ARRIÈRE- PROPOS
Ainsi a été fait ce livre du Fou du Palais-Rotal, qui procède en seize Propos et trente-deux Sous-Propos (Série mesurée à trente-deux touches), comme défilent en parade les seize Tribus et trente-deux Chœurs de la Phalange d'attraction.
Et de même que dans la Phalange, la Régence passe en revue les Chœurs et Tribus d'Harmonie, de même ici nous examinerons notre livre sous ses faces principales :
Le fond : il se défend de lui-même;
La forme : peut-être aurait-elle besoin qu'on la défendît;
La division en Propos : des aristarques d'un esprit fort élevé , comme on en rencontre tant , diront que[ce sont là de fort mauvais propos, — critique prévue ;
Les longueurs : il faut les pardonner dans un sujet de cette nature;
Les lacunes : elles sont ou volontaires, ou spéculatives, ou forcées;
Les redites : trop nombreuses pour quelques-uns, elles seront insuffisantes pour quelques autres;
Le style — sera toujours assez bon s'il rend clairement les ^ées,
Et voilai Excusez les fautes de Fauteur, frites grâce aux incorrections de son Uvre, [et guant à l'absurdité dq titra qu'il a choisi, demandez-en coi^pte k la Civilisation.
Et toi , grande âme , ftme omnititre ! toi, FOURIER , de qui le nom glorieux planera sur les générations futures de FUnité sphériqus ; Majesté plus réelle, plus inviolable et plus sacrée que toutes les Majestés qui trônent sur cette terre ! ô noble Maître, pardonne au plus humble de tes dis« ciples, qui n'a pas même eu ta douceur de contempler ta face, pardonne-lui s'il fait de ta découverte un usage peu digne de ton génie! Daigne, ô toi dont les immortels travaux ont dessillé mes yeux, éclairé ma raison ; toi qui m'as tant de fois fait verser des larmes d'attendrissement, les plus douces que j'aie répandues de ma vie ; daignevoir d'un œil indulgent et propice les efforts que j'ai faits pour amoindrir les vastes proportions de la Science que tu as fondée, pour rapetisser la découverte magnifique que tu as apportée au monde! Toi qui as écrit comme parle la Science, tu n'auraispas approuvé sans doute la méthode^que j'ai employée , non pour expliquer ta sublime Conception], mais pour donner aux hommes le désir de la connaître, de l'approfondir, en leur en montrant la superficie !
Mais, ô^ puissante, 6 ineffable Intelligence ! si, comme je n'en doute pas, tu me vois et m'entends du haut de la sphère éthérée que tu occupes dans la Hiérarchie ultra-mondaine ; si ton âme, dégagée de l'enveloppe matérielle qui l'offusquait sur cette terre, a gagné encore en clairvoyance et en bonté, tu me tiendras compte de la difficulté de ma tâche ; tu prendras en pitié les veilles que j'ai passées, la sueur même qui découle en ce moment de mon front ; tu te souviendras du martyre que l'aveuglement des hommes t'a fait 9Ubir ici-bas, et comprenant qu'il est essentiel , qu'il e^t ^^
main de ne leur "présenter les vérités qo'à petites doses, comme on afEniblit 1a vertu des potions ponr le malade éprouvé par de longues souffrances, tu excuseras la forme légère de mon œuvre en fiivear du but que j'ai voulu atteindre.