la fondation ou à la reconstruction des édifices, ne nous fournira plus que des épisodes et des faits divers. Nous raconterons
quelques-uns des plus caractéristiques.
Le milliaire d'or et l'umbilicus Romæ. — Auguste, aidé par Agrippa, fit une men-
suration de tout l'empire /mensuratio orbis terrarum) qui fut achevée en l'année 20 avant
Jésus-Christ. Comme conclusion de ce travail considérable, il plaça, au Forum, une
colonne en marbre dont on a retrouvé, en partie, la base délicatement sculptée. Le fût était entouré d'une plaque de bronze portant l'indication gravée des distances de Rome aux principales villes de l'Italie et des provinces. Mais cette distance comptait des portes de la ville ou, pour parler comme le Digeste, des maisons continues. De telle sorte que, pour avoir les distances bien exactes à partir du milliaire d'or, il fallait ajouter aux chiffres indiqués sur ce milliaire les distances entre ce même milliaire et la porte de la ville par où sortait la route conduisant à la ville désignée. C’est peut-être un peu compliqué; mais les rues d'une ville n'ont pas la même stabilité relative que les grandes routes, et, chaque fois qu'on aurait rebati un quartier, il y aurait eu modification de la distance entre le milliaire d’or et l'extrémité de la ville, et, par suite, le chiffre aurait cessé d'être complètement exact.
On ne sait pas l'emplacement précis qu'occupait le milliaire d'or. Pline le place en haut du Forum fn capite fort). On croit généralement qu'il était posé à l'extrémité sud des rostres. Mais personne ne l'a encore démontré. Une raison de symétrie a sans doute contribué à faire naître cette opinion. C’est que, à l'angle opposé de la tribune, on voit encore les restes, de forme à peu près analogue, d'un petit monument que l'on appelait wmbilicus Rome. Si la raison de symétrie a pu séduire les restaurateurs modernes du Forum, elle n'existait pas pour Auguste; l'umbilicus n'est guère antérieur à l'époque de Constantin. L'umbilicus marquait le centre du monde qui, d’ailleurs, est partout.
C'estau milliaire d'or qu Othon avait donné rendez-vous aux vingt-trois prétoriens qui l'emmenérent dans leur camp et le proclamerent empereur. Galba s'était retranché dans le Palatin. Le bruit mensonger que la révolte était réprimée et Othon mis à mort l'en fit sortir. Escorté de quelques soldats, il vint en litière sur le Forum, pour monter
de là au Capitole, afm de rendre graces à Jupiter. Bientôt il sut la vérité. La foule avait
envahi le Forum et commençait à s'armer, plutôt favorable à Galba que les soldats seuls détestaient à cause de sa sévérité souvent maladroite. L'escorte ne savait quel parti prendre et la litière impériale ballottée par l'incertitude des porteurs et les remous de la foule, comme sur une mer agitée, manquait à tout moment de chavirer. Alors accoururent au galop des cavaliers et des fantassins envoyés par Othon. La foule se disperse. L'escorte de Galba, arrachant de l'enseigne l’image impériale, passe à l'ennemi. Seul un centurion défendit l'empereur avec acharnement et pendant longtemps: mais des coups qui lui couperent les jarrets l'ayant fait tomber, la litière fut renversée et Galba roula dans la poussière. Protégé par une cuirasse, il reçut de nombreuses blessures aux bras et aux jambes, jusqu'au moment où, lui-même présentant la gorge, le coup de grace lui fut donné par un soldat de la quinzième légion. Il expira près du lac Curtius, à l'endroit même où le sénat avait décrété qu'on lui érigerait une statue sur une
colonne. La tête ayant été séparée du tronc, le meurtrier, qui ne pouvait pas la prendre
ar les chev eux parce qu'elle était chauve, passa le doigt dans la bouche et la porta ainsi à Othon. Plus tard, après avoir subi mille avanies, elle fut promenée au out d'une pique. Longtemps encore la fureur des soldats s’acharna sur le cadavre décapité. Vinius, un des partisans et conseillers habituels de Galba, peut-être en même temps un complice ignoré de la conjuration, frappé d'un premier coup, tomba devant e temple de César et fut immédiatement achevé. Quant à Pison, récemment créé césar par Galba, au bruit de l'émeute, il était accouru au Forum. Grâce au dévouement d'un centurion qui s'eXposa aux coups pour le sauver, il put se réfugier dans a chambre d'un esclave des Vestales; mais, tiré de sa retraite par deux soldats, il ut tué devant le temple de Vesta. D'autres personnages périrent, massacrés sur le Forum.
La foule qui, au moment du danger, avait abandonné l'aréa du Forum, s'était
massée dans tous les endroits d'où elle pouvait suivre les péripéties du drame, dans les
asiliques Julia et Æmilia, sur les temples de Saturne, de César et de Castor. De là elle assistait silencieuse, comme à un spectacle, à ce changement d'empereur fait par des soldats.
Vers le soir, Othon, escorté par des prétoriens, se rendit au Palatin, traversant le Forum ensanglanté où gisaient des cadavres décapités, revêtus de la toge consulaire. Le sénat lui prodigua ses adulations; la multitude l'acclama et maudit la mémoire de Galba; il rentra ainsi au palais impérial et permit de mettre les corps sur le bücher. Les parents durent acheter les têtes que les meurtriers avaient gardées pour les leur vendre.
Trois mois plus tard, après qu'Othon menacé par Vitellius se fut donné la mort, la même populace promena par les temples les images de Galba ornées de lauriers et de fleurs et lui fit, avec un amas de couronnes, une espèce de cénotaphe, près du lac Curtius, là ou il avait été massacré.
Vitellius n'eut pas d'ailleurs un sort meilleur que ses deux prédécesseurs. À la nouvelle que les troupes de Vespasien approchaient de Rome, il avait pris sur lui, au Palatin, une bourse pleine d’or, et, se réfugiant dans une loge de concierge, S'y était barricadé avec un lit et un matelas après avoir attaché le chien devant la porte. Tiré de cette honteuse cachette par les soldats du parti ennemi qui le reconnaissent, il est aussitôt, les mains liées derrière le dos, une corde au cou, trainé au milieu du Forum. On lui attache sous le menton la pointe d'un poignard pour l'empêcher de baisser la tête, on le contraint à regarder ses statues renversées; on lui jette de la boue et des ordures; on l'appelle incendiaire, gourmand, ivrogne; on raille sa face rougeaude, sa taille démesurée, son gros ventre, sa jambe de travers; enfin, sur les escaliers des Gémonies, on le déchire à petits coups; puis, quand il est achevé, quand son cadavre
a été suffisamment outragé, avec un croc on le tire au Tibre.
Les arcs de triomphe d'Auguste. Les 13, 14 et 15 août de l’année 29 avant Jésus- Christ, Auguste avait triomphé trois fois en trois jours des Dalmates, de l'Égy pte et des vaincus d'Actium. Le triomphe d'Égypte avait été particulièrement magnifique à cause de la richesse du butin. En même temps que ce triple honneur le sénat lui avait décrété un arc de triomphe sur le Forum.
Une seconde fois, lorsqu'Auguste eut reconquis sur les Parthes les enseignes et les captifs pris à Licinius Crassus, le sénat lui décerna un arc de triomphe. Ce dernier are, connu par un type monétaire, est à trois arches, orné de colonnes et de pilastres ; sur le sommet, Auguste se tient dans un quadrige entre deux Parthes qui lui restituent l'un une enseigne, l'autre une aigle légionnaire. On ignore l'emplacement de cet arc.
Entre le temple de César et le temple de Castor, M. Boni à dégagé les substructions
de l'arc voté à Auguste par le sénat en même temps que le triple triomphe.
| L'arc de Tibére. — On connait la défaite de Varus et le cri de douleur d'Auguste : | « Varus, Varus, rends-moi mes légions. » Germanicus, fils adoptif et neveu de Tibere, 1} pénétra dans les forêts de Germanie, vengea le désastre des Romains, et le sénat décréta ||! l'érection d'un arc de triomphe « en mémoire des aigles de Varus reconquises par || Germanicus sous les auspices de Tibère ». La dédicace en fut faite en l'an 10 avant
Jésus-Christ.
Peu après, Germanicus triompha des Chérusques et d'autres nations voisines de [|| l'Elbe. On vit défiler au Forum, sur la voie sacrée, les dépouilles, les capufs, les | représentations des montagnes, des fleuves, des batailles. Ce qui attachait surtout les | regards, c'était l'air majestueux de Germanicus et son char couvert de ses cinq enfants.
Mais Tacite, pensant à la mort prématurée du jeune héros, ajoute au récit du wiomphe
ces mélancoliques réflexions : « De tristes pressentiments venaient à la pensée quand on se rappelait son père Drusus, aimé avec peu de bonheur par le peuple; son oncle Marcellus enlevé si jeune aux adorations de l'empire; les amours du peuple romain, si courtes et si malheureuses. »
À plusieurs reprises, des débris de l'arc de Tibère ont été retrouvés et perdus. M. Boni a récemment mis au jour ses substructions occupant en partie l'aréa du Forum, en partie la voie sacrée. Son inscription a disparu; celle qui figure sur le frontispice
de cet ouvrage est supposée.
A Tibere succéda Caligula. Nous avons eu l’occasion déjà de raconter quelquesunes de ses excentricités. Inaugurant son règne par des actes meilleurs que ceux qui suivirent, il fit brûler au Forum tous les papiers relatifs à la procédure suivie contre sa mère quand elle fut exilée dans l'ile de Pandataria; et, pour que les délateurs et les témoins fussent dans l'avenir sans crainte, il proclama hautement, avant de mettre le feu aux registres, qu'il n'en avait touché ni lu aucun. Dion cependant raconte que Caligula fit plusieurs fois mettre à mort des citoyens accusés en vertu de papiers quil prétendait avoir brülés.
Les 19-28 juillet de l'année 64 après Jésus-Christ le Forum fut gravement éprouvé par l'incendie de Néron. Le temple de Jupiter Stator, la Régia, le temple de Vesta devinrent la proie des flammes. Néron lui-même, Vespasien, puis Domitien réparérent
les désastres de cet incendie.
Le temple de Vespasien et de Titus Mlitus, après la mort de son père Vespasien, lui éleva, au pied du Capitole, devant le tabularium, un temple qui fut achevé par Domitien. L'inscription, dont il ne reste que huit lettres mais que nous connaissons en entier par une vieille copie manuscrite, indique que les beaux débris que nous avons sous les yeux appartiennent à une reconstruction de Septime-Sévére et de Caracalla. C'était un temple corinthien dont la façade était ornée de six colonnes. Celles qui sont encore debout ont été reprises en sous-œuvre avec une grande hardiesse et consolidées par l'architecte français Valadier assisté de Camporese. Ce temple fut reconstruit avec une grande magnihicence; on a conservé un remarquable fragment de sa frise, d'une très belle exécution, mais annonçant déjà, par la surcharge des ornements, la décadence. Des marbres orientaux recouvraient le sol et les parois intérieures des murs. La masse de l'édifice était en marbre pentélique; en même temps qu à Vespasien, Domitien avait dédié ce temple à Titus.
De la construction de Domitien, il ne reste peut-être que quelques fragments de la
moulure en marbre qui ont subsisté sur le podium, à droite et à gauche.
1 ROMAIN
E FORUM
Stahues de Domilien, de Septime-Sévére et de Constantin. — Domitien s'était érigé, sur le Forum, une statue équestre colossale; rien n'en a survécu, sauf peut-être le bloc en maçonnerie qui supportait le piédestal. Stace nous en a laissé une description où s'étale son amour habituel pour les hyperboles. L'empereur est en costume de chef d'armée, la chlamyde tombant sur les épaules, le glaive à la ceinture. La main droite fait un geste pacifique; la gauche tient une Minerve armée de l'égide, la déesse favorite de Domitien. Le cheval animé, plein de feu, prêt à courir, dresse le cou. Son sabot, au lieu de la terre et du gazon, foule la chevelure du Rhin captif. € Autant, ajoute le poète, autant Domitien est supérieur à César, autant son cheval est plus beau que le
cheval de Lisyppe qu'on voit sur le Forum de César. Curtius, lui-même, génie de ce
coin du Forum, trois fois lève la tête hors de son lacus, et trois fois la replonge, effrayé par la masse immense du coursier, par les éclairs qu'il lance. Les chevaux des Dioscures, l'apercevant du temple de Castor, sont épouvantés. »
Une autre partie du texte de Stace est plus importante que cette infidèle description, car elle nous donne la situation de la statue de Domitien par rapport aux monuments du Forum. Il est intéressant de la suivre sur le plan. Devant la statue s'ouvre le temple élevé par Auguste à son père adoptif, César. D'un côté, à sa droite, Domitien voit la basilique Julia, de l'autre côté la basilique Æmilia; derrière lui s'élèvent les temples de Vespasien son père et de la Concorde. Il est en vue du temple de Castor. Son regard s'étend jusqu'au temple de Vesta, jusqu'à la maison des Vestales, monte jusqu'au Palatin.
| 4 Une statue de Septime-Sévère remplaça celle de Domitien qui dut être renversée Il! dés que le sénat eut condamné la mémoire de ce prince. Voici dans quelles circonstances :
quand arriva en Pannonie la nouvelle ofhcielle de l'avènement de Pertinax à l'empire, Septime-Sévére, qui y exerçait le commandement, se rendit au temple pour y sacrifier et prêter serment de fidélité. Rentré chez lui, vers le soir, il s'endormit. Et alors il crut voir un pur-sang de haute taille, orné des phalères impériales et portant Pertinax au milieu | de la voie sacrée, à Rome. Mais, arrivé à l'entrée du Forum, la où, au temps de la république, se tenaient les assemblées populaires, le cheval secoua Pertinax et le renversa. Ensuite, se courbant devant Septime-Sévère témoin de ce spectacle, il le
Ni reçut sur la selle et le porta au milieu du Forum, élevé, bien en vue de la foule et offert
à ses hommages. De nos jours encore (c'est Hérodien qui parle) on peut voir la statue
| colossale en bronze érigée au Forum pour représenter ce songe. (| | A la statue de Septime-Sévère, un peu plus bas peut-être sur l'aréa du Forum,
|| succéda une statue de Constantin.
Bas-reliefs représentant des monuments du Forum. — Avec MM. Visconti et Cantarelli,
j'attribue au règne de Domitien deux beaux bas-reliefs d'un grand intérét pour la
topographie du Forum; ils ont été trouvés en 1872, avec d'autres fragments d'architecture, parmi les matériaux de démolition d’une tour du moyen age qui s'élevait près de la colonne de Phocas. D'où les avait-on tirés pour les employer dans cette construction ? On ne le sait malheureusement pas. Ils étaient certainement au Forum, puisque c'est aux rostres anciens et aux rostra Julia entourés des monuments du Forum, que se passent les scènes qui y sont figurées. Ces deux bas-reliefs ont peut-être contribué à l'ornementation des rostres.
La première scène nous transporte aux 7ostra velera, les rostres que César transféra du Comitium à l'extrémité du Forum; la tribune est représentée symboliquement par un éperon de vaisseau, un rostre; en avant, l'empereur, debout, est entouré de divers personnages dont l'un s'incline pour approcher d'un monceau de registres, que de nombreux porteurs viennent sans cesse augmenter, une torche aujourd'hui presque disparue, mais qu'on devine encore. Voici l'explication de cette scène : le grand nombre des délations avait
alarmé les citoy ens; beaucoup
craignaient d'être, sans le savoir,
accusés de crimes qu'ils n'avaient
pas commis. Rome était en proie ; BAS-RELIEF REPRÉSENTANT DES MONUMENTS DU FORUM
à une véritable terreur. Pour
ramener la sécurité dans les esprits, Domitien déclara qu'il n'avait pas lu les lettres de
dénonciation (libelli famosi), et les fit bruler publiquement sur le Forum.
Le lieu de la scène est donc, comme nous l'avons dit, le Forum, en avant des rostres transposés par César. Derrière, nous voyons le temple de Vespasien que l'empereur vient d'ériger à la mémoire de son pére et de son frère ‘Titus, puis une arcade qui semble être un arc du tabularium; cet édifice, en effet, présentait vers le Forum une façade composée de deux rangs superposés d'arcades semblables à celle-ci; à la suite, le temple de Saturne avec les six colonnes ioniques de sa facade; trois seulement sont entières, une partie du fronton manque. Enfin la basilique Julia est alignée sur le même plan; si les conditions de la sculpture l'avaient permis, sa situation aurait été perpendiculaire à celle des autres édifices. La scène se termine par le groupe de Marsyas et du figuier, voisin du lacus Curtius.
Le sujet du second bas-relief est double. La premiere scène se passe non plus aux rostra vetera, mais aux rostra Julia du temple de César, symbolisés aussi par un rostre. Tandis que l’orateur qui est à la tribune sur le bas-relief précédent, a, en face de lui, la statue de Marsyas, puis le figuier, celui qui est sur les rostres de ce second bas-relief
voit le figuier d'abord, Marsyas ensuite. Il est donc sur le côté opposé du Forum, c'est-
a-dire aux rostres du temple de César. Et en effet, comme monuments, on voit à sa | gauche une arche de l'arc d'Auguste, le temple de Castor, la trouée du vicus Tuscus; puis, prise par l'autre extrémité que sur le bas-relief précédent, la Jasilique Julia. Cette scène qui occupe la partie gauche du bas-
relief représente l'empereur debout,
romuleuant une loi. Sans doute la
oi par laquelle il défendit, dans
toute l'étendue de l'empire, de
mutiler les enfants. Dans la seconde oe Mu ire Rose