‹ Le fou du Palais-RoyalChapitre 123 sur 127 · T DES DESTINÉES GENERALES · texte numérisé non relu

T DES DESTINÉES GENERALES

( i>jsges 493 à 49t) de la deutième édition. )

SUE LE IfOUVEMENT OI^GANIQUE ET SUi^ LE GONTRErMeUYElIBNT COMPOSÉ.

J'ai dit (pag. 59 ) que les substances des trois règnes représentent les effets des passions dans le mécanisme sq^al ; donnons-en.quelques exemples: je commence par l'Association, qui est Tobjet spécial de cet ouvrage.

Dans le règne animal , l'Association a pour hiéroglyphqpratiqùe le castor, et pour hiéroglyphe-visuel le paon. Les yeux dent sa roue est parsemée sont l'enablème de l'Ordre So-

oîélaiie» de sa magoifioence et de ses inigaiUii. CeUe Séria d'yeux rangés en ordre progressif dénote qne l'Association ne peut s'allier ayec les rêves d'égalité et de nivelleinent de nos philosophes.

Mais pourquoi ca cri rebutant, ce contraste de la Toix la plus déplaisante avec le plus superbe plumage ? C'est pour peindre l'action individuelle qui est mensongère et discordante. Le plumage attire et charme comme emblème de l'Ordre Sociétaire; mais l'animal, n'ayant par lui-même aucune propriété sociale et ne s'unissant pas à nos travaux , Dieu nous peint dans son cri la fausseté de tout individu hors de l'Àssoûiatkm progressive.

Autre énigme sur la laideur extrême de ses pattes; pourquoi ne les avoir pas ornées comme celles du pigeon ou de r^e, et pourquoi deux supports hideux pour porter tant de luxe ? C'est que l'Ordre Soeiétaire et l'opulence qui en résultera s'appuient sur delà figes de pauvreté. ( Yoyes au grand tableau les deux figes de subversion ou IncohéMme. )

Je pas^e brièvement sur ce qui concerne le. paon, csr cet hiéroglyphe est peu intelligible si l'on ne ccmnait pas les lois ^u Mouvement sodaL Choisissons un tableau plus facile à comprendre ; ce sera cdui de la Vérité et de ses effets en Civilisation. Examinons si Dieu a fidèlement d^int le triste sort de cette Vérité dans notre état social.

L'hiéroglyphe de la VMté dans la règne animal, c'est la girafe. Puisque le propre de la Vérité est de surmonter les erreurs. Il fttut que ranimai qui la représente élève son front audessus de tous les autres;. telle est la girafe, qui broute les branchages à 18 pieds de hauteur. C'est, dit un vieil auteur, • «ne bête mwli belle, douce ei agréable d voir. » La Vérité aussi est mouit belk, mais comme elle ne saurait s'accorder avec nos usages, il faut que ht girafe, son hiéroglyphe, ne sdt d'aucun emploi dans nos travaux. Méu l'a donc réduite à la nullité par coupe disproportionnée des deux trains, d'où naît une démarche i^régullère qui agite et froisse le tedeau qu'on lui impose. Dès lors on préfère lalaisser dans l'inaetion, comme parmi nous on écarte des emplois l'homme véridlquedent le caractère heurterait tous les usages reçus et toutes les Intrigues tolérées. La Vérité chez nous n'est belle qu'en perspective et non en pratique , et la girafe par analogie n'est admirée que lorsqu'elle est en repos; mais dans sa démandie elle ex-

cite les huées commB la Vérité exdte les huées quand elle est agissante. Qu'un Itômme aille, dans un cercle de belle compagnie, dire la bonne et franche vérité sur les fredaines des honnêtes femmes qui s*y trouvent , sur les grivelages des gens d^affélres ou autres pwsonnesdu salon; vous verrez Tindignation éclater, et Ton 8*accorderaà faire tairé et honnir l'ora^ teur. C'est bien pis en affaires politiques, où la Vérité a encore moins d'essor ; et pour représenter cette compression de la Vérité, cet obstacle invincible à ses développements. Dieu a tranché les bois de la girafe i leur racine; ils ne font que poindre et ne peuvent étendre leurs rameaux ; le dseau de Dieu les a coupés à leur base, comme parmi nous le cisenû de Fautorité et de ropînion abattent la Vérité à son apparitt^Q et loi interdisait tout essor. C^>endaat le plus fourbe de noos veut encore paraître véridique, et, tout ^nemls qoe mm sommes je la Vérité , nous aimons à noua i^ubler de son enveloppe ; et par analogie, nous ^ ne voulons de la girafe qieson envenloppe, que sa peau qof est extrêmement beUe, Quand nom sal- ^sons cet animal v nous le traltona tout à point comme nous traitons la Vérité ; nous lui disons.: <«Pa^vrB bête» lu n'es bonne qu'à rester daasies déserts, 1<^ delà société des liom* mes. On peut t'admir^r un moment « mais il but finir par te Iner et ne garder que ton manteau, de mâme que nous étouffons la Vérité pour n'en garder que l'apparence, n . On volt par cette expdllcatîmi que Dieu a'a rien qréé d'inutile, même dans la girafe, qui est l'iniâilité parfaite; mais Dieu étant oUIgé de représenter tous les }eux de nos passions, il a ialiu qu'il dépeignit dians cet animal riautliité complète de la Vérité, en CivHlsatîon. Et si vous voulez savoir i quoi pourrait l^vir la Vérité dans d'autres Sociétés que la Civilisation, étudies ce problème dans la Çontreouiafe, que nousnonunons le Sienne, animal dont on tire tous les services imaginables; aussi Dieul'a-t-il exclu des climats sociaux, d'où sera exclue la Vérité tant que durera la Civilisation.

Et lorsque nous serons devenus par l'Ordre Sociétaire aptes 4 la pratique de la Vérité et des vertus bannies d'entre nous, une ttoufëlle création nous donnera dans l'Antioibafe un gmûd et magnifique serviteur qui surpassera de beaucoup les belles propriétés du Renne, objet de notre convoitise et de nos.déetamatlons contre la Nature qui nous en a privés.

Pour rendre intéressante l'explication des hiéroglyphes, Il

lliat les expliquer par cotUrasies, comme ia ruche et le gué-^ pier, comme l'éléphant et le rhinocéros ; par alliance, comme le chien et le mouton, comme le cochon et la truffe, comme rftne, le chardon et le chardonneret ; enfin par progreision , eo analysant des fkmilles entières, comme celles des brandius, girafe, cerf, daim, chevreuil, renne, etc., qui sont tous hiéroglyphes des divers effets de la Térité ; ensuite on compare trois familles de trois règnes.

Les cîTilisés s'exerceraient vainement à expliquer des hiéroglyphes avant de connaître la théorie d'interprétation ; car il en est qui représentent des effets dépassions non existantes; par exemple, le diamant et le cochon sont hiéroglyphes da la IS* passion (Harmonisme) que les civilisés n'éprouvent pas et ne connaissent pas. D*autres hiéroglyphes peignent des effets sociaux étrangers à l'Ordre civilisé; par exemple, l'éléphant est hiéroglyphe delà Société primitive (Séries confuses). C'était un état d^Aêioctation où existait l'unité d'action industrieUe figurée par la trompe. Cette unité avait pour unique appui la bonne chère ou luxe de la bouche ; aussi Téléphant n'a-t-il de luxe qu'à la bouche d'où sortent les défenses ou appuis en Ivoire. Il est dans son vêtement le plus pauvre des animaux, parce que les Séries confuses n'avaient aucune industrie manufacturière, et presque aucune parure, quoiqu'elles aimassent éperdument la parure : c'est ce que Dieu a représenté en cou^ vrant de boue l'animal hiéroglyphique, et lui donnant un amour démesuré pour les ornements.

L'éléphant vaut mieux que nous, s'écrient tous les Civilisés ; c'est comme s'ils disaient : La Société primitive valait mieux que la nétre. En effet, elle avait cet honneur altier et ombrageux de l'éléphant, genre d'honneur qui ne pourrait pas sympathiser un instant avec ia bassesse civilisée. La Société primitive brillait par l'amitié, la fidélité, la décence, la gratitude et toutes les vertus de l'éléphant, vertus qui ne peuvent pas germet dans nos Sociétés; et, par analogie, l'éléphant doit cesser de se reproduire dès qu'il entre en Société avec nou3.

Sur cette analogie des 3 règnes avec les passions , j'ajoute un exemple tiré de i'anatomie du corps humain, qui est un ta-* bleau général de l'Ordre Combiné. Parlons d'abord de la charpente osseuse.

Sa portion la plus saillante nous montre 12 paires de cdtes qui tendent aux trois os du sternum ; c'est l'emblème des

12 passions qui, semblables chez les deux sexes, tendent aux trois foyers d'Attraction (page 112). Il y a 7 cAtes combinées et 5 cOtes incohérentes , de même qu'il y a sept passions spirituelles qui dominent dans POrdre Combiné, et cinq passions matérielles qui dominent dans les Sociétés d'ordre incohérent; une 13* cAte, la clavicule, surmonte les 7 combinées et figure la 13* pa^ion, rfiarmonisme, formée des 7 spirituelles. Cette passion devant être le principal levier de l'Industrie sociétaire, il faut que la clavicule s'unisse au bras, qui est levier de l'industrie corporelle.

Cette ordonnance est reproduite partiellement dans la boite du cerveau : étant siège de l'âme et foyer du mouvement spirituel, il doit être logé dans une enveloppe analogue aux4>assiens spirituelles ; aussi la boite du crâne est-elle formée de 8 os, dont 7 recouverts; le 8* ou frontal, qui est le seul apparent, figure la passion Harmonisme qui est d'un ordre supérieur aux 7 primitives.

D'autres pièces du squelette représentent les dispositions industrielles de la Phalange d'attraction ; par exemple. J'ai dit (Note A. 436) qu'elle est formée en parade de 16 chœurs et 32 quadrilles; cette ordonnance est représentée par les os de parade, les dents qui sont à nu, et rangées en 16 paires. Les 2 dernières paires sont tardives, faibles et peu utiles, par analogie aux 2 chœurs 1 et 16 (Bambins et Patriarches) qui sont les chœurs sujets à la faiblesse et à l'inutilité. Il reste donc 14 chœurs ou 28 quadrilles actifs et utiles; ils sont dépeints par les 14 paires d'os de la main, qui est l'agent du mouvement industriel.

Ces tableaux de l'Ordre combiné se répètent dans tous les solides et fluides du corps humain; par exemple, dans les 800 muscles d'homme et femme, on trouve l'emblème de^ 800 caractères qui doivent composer une Phalange d'attraction ; dans les 10 paires de nerfs on trouve l'emblème des 10 chœurs pubères, dont le 10* est hors d'amour et d'équilibre pas-sionné: c'est pourquoi la 10*" paire de ner£s s'égare dans sa marche et n'aboutit pas à un point fixe. Si les anatomistes avaient connu les lois du mouvement social, ils ne se seraient pas arrêtés à disserter sur l'égarement de cette 10* paire , qui est un eiTet d'analogie nécessaire (et de même les physiciens n'auraient pas mis en problème si la lumière est un corps composé). j

S*aatr6s tableaux plus intéressanls sont représenta dans le eœar, le foie, les ylscèrea, les fluides, etc. Ou a fort bien pressenti que le corps humain est un abr^é du Mouvem^it de rUnlrers ; c'est de quoi l'on se conyaincra lorsque ce système d'application sera étendu aux plus menus détails anatomiques ; alors on oubliera Fhorreur qu'inspire la dissection du cadavre pour admirer dans sa eonstniction le tableau pariait du jeu des Passions et du mécanisme social.

Déjà les Civilisés ont entrevu superficiellement quelques-uns de ces tableaux ; par exemple, ils ont reconnu dans le serpent un emblème de la calomnie et des perfidies civilisées ; dans la rose et ses épines un emblème-de la virginité. Ces peintures étalent trop frappantes pour qu'on pût s'y méprendre; elles devaient faire soupçonner que le tableau des Passions s'éten* dait à toute la Nature. La lecture de œ volume aidera à en deviner quelques autres, comme edui de la hideuse chenille changée en brillant papillon : c'est évidemment l'emblème de la dégoûtante Civilisation métamorphosée en Harmonie universelle. Bu reste, on se perdrait dans l'étude des hiéroglyphes tant que je n'en aurai pas donné la théorie ; on porterait dans cette étude les préjugés philosophiques d'égaliié et de modération, et ce serait le moyen d^ ne rien concevoir au système de la Nature. Par exemple, on s'inu^e que la ruche r^résente l'égalité ; tant s'en faut : la ruche et le guêpier, son contraire, peignent 2 ordres politiques d'Harmonie et de Civilisation. Les abeilles figurent toutes les Phalanges du glpbe réunies sous la protection du monarque fédéral, qui a pour'çmblème la reineabeille , correspondant avec chaque alvéole. Les bourdons figurent l'action improductive, les congrès et agences intermédiaires, qui sont subordonnées à la hiérarchie fédérale et amovibles par les Phalanges. C'est par analogie que l'abeille tue le bourdon quand elle n'a plus besoin de lui. Tout ce mécanisme est peint en renversement dans le guêpier, qui est hiéroglyphe de l'Ordre politique de Civilisation.

Pour rendre le tableau fidèle, il faut que les 2 insectes nous préseiuent les résultats opposés de l'Ordre combiné et de l'Ordre incohérent :

V L'opulence et la pauvreté. Elles sont figurées chez l'abeille par le mieli cbes la guêpe par le carton inutile que donnent ses immenses travaux, images de nos prodiges industriels qui n'aboutissent qu'à l'indigence. 2® Lee lumières sociales et

^ignorance sociale. Elles sont figurées chez Tabeille par la cire, source de lumière, et par rassociation domestique avec Phomme. Chez la guêpe oa Toit les embltoes d'ignorance et de discorde sociale dans Taffreuse révolution où le guêpier se détroit par h]i«même, dans sa position souterraine et cachée à la lumière, dans les hostilités contre l'homme, que la guêpe atta* que sans offense, qu'elle harcelle et dépouille, en s'introduisant dans nos appartements pour y souiller les mets qu'dle dévorOi et en égorgeant Tabeille notre alliée. Celle-ci, au contraire, ne nous fait aucun mal sans offense, et aucun larcin; car elle vit du parfum de nos fleurs; elle en double le charme par Teiem^ple du travail et par l'idée de l'harmoftie sociale qu'elle éveille en nous quand elle vient se poser sur nos fleurs.

Quand ces taèleaux de passions seront expliqués en grand détail dans les trois règnes, on verra les philosophes capituler à discrétion devant cette théorie du Mouvement social qu'ils vont attaquer avant de la connaître ; et l'on confessera que la Nature n'était point couverte d'un voile d'airain , comme le prétendent ces savants, mais que le pr^ugé ayait couvert nos esprits d'un triple voile, formé par les rêveries métaphysiques, politiques et morales; que ces prestiges vont être dissipés; qu'on tient enfin le secret du système de la Nature qui est représen Vitif des passions, et qu'on la fera déposer tout entière i l'appui de la théorie du Mouvement social.

TRAITÉ DE L'AMOGIitTION DOMESTIQUE 4GRIC0LE

TOMI PHEHna.

' (Pages 497 à SIS delà prenMreédiUoo. )

VffrtÈ OB L'HOIOUB AVBC L^imiVBRS ,

P8TC0I.0GIE COMPAEÉB ET ANALOGIE YnaVBRSBLLB.

instruction pour tes Damei.

Je veos, en deux courtes digressions sur les allégories v^étales et animales, initier les dames au grand mystère 4e yiimti 4e tllnivers, et

1 ea mettre en état de faire la leçon sur ce sujet aux compagnies savantes^ si bien désappointées sur ce problème de TUnité. Les femmes pourront bientôt leur en expliquer Ténigme; ne sera-t-il pas plaisant pour elles d'en avoir appris en un fltctum plus que n'en savent toutes les Académies?

Avant l'instruction pour les dames» contenue aux deux articles Aé0iM tégétàl et Rêgnê animal, il fiiut s'expliquer avec le monde savant sur le sujet traité dans ce morceau, sur l'Analogie hiéroglyphique.

Naturalistes qut savez entrevoir

que la Rote est emblème de la fnaleur; I la Vipère emblème de la calomnie; ' le Gui emblème du poTMife;

le Chien einbléme de l'amitié;

pourquoi n'avoir pas étendu à tous les objets créés ce rapport d'Analogie passionnelle T Pourquoi n'avoir pas (selon votre précepte: — aller du connu à Tinconnu) présumé que si la rose et la vipâre sont emblèmes frappants de certains effets de Passions, l'œillet et le crapaud doivent être' également des hiéroglyphes de Passions dont quelque Théorie inconnue pourra nous dévoiler le système ?

Si le chien et la vipère sont évidemment des tableaux diamitié et de calonmie, pourquoi lés autres animaux, comme cheval et âne (portraits du mUUdire et du paysan), ne seraient- ils pas de même des allusions emblématiques, des tableaux de caractères t Le système de la Nature serait donc bien vague, bien contradictoire! Elle aurait modelé dans quelques animaux et végétaux des images de nos Passions, tandis que d'autres animaux et v^étaux seraient dépourvus de ces rap*

Ïiorts symboliques, et par suite dépourvus d'Unité et d'Analogie avec 'homme, avec le monde passionnel.

Il n'en est rien; l'Analogie est complète dans les différents règnes; ils sont dans tous leurs détails autant de miroirs de quelque effet de nos Passions ; ils ferment un immense musée de tableaux all^oriques où se peignent les crimes et les vertus deTHumanité.

J'apporte enfin la science qui doit expliquer ces innombrables énigmes, l'Analogie universelle ou Psycologie comparée; elle est une des branches do calcul de l'Attraction que nous avons dédaigné comme le café pendant des milliers d'années.

L'Antiquité, mieux inspirée, avait effleuré le secret. Plus rapprochéede la Nature, elle avait par instinct, sinon pénétré, au moins pressenti le mystère de l'Analogie entre les Passions et les choses créées. Les poètes établissaient une allusion sur chaque objet. A défaut de connaître la Théorie des emblèmes, ils l'imaginaient dans leurs fictions mythologfques dont Boileau dit avec raison :

« Là, pour nous enchanter, tout est mis en usage; « Tout prend un corps, une âme, un esprit, un visage. « Chaque vertu devient une divinité :

« Minerve est la prudence et Vénus la beauté. ^ m Echo n'est plus un son qui dans l'air retentisse ; « C'est une nymphe en pleurs qui se plaint de Narcisse. m Ainsi, dans cet amas de nobles fictions , « !«• poète s'égaie.en mille inventions^

(t Orne, élève, agrandit, embellit toutes choses, « Et trouve sous sa main des fleurs toutes dcloses. »

Les anciens avaient donc entrevu le secret de la Nature, PAnalogie générale. Ils partaient d'un principe juste, mais ils ne savaient pas l'appliquer; leurs allégories étaient fantastiques; il leur manquait la théorie d'interprétation , l'art d'expliquer méthodiquement le sens de chaque hiéroglyphe animal, végétal et minéral. ( Je n'ajoute pas le mot aromal, puisque le règne aromal n'est pas encore connu; il suffit bien de citer les trois autres. )

C'est une étude bien insipide, quant à présent, que celle de l'Histoire naturelle. En vain les Buffon, les Linné nous en vantent les charmes; ils n'en ont su faire qu'un corps sans âme, en la présentant sans Tapput des Allégories qui nous feront aimer, à titre de portraits, une fleur, un \ fruit, une feuille, une racine, parce que nous y verrons un miroir de nos âmes, des jeux de nos Passions.

Qu'on nous présente un bouquet assorti des fleurs nommées JrU, dont il existe beaucoup de variétés, depuis l'iris papillon et très parfumé, jusqu'à l'iris colossal et gris-piqueté sans parfum : cette collection sera pour nous de médiocre intérêt, d'autant mieux que plusieurs iris, comme celui de muraille et le gris-colossal, sont de nuance terne et triste, l'un sans parfum, l'autre d'odeur amère et rebutante. Mais tous vont devenir intéressants, même par leurs teintes sombres, si on nous apprend qu'ils offrent le tableau des variétés du mariage, qu'ils en représentent exactement les divers effets dans les différentes oon* ditious.

^ Mariage de jeunes amants, — Iris papillon.

Mariage de pauvres paysans, — Iris de muraille.

Mariage de t)Ourgeois ou d'aisance, — Iris bleu.

Mariage d'amants opulents, — Iris Jaune et azur.

Mariage d'ambition ou de princes, — Iris gris colossal.

LeB détails de cette Analogie , étendus h une douzaine de variétés, répandront du charme jusque sur les espèces les plus inodores, comme Hris de muraille ou autres dépourvus d'agréments. Ainsi, dans un musée, les tableaux de serpents et de monstres deviennent, par leur vérité, aussi séduisants que ceux d'animaux aimables.

Par exemple, chacun se récrie sur le lugubre aspect du grand iris piqueté de noir : il étale pompeusement les couleurs du deuil, et on pourrait le nommer /leur de grand deuil, sans parfum, sans coloris. D'où vient ce contraste de luxe et de tristesse? 11 le faut, par Analogie aux unions conjugales des princes, d'où on exclut les convenances d'amour, puisqu'on les marie sans s'élre jamais vus. Le hasard peut rendre heureuses de pareilles alliances; mais, en principe, elles se privent du ressort principal d'harmonie conjugale : Dieu a dû dépeindre cette servitude politique par un emblème tristement pompeux, comme le grand iris gris, fleur fastueuse qu'il à privée de parfum, en symbole de ces mariages où règne le lien simple et sans charme; les convenances d'étitt et des |[rapdeur« s^ins ^tccepUon des convenances

d*aKour. Elles soot iguréea par le ptrftiii ém iris Mon , Jaune et iru ^

papillon, emblènes des mariages heureiui par alliance de l'amoor avec la fortane.

Dans ces descriptions, il faudrait appuyer l'Analogie de détails sur les formes, couleurs, habitudes et propriétés de la fleur, des feuilles, des graines, des racines :J'y reviendrai plus loin; mais dans cet article nous n'en sommes qu'à des préludes sur l'Analogie. Bornons -nous d'abord à constater une lacune absolue d'études en ce genre; à signaler le vice de la science, qui n'établit ni liens emblématiques, ni Doilé entre les produits de la Nature et les Passions, et qui pourtant nous rebat les oreilles de l'Unité de l'Dnivers, de lien universel entre toutes les parties du système de la Nature. Où donc est le lien entre les végétaux et les Passions? A quel effet de Passion se lie cette fleur nommée iris? k quelle Passion correspond chacun des 40,000 végétaux ? même question sur les animaux et minéraux. Là- dessus nos Escobars répliquent par VimpénéiraàilUé des profondes profondeurs, et la saerUège audaee de cette raison téméraire qui veuJt sonder les décrets étemels.

Quelques auteurs ont reconnu le vice des méthodes actuelles en I

étude de la Nature : J.-J. Rousseau se plaint de ceS' Théories qui, dit-il, nous crachent du grec et du latin pour nous intéresser à une plante. Qu'un botaniste vienne vous débiter les mots barbares de Tragopogon, Mesembryanthemum, Telrandria, Rhododendrum, il va vous dégoûter de la science à laquelle vous amorcera de prime abord une explication d'allégorie sociale ; jugeons-en par quelques végétaux des plus méprisés, comme le buis et le gui.

Rien n'est moins intéressant que le buis, emblème de la pauvreté. Il habite les lieux arides et les terrains ingrats, comme l'indigent qui est réduit au plus chétif domicile, au local dédaigné de tout le monde. On voit les insectes s'attacher au buis, comme au pauvre qui n'a pas le moyen de s'en garantir. Tel que le misérable qui endure patiemment les privations et se fixe au moindre gice, le buis brave les intempéries et s'attache fortement au mauvais soi où il.est relégué. L'indigent n'a point de plaisirs : la Nature a peint cet effet en privant la fleur de pétales, qui sont emblèmes du plaisir. Son fruit est une marmite renversée, image de la cuisine du pauvre, qui est réduite à rien ; la Nature a peint cet effet par le renversement du vase qui, en tout pays, est le fondement de la cuisine. Sa feuille est creusée en cuiller pour recueillir une goutte d'eau, comme la main du pauvre qui cherche à recueillir une obole de la compassion des passants. Son bois est serré et très noueux, par allusion à la vie rude et à la gêne du misérable, chez qui règne l'insalubrité, figurée par l'huile fétide qu'on retire du buis.

Le tableau du parasite n'est pas moins fidèle dans le gui, vivant des sucs d'autrui, se développant indifféremment en sens direct oa inverse, comme l'intrigant qui prend tous les masques. Le gui figure par sa feuille la duplicité, et donne dans sa glu le piège où viennent se prendre les oiseaux, comme les sots se prennent aux ruses du parasite.

Ainsi, tels objets, qui au premier aspect n'excitent que le dédain et la critique, s'embellissent par la fidélité du tableau et la justesse hiéroglyphique. Sans cette application, la Nature est inanimée, simple h nos yeux, dépourvue de lien spirituel avec nous, et le Créateur nous pa-

ratt en délMit dans sa ngo diipositioDs. PoavqiMi» dit le critiqyei n'avmr pas donné da parfom à de superbes fleurs, comme :

ToHpe, Renoncule, Hortensia, Justice, EtiqueUe, Coqueueriet

On yerra plus loin que, si ces fleurs étaient douées de parfum, elles seraient des peintures inGdèles, indignes de la vérité qui doit régner dans les tableaux du grand peintre.

Mais quel rapport entre les Analogies et un calcul sur l'Association agricole 7 Ces deux sujets- sont en rapport très intime : )a Théorie d'Association étant fondée sur les propriétés des Passions, il faudra démontrer par des emblèmes de tous règnes que les Lois de l'Organisation sociétaire sont écrites dans la Nature, ainsi que les tableaux des Passions vicieuses, ou essors que donne aux Passions le régime civilisé. On distinguera donc les hiéroglyphes animaux, végétaux, minéraux et aromaux, en deux classes principales : celle de subversion, qui, comme le buis et le gui, peint des effets de Civilisation, de Barbarie, de travail morcelé ; puis la classe harmonique où sont représentées les dispositions de THarmonie sociétaire, et les caractères qu'elle donne au monde social.

Par exemple, si j'enseigne que, dans une Phalange, l'enfance active de 4 1|2 à 20 ans, doit être distribuée en 5 tribus ou chœurs des deux sexes ;

( t* Chérubins et chérubines, 4 Ifi & 6 4fi ans; I se Séraphins et sérapbioes, 6 lf9 à 9;

4« Lycéens et lycéeonoi, 9 à 19;

5« Gymoasiens et gymoasiennes, It & 15 l|t; 6e Jouvenceaux et jouvencelles, 15 ifS à 90;

il faut rallier ce précepte à un tableau naturel : on le voit tracé dans la fleur de pensée, dont les cinq pétales bizarrement disposés figurent les relations des 5 tribus de l'enfance. Les trois plus âgées (no' 4, 5, 6), exercent une autorité régentale sur les deux plus jeunes 2 et 3 ; aussi, par Analogie, les trois pétales supérieurs ont-ils la couleur jaune, potemité, dont sont privés les 2 inférieurs. Cette leçon devra se répéter dans toutes les autres parties de la plante, dans les feuilles, semences, racines, habitudes et relations de genre ou d'espèces.

Mosaïjtte de tahkaux en règne végétal.

cherchons dans les fleurs et les fruits des leçons qui s'adressent à l'Ame, des emblèmes de nos Passions. Je commence par la rose« l'eeiUet et autres fleurs bien connues; de là nous passerons aux fruits.

La rose est, de tous les tableaux naturels, celui qui a été le mieux eompria. Chacun a su expliquer l'Analogie de l'épine qui blesse légèrement le ravisseur. Chacun a vu l'emblème de la pudeur dans la pro« priété qu'a cette fleur de plaire en demi-éclosion. Une rose est insipide si e)le est bien épanomc* pile est ravissante si elle est à deoû fermt'c.

Alun la Jeime innocente platt mieux que la tasme exercée, et les appaa à demi voilés plaisent mieux que des nuditës.

La rose ne présente que des Allégories faciles à comprendre. L'incarnat de ses pétales est bien l'emblème des couleurs du bel flge; la plante affectionne les lieux frais, en symbole de la fraîcheur de jeunesse dont elle est Tlmage. Son parfum, qu'on appelle mal à propos doux parfum des roses, est un arôme très enivrant, comme l'amour que peut inspirer une jeune fille vraiment pudique. Rien n'est simple dans ses accessoires : calice très orné, feuille (parfumée et dentée avec délicatesse; tout est charmant et soigné dans ce petit arbuste, parce qu'il représente non pas la bergère grossière, simple et champêtre, comme l'ont cru les moralistes, mais la jouvencelle élevée dans le luxe, habituée aux bienséances, et rehaussant les dons de la Nature par les secours de l'art ; enfin la pudeur en mode composé et non en simple.

Cette intervention du travail de l'art se peint dans la feuille finement découpée; le parfum de la feuille peint une jeune fille qui dans l'opulence est laborieuse ( comme le seront les vestales harmoniennes). Observons à ce sujet, qu'en explication d'Analogies végétales, chaque portion de la plante fournit des emblèmes génériques,

La Racine est emblème des principei qui régnent dans l'ester de la passion ;

ha Tige, emblème de la marche que suit la passion;

La Feuille, emblème du travail de la classe ou personne dépeinte, puis du travail et des soins, comme édueaHon et autres, qui ont préparé tel effet de passion;

Le Calice, emblème des formes doni f enveloppe une passion, des alentours qui Vinflueneent ;

Les PÉTALES, emblèmes de l'espèce déplaisir attaché à rexereiee delà passion;

Les Pistils ou ÉTAMnfES, emblèmes du produit que dotf donner la passion;

La GaAiirB, emblème du trésor amassé par exercice de lapassUm ;

Le Parfum, emblème du charme qu'excite la passion.

J'indiquerai aJbréviativement ces Analogies par alliage de de%UB noms, comme ceux-ci :

i Feuille -Travail; Pétale-Plaisir ; Graihe-Trésor.

D'où vient que les écrivains, si habiles à expliquer les tableaux de la Rose, n'ont vu dans TCCillet qu'une énigme impénétrable ? C'est qu'ils n'ont pas même de notions élémentaires en ce genre d'étude; ils ne connaissent pas encore l'Analogie des couleurs.

Guidés par cette indication, ils auraient vu que l'œillet représente un être gorgé d'amour; car le corps de la plante, feuillage, tige, calice, est plus près de l'azur que du vert. Sa couleur est un petit bleu argentin; d'où il est clair que l'œillet dépeint un ^tre qui ne respire qu'amour, une classe que l'amour obsède et afiaiblit, puisque l'œilTet, son emblème, tombe et traîne à terre sa tige élégante. Il faut qu'une main amicale vienne le soutenir, le marier à une branche d'osier nommée tuteur.

Telle est la |eune fille que presse un tempérament argent:

de rëi^lëtîoB d'Mdiir, elle miecombe comme Pailleté elle enoie même

des maladies; le besoin da plaisir surmonte en elle tous les; obstacles du préjugé; et par Analogie, l'œillet dans un calice gorgé de pétales, crève son enveloppe et s'échappe en désordre, laissant tomber ses pétales, symboles de plaisir. 11 faut que la main de l'homme aide à rom« pre les barrières du Calice, et qu'un ingénieux encartage favorise le développement des pétales. 11 faut de même à la Jeune fille à tempérament un mari aux petits soins, qui intervienne pour le plein essor des plaisirs. (Pétale est emblème de plaisir. )

Aidée de ces divers appuis, la fleur est pompeuse, magnifique; et c'est pour nous peindre fidèlement cet état de la Jeune fille, ce besoin de mari protecteur et de soins galants, que l'œillet succombe sous le poids de sa fleur, et réclame de nous double secours de branche d'osier et d'encartage.

{Nota. L'œillet devrait porter un nom féminin, puisqu'il représente une fille. Les naturalistes ont joué de malheur dans les nomenclatures: ils ont presque partout désigné les genres à contre-sens; c'est une erreur à ajouter à tant d'autres. Tout sera bientôt rectifié, puisqu'enfin le Système He la Nature est découvert.)

Les détails iraient à l'infini si on voulait analyser complètement un tableau végétal, disserter sur les formes des racines et des graines, sur les habitudes et époques de développement, sur les parallèles et contrastes. Par exemple, dans la rose et l'œillet,

Pourquoi la découpure eu denture est- elle placée sur les feuilles de la rose, et par ccmtraste sur lesvpétales de rœilletT

Pourquoi l'épine est-elle placée sur les tiges du rosier, tandis qu'elle se trouve, dans l'œillet, h la pointe des feuilles terminées en piquants?

Ces dispositions sont autant d'emblèmes des effets de Tamour et de l'éducation chez les jeunes filles opulentes; car, ici, ce n'est point la classe pauvre qui est dépeinte. Quand la Nature veut peindre les effets et caractères de pauvreté, elle a soin de les placer, comme le buis et le genêt, dans les terrains les plus dédaignés; mais quand une fleur ou un fruit figurent au corset des petites maîtresses ou à la table des sybarites, croyez que ces végétaux ne représentent que les passions et caractères de la classe riche : le Créateur est un peintre bien fidèle; il ne commet pas d'erreurs.

La Nature, dans ses emblèmes, est indiscrète à force de fidélité du pinceau, notamment dans les végétaux et animaux symboliques de la Vérité, comme la fleur de lys, le sapin, le cygne, le cerf. Observons d'abord cette indiscrétion dans la fleur de lys.

La tige en est droite et ferme, comme la marche de l'homme véridique. Elle se distingue par un entourage de folioles gracieuses : ainsi l^homme honorable et véridique brille par les traces d'estime qu'il laisse dans toutes ses fonctions industrielles ou administratives (feuille et travail sont synonymes).

La corolle est^ comme celle de la tulipe, un triangle saus calice, par analogie h l'homme véridique (lys) et à l'homme juste (tulipe). Leur conduite ne s'enveloppe d'aucun mystère et marche & découvert : ainsi la racine bulbeuse du lys est entr'ouverte de toutes parts en lames dé- Ucb^s et laisse yoif l'intérieur de l'oignon, par analogie à la ms^rche

de l'homme loyal^ dont les priacipes et le fond du cceur sont à décou-* vert.

Cette fleur, emblème de la pureté et de la droitare, a deux propriétéc bisarres ; elle est perfide et reléguée,

V Perfide, en ce qu'elle barbooille d'one poudre Jannâtre celai qui 8*en approche, séduit par son parfum. Cette souillure, qui excite les huées, représente le sort de ceux qui se familiariient avec la Vérité.

Qu'un homme docile aux leçons des philosophes, et résolu à pratiquer Vauguêle vérUé, qui est, disent-ils, la meilleure amie des hu* mainte s'en aille dans un salon dire la franche et bonne vérité sur les faits et gestes éeê assistants, sur les grivelages des gens d'affoireset les intrigues secrètes des dames présentes, il sera conspué, traité d'ostrogoth philosophique, butor inadmissible en bonne compagnie. Chacun, par une invitation à passer la porte, lui prouvera que Vauguete vérité n'est poini du tout la meilleure amie des humains, et ne peut conduire qu'à des disgrâces quiconque veut la pratiquer.

La Nature nous écrit cette leçon dans le pollen dont elle enduit les étamines du lys. 11 semble qu'elle ait voulu dire à l'homme attiré par cette fleur : Défie-toi de la vérilé, ne t'y frotte pas. C'est là le but de ce barbouillage qu'elle Imprime sur les nés imprudents qui se frottent sans précaution à la fleur du lys, et se font, l'instant d'après, montrer au doigt par les enfants, comme on se fait montrer au doigt par les pères, quand on se hasarde à leur dire Vauguete vérUé.

V Reléguée. La Vérité est belle, si l'on veut, mais belle à voir de loin, et telle est l'opinion du grand monde, puisqu'il ne peut pas admettre la fleur de Vârité. On ne présentera pas un bouquet de lys à une femme de bon genre ; on ne verra pas de lys dans le salon d'un Crésus* Toute belle qu'est cette fleur, sa forme, son parfum, son éclat ne conviemient pas à la classe des sybarites. Ils n'aiment le lys que de loin, comme la Vérité; ils le relèguent dans les angles du parterre. La fleur, comme bouquet, ne peut convenir qu'au peuple qui ne craint pas les pesantes vérités. Aussi voit-on le lys figurer dans les fêtes publiques et sur la porte des cabarets où règne la Vérité. Il charme les en£EHits qui ne craignent pas la bonne et franche Vérité. Enfin on l'emploie à orner les statues et portraits des saints aux jours de fête; et c'est fort bien fait de placer le symbole de la vérité entre les mains des habitants du ciel; car si elle est de recette en l'autre monde, elle ne l'est nullement en celui-ci.

D'autres emblèmes de Vérité sont moulés dans les espèces de cette fleur. Le lys orange représente une autre classe d'amant de la Vérité» ces misanthropes atrabilaires qui la pratiquent avec rudesse et ne savent point la rendre aimable. Aussi ce lys a-t-il tous les ctfactèresde l'âpretéi il est sans parfui|n ; sa couleur est celle de l'enthousiasme sévère, orange somtre, nuance terre, taches noires; mais ne donnons pas exclusivement aux roses et aux lys un article , où tant d'antres fleurs sollicitent quelque place.

L'iris, dont il a déjà été question, exige encore divers détails.

L'iris, emblème du mariage, porte trois chenilles sur ses trois pétales. Or, (m ne peut voir qu'un symbole de vice, partout où le règne yégctal figure des cbeni|leS; comipe dans l'euphorbe et l'héliotrope dé-

^ettri (la chenille étant l'emblème principal des éociétés lyitablqaes, et de leur mëtamorphose en état sociéuire, figuré par le papillon qui succède au vénéneux et dégoûtant insecte, comme l'état sociétaire doit succéder aux infamies civilisée, barbare et sauvage).

L'iris fournit successivement deux corolles ou fleurs qui semblent s'éviter, s'isoler l'une de l'autre. On voit la seconde, longtemps cachée» apparaître inopinément dès que la première est passée. C'est l'image du lien conjugal où un homme presque suranné s'unit à une Jeune femme. L'âge du plaisir n'est plus commun entre eux; il finit pour l'un et commence pour l'autre : aussi la seconde fleur n'éclot- elle que lorsque la première est flétrie.

La corolle d'iris parait formée de trois fleurs distinctes et réunies forcément par leurs extrémités. Le mariage est de même un composé de trois affections bien distinctes et péniblement aipalgamées; ce sont :

L'amour matériel simple, — Bleu terne.

I^'coalition conjugale bu ligue domestique, — Violet faux, te lien de ménage et de pateruité, — Jmtne.

Ces trois eouieura correspondent aux trois e^ets passionnels.

Le réceptacle d'étamioes a la forme de chenille, emblème des sordides calculs qui président au mariage. Trois pétales accessoires s'élèvent et se rapprochent gracieusement, abandonnant le corps de la fleur, tandis que les trois pétales productifs, portant graine, s'isolent et semblent s'éviter. Ainsi, dans le mariage, les trois sexes, homme, femme et enfant, cherchent hors du ménage des réunions agréables 4}ui n'existent guère dans la vie domestique, où l'on rencontre plutôt la gène et la discorde.

Par Analogie, la nature écrase en éventail la feuille de l'iris conmiun ; c'est l'image de la gène qui règne dans les mariages pauvres et les pe-« tlts ménages. La feuille d'iris commun est terminée par une pointe des-* fléchée, en signe de ki pauvreté où conduit le travail des ménages pauvres. On dirait, d'après l'écrasement des feuilles au sortir de la racine, qu'elles manquent d'espace pour s'étendre et s'arrondir: c'est un emblème de la pénurie des ménages malaisés qui ne peuvent pas obtenir du travail ou n'en obtiennent qu'en servage et non pour eux.

Comme il est des ménages riches et heureux, ainsi que de pauvres et malheureux, la Nature a dû figurer cette duplicité d'effets du mariage en donnant au végétal symbolique duplicité de racines et de feuilles, malgré l'unité ou conformité des dtsposi^ons de la fleur.

Une di&tinction bien essentielle dans cette étude, est celle des huit Sociétés, à l'une desquelles se rapporte chaque végétal. Une plante représentant quelque effetde Barbarie, serait incompréhensible pour celui qui ne connaîtrait pa/9 les usages des barbares, et ainsi des plantes qui représentent les effets sociaux des Périodes 6> 7, 8 : elles seront incompréhensibles à ceux qui ne connaissent rien au-dessus de la Civilisation, période 5.

Des. fleurettes bien connues, jasmin, violette, pensée, réséda sont des tableaux de la Période 8 : co^unent traiter de ces Analogies avec un lecteur qui ne connaît pas les coutumes de la huitième Société ? Pour faire sentir la nécessité d'étudier la huitième Période avant d'é*

todier ïeê Analogies de botanique, Je vais expliquer seulement une dea quatre fleurettes, citées plus haut. Je choisis le Réséda, très considéré par Texcellence de son parfum .

U représente les industrieux enfiints de l^Ordre sociétaire. Sa fleur n'a point de pétales visibles; e|le ne se compose que de la partie productive : étamines et pistil, par allégorie aux enfants d'Harmonie, sans cesse occupés à des fonctions productives et ne trouvant de plaisir que dans le travail utile qu'ils exercent dans une foule de Séries passionnelles; par Analogie, le réséda supprime les pétales, emblèmes de plaisir improductif. Un parfum très suave s'échappe de cette fleurette, en symbole du charme qu'excitent les enfants adonnés passionnément à l'utile industrie. La Nature donne aux étamines la nuance capucine, mélange de rouge et orange (couleur d'enthousiasme et d'ambition), en symbole du levier industriel des enfants harmoniens, qui est un enthousiasme soutenu d'ambition.

Au-dessous des fleurs vient une longue file de petits sacs peu remplis et ouverts; c^est l'emblème de tous les petits trésors qu'amasse l'enfa'ot harmonien dans sa jeunesse où il dépense fort peu de chose, et accumule d'ordinaire une cinquantaine de menues sommes épargnées sur les dividendes obtenus dans les différentes Séries qu'il a fréquentées. Leur ensemble compose à l'enfant un petit pécule qu'on lui livrera à 15 ans. 11 y a peu de graine dans les capsules, parce que l'enfant ne doit gagner que des dividendes peu considérables dans ses Séries. I^a Nature a laissé les sacs ouverts quoique renversés; c'est manquer doublement aux précautions de prudence, par analogie à l'impossibilité de tromper etfrustrer un enfant harmonien, quoiqu'il dédaigne toute précaution contre l'astuce et le vol.

Ce n'est pas aux mœurs des enfants civilisés que peut s'appliquer ce tableau. On comprend par là qu'il serait impossible d'étudier les Analogies végétales et animales tant qu'on ignorerait le mécanisme des Périodes sociales 6, 7, 8, auxquelles se rapportent nombre de plantes, comme jasmin, violette, pensée, réséda, serpentin, cacao dont l'analogie n'existe point dans les coutumes et mœurs de Civilisation.

Mais du moment où on connaîtra les coutumes des huit Périodes sociales, on pourra en trouver les portraits dans le vaste musée des quatre règnes ou les effets de nos Passions sont hiérogiyphiquement dépeints. Jusque-là les naturalistes ne peuvent qu'observer les EFFETS sana connaître les CAUSES qui ont déterminé Dieu dans ses opérations distri'butives. Si on leur demande |>ourquoi le lys est enduit d'un pollen qui vient souiller perfidement la face de Thomme; pourquoi l'œillet crève irrégulièrement son calice, ils sont forcés de se retrancher dans lesprofondes profondeurs des décrets et l'épaisse épaisseur des voiles d'ai» rain.Ce qui signifie en langage bourgeois, qu'ils ne connaissent goutte au calcul des CAUSES; t[ue leurs études sont bornées au mode simple ou classement des EFFETS.

Si nous ignorons les causes qui ont présidé à chaque détail de la créalion, nous sommes tentés à tout instant de critiquer la Nature et son docte auteur dont nous admirerions le pinceau fidèle si nous savions déterminer par analogie le sens de leurs tableaux. En voyant un réséda,

chacun s'écrie: Quel dommage que cette fleurette si odorante ne soit

pas un peu plus drnëe, qu'elle n'ait pas de brillants pétales! et puis ce fatras de capsules presque sans graine , c*est une surcharge ioutUe : ainsi s'exprime la raison civilisée où raison simple qui ne connaît que les effets et non les causes. On a vu plus haut que le tableau manquerait de vérité, si Dieu avait fait une seule de ces corrections; le réséda ne peindrait plus les coutumes industrielles des enfants en huitième Période; et le lys qui ne barbouillerait pas les nez civilisés, ne serait plus l'interprète exact des périls encourus par celui qui veut pratiquer en Ci vilisation^a vérité et la droiture.

Est-il de femme qui manque à critiquer la Nature sur ce qu'elle prive de parfum des fleurs superbes, tulipe, renoncule et autres, qui par cette raison sont dédaignées du sexe ? Pour dissiper cette prévention, disser* tons sur quelques fleurs inodores et douées de caractères vicieux en apparence pour qui n'observe que les effets sans connaître les tableaux de Passions. Choisissons les trois fleurs inodores dites :

nalsamine> hiéroglyphe de Tégoisle industrieux;

Couronne impériale, — du savant malheureux; Ho|;tensia, — de la (coquette prodigue.

Chacun connaît la balsamine, ressource des parterres en automne. Si Ton veut cueillir ses graines, en rassembler dans la main une douzaine de capsules, à peine a-t-on fermé la main pour les mieux contenir, que les enveloppes se brisent ; le porteur se trouble et la graine s'échappe de toutes parts; la cueillette est perdue par l'empressement qu'on met à la retenir. N'est-ce pas là une raillerie de la Nature? Nous donner un produit pour nous Tôter au moment où nous le serrons avec soin? Expliquons le secret de cette bizarrerie.

La balsamine est le portrait de l'égoiste industrieux (l'égoisme est caractère dominant chez les gens riches qui s'adonnent à l'Industrie). Les feuilles finement dentées et symétriquement distribuées sont un emblème de travail intelligent; une touffe de feuilles surmonte les fleurs en symbole de l'économe Judicieux et prudent, qui veut que le travail (figuré par les feuilles) et le bénéfice excèdent la dépense. £n suivant cette méthode, il peut briller longtemps sans s'appauvrir, comme la balsamine qui donne une série de fleurs copieuses, brillantes et longtemps renouvelées.

Les ménages pourvus de cette prudence raffinée sont ambitieux et égoïstes au suprême degré. Aussi, la balsamine, par Analogie, refuse-telle tout cadeau à l'homme ; ses fleurs sont impreqables isolément par défaut de queue, et collectivement par embarras de feuillage. On ne peut ni les cueillir ni en garnir des vases de salon; c'est une plante qui ne vit que pour elle, comme les ménages des riches égoïstes donnant du relief au pays; gens d'industrie et de représentation, utiles à la masse, mais insipides par leur esprit cauteleux; gens qui se rendent nécessaires comme la balsamine, sans être ni aimés ni aimables. Ils savent s'installer dans toutes les avenues de la grandeur, comme cette fleur qui s'empare des lieux les plus fréquentés du parterre, et y joue le grand rôle sans y exciter de charme; aussi est- elle privée du parfum , symbole de charme. ËUe est tardive et meuble d'automne» par allusioD

4 CM théiMiclMitft.qvi Jie eonmeoeepi qo» anrtalardii Jfmv dans le mnde. Mal^é toute leur vigilance, il erriTe que leur iertmie paese a des héritiers imprudents qui la dissipent; et de ménke la graine ou lléritage de la balsamine s'^bappe des mains au moment où on la re- GveÂHe sans précaution.

Ladite fleur serait plus intéressante en parallèle avec son alliée d'aotomne» la rHm-marguerUe, hiéroglyphe des bonnes ménagères; mais M>as aurions tant de fleurs à passer en revue, que je suis obligé de limiter le choix.

Examinons le monle opposé à la balsamine. J*ai dépeint Tintrigant industriel et fortuné, voyons le portrait de la noble industrie humiliée; c'est celle do savant ou artiste.

U est peint dans une fleur nommée Couromnb iMPiniALS, donnant six corolles renversées et surmontées comme la balsamine d'une touffe de feuillage. Cette fleur, qui a la forme de Vérité (forme triangulaire du lys et de la tulipe), excite un vif intérêt par l'accessoire de six larmes qui se trouvent au fond da calice. Chacun s'en étonne; il semble que la fleur soit dans ki tristesse; elle baisse la tète et répand de grosses larmes qu'elle tient cachées sous les étamines. C'est donc l'emblème d'une eusse qui gémit en secret. Cette classe est très industrieuse, car hi fleur porte en bannière le signe d'Industrie , la touffe de feuilles groupées au haut de la tige, en symbole de la haute et noble Industrie^ des Sciences et Arts.

La classe d'industrieux qui gémit en secret n'est pas celle des plébéiens grossiers, mais celle des savants utiles et obligés de fléchir devant le vice heureux : aussi la plante incline-t-elle ses belles fleurs en attitude humiliante. Elles sont gonflées de larmes cachées, image du sort des savants et artistes, qui font l'ornement principal de la Société et n'en sont payés que par des dégoûts, tandis que les agioteurs et sangsues amoncellent des trésors en quelques instants.

Cette fleur est de couleur orange, qui est celle de Venihmukume ou tompofUe t par analogie à la classe industrieuse des savants et artistes qui n'ont d'autre soutien que l'enthousiasme contre la pauvreté et les humiliations dont ils sont abreuvés dans le jeune âge.

A la suite d^me pénible jeunesse, ils parviennent à obtenir quelque relief ou quelque petit bien-être. Par imitation, la fleur, après avoir passé le bel âge dans une attitude humiliante, élève eniin son pédoncule et sa capsule de graine; mais il est trop tard pour prendre cette attitude, quand le pédoncule n'est plus orné de sa belle fleur et n'a plus qu'une triste gousse à présenter. Cet effet dépeint le tardif bioiétre des savants et artistes, qui ne peuvent lever la tête, sortir de Pétat de gêne et d'oppression qu'après avoir consumé péniblement leur jeunesse à amasser quelque argent, après avoir fléchi dans leurs Jeunes années sous le poids de U détraction, de la pauvreté, de Tinjusiice, et perdu les beaux Jours de la vie à préserver leur vieillesse de Tindigence.

Arasi^ la Nature, toujours en contradiction avec b philosophie, ne voit qu'ennuis et disgrâces dans cette étude où la morale nous peint des 4etrrents de charmes ineffables ; mais n'oublions pas que l'article est consacré aux dames; je vais me rallier aux convenances du sexe^ et lui présenter dans l'hortensia un tableau plus à sa portée.

Vhmimtiktf eoUrièma 4e ia coqfuetteri*, étale /bfM patme^ pins de fleurs qae de feuilles (f ai eompté 108 grosses boules sur un hortensia de iD07eiiBe dimensioii). C^esC une plante qui fatigue Toeil par ses massifs de fleurs : elle dôme dans le même excès que la coquette qui voudrait consumer en colifichets toute la fortune du ménage. Par Analogie, rhortensia cache ses feuilles sous un fatras de fleurs inodores et à demi nuancées en r4>s<U ou demi-rose, argentin ou demi-bleu, HUu ou demi-Tiolet ; teintes ambiguës c<»Dune les sentiments de la coquette,

qui sont :

Un faible amour, «^ àrgeniUi et non azur.

Une demi-amitié, -* Lilas et non violet.

Une fausse pudeur, — Rosat et non rose.

L'hortensia et la balsamine (coquette et égoïste) sont deux fleurs qui ne vivent que pour elles, et se refusent h la coupe. On né peut employer rhortensia eouffé ni en bouquets, à cause du fatras, ni en vases où il se flétrit subitement Non eoupé, c'est-à-dire en pots, il figurée merveme dans les salons et les jardins comme la coquette dans le grand monde. 11 n'a pas de parfum , paràe qne la coquette éblouit les yeux et fascine l'esprit sans trop gagner les cœurs; elle charme les sens : le lien est simple ; il faut que le charme de la fleur soit simple, récréant la vue sans flatter l'odorat.

La coquette se ruine par le luxe; et l^hortensia, pair Anaief^e, craint l'astre du luxe et périt d'un coup de soleil. La coquette, au déclin de l*àge, appauvrie par ses foiles dépenses^ est forcée à s'indnstrier ; par imitation , l'hortensia, après avoir amplement brillé, perd son coloris, son luxe, et prend la nuance du travail, le vert, eoi^eur de la feuille. Il n'arrive qu'au demi-vért, parce que la coquette ne revient qu'à un demi- travail allié aux intrigues. Enfin , à un âge avancé, elle tombe dans le rôle de prude; et l'hortensia, par allégorie y revêt dansl'arrière-saison la couleur de la pruderie, le Bnvif , nuance de la* so»bieuse qui est fleur de la pruderie, rebelle à la main qui veut ia cueillir.

Les coquettes du grand ton sont des femmes qui ont reçn une éducation soignée, et pour emblème de ce travail préparatoire, la Natuj» donne à l'hortensia une feuille élégamment dentée en losange symétrique. La fleur semble privée d^étaminea et pistils; c'est le tableau de la coquette qui ne s'oeeupe nullement du rôle productif. Aussi les parties de fructification sont-elles cachées dans l'hortensia , fleur qui , pour arriver à la perfection, exige un grand attirail de soins ; sa toilette agricole est des plus compliquées, image exacte des personnages que représente Ui fleur.

Obligé de laisser en suspens cet article. J'invite à différer tout jugement sur cette branche intéressante de la nouvelle Science, en annonçant qu'elle ne se borne pas à l'agréable, et que sous le rapport de f'utile, elle nous vaudra l'avantage de déterminer les antidotes naturels à toutes les maladies. Les remèdes à la goutte, à Thydrophobie, à l'épilepsie, seront exactement connus lorsqu'on aura porté au complet la Science de l'ÀDalogie passionnelle. Cette condition de complet suppose l'achèvement du calcul d'Analogie, exigeant sur les seuls végétaux 40,000 solotiolis. Pour y parveùir il faudra que les Corps savants paient tribut d'études et non de belles phrases,

SJ

La CiRifi , ima|;e des goûts de renfonce, ett le premier frulc de li belle saison. Elle est, dans l'ordre des récoltes, ce qae Penllinoe est daaa l'ordre des âges. L'amitié domine en première phase chez les enfants, et l'amour en deuxième phase chez les adultes; il font, par Analogie, que les fruits d'amitié paraissent les premiers, et ceux de l'amour en deuxième ligne. De là rient que les rouges ou de titre amical sont suivis de ceux à noyau, fruits d'amour auxquels succèdent les poires, symbole de l'ambition qui domine dans la troisième phase dite virilité: la marche est fermée par les pommes, emblème de l'amour familial qui domine en quatrième phase ou caducité.

La cerise, portrait des enfants libres, heureux et badins, doit exciter en eux les effets qu'elle représente. Aussi l'apparition d'un panier de cerises met-il en joie tout le peuple enfantin, à qui ce fruit est très salutaire. La cerise est un joujou que la Nature présente à l'enfant; il s'en forme des guirlandes et pendants d'oreille; il s'en couronne, comme Silène se couronne de pampres. L'arbre est analogue au génie et aux travaux de l'enfance; il est peu fourni de feuilles; ses branches, vaguement distribuées, donnent peu d'ombrage, ne garantissent ni de la pluie ni du soleil; image des &ibles moyens de l'eniance, il est incomplet, insuffisant à protéger et abriter l'homme.

La Fraise est le plus précieux des fruits rouges; elle nous peint l'enfiint élevé dans l'Harmonie, dans les Groupes industriels: un fraisier est un ouvrier qui opère comme nos jardiniers; ses tiges traçantes vont planter en ligne droite une file de rejetons. Il est juste que le plus précieux des enfants,celui qui exerce l'Industrie combinée,ait pour emblème le fruit le plus délicat de la Série. La feuille est trinaire, par allusion auxtroisc hœurs, 4, 5, 6, qui dirigent l'éducation. Laflraise veut, comme la pèche, s'allier avec le vin et le sucre, emblèmes des passions amitié et unUéiime ; ainsi le travail sociétaire se soutient par l'amitié et tend à ruoité.

Les Groseilles représentent les enfants civilisés de diverses classes. La plus remarquable est la groseille rouge -à grappes; c'est Vemblême des enfants peu cultivés et livrés à la bonne Nature. Ils sont d'une franchise mordante et indiscrète; capables d'aller répéter à une femme à prétention quelque fâcheuse vérité qu'ils auront oui dire.

Le fruit qui peint ces petits diseurs de vérité'doit être d'une saveur très piquante. Il a de la grâce, parce que la YéHtié est gracieuse chez l'enfant, et amuse malgré Tindiscrétion. Un tel rôle n'est pas sans utilité; il signale les travers; eastigai ridendo. Aussi le fruit du groseiller rouge est-il purgatif et salubre. La plante est semblable, de feuilles et de grappes, à la Vigne, emblème d'amitié composée ; aussi ces enfants libres, loquaces, indiscrets, sont-ils les plus adonnés à l'amitié simple. Cette sorte de groseille est un fruit bourgeois et de moyenne valeur, comme la classe d'enfants qu'elle représente : crue, elle figure peu aux bonnes tables; on n'en tire parti que par alliage avec le sucre et le travail de contiserie; de même les enfants trop libres et impolis n'acquièrent de prix qu'en se ralliant aux manières de la classe.plus relevée.

La groseille épineuse à fruits isolés dépeint l'enfant contraint, privé de plaisirs, harcelé de morale, et élevé isolément aux études. Son em* Uéme ne donne qu'un fruit de pauvre espèce, violet pâle, couleur d'amitié avortée, dont on génç r<:ssor chez cet élève, en l'isolant de

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«ef camaradeft. Ce& enfants, boursouflés de pFéceptes et d'études prématurées» deviennent pour Tordinaire de médiocres sujets. Aussi le fruit hiéri^lyphique n'est-il» malgré sa belle apparence, qu'un produit de peu de valeur, gonflé de sucs fades et de graines superflues, comme les enfants qu'on surcharge d'enseignement mal digérée Ce groseiller est épineux, en signe de la gêne des malheureux enfants qu'il dépeint.

La groseille noire, dite câ»m, représente les enfants pauvres et grossiers; aussi son fruit noir, emblématique de la pauvreté, est-il d'une saveur amère et désagréable, pur analogie à ces enfants du peuple qui ont le défaut de mauvais langage, mauvaises manières, et souvent mauvais^ principes. On ne les rend supportables qu'en les raffinant par contact avec la classe riche et polie; et de même le cassis ne devient mangeable que par alliage avec l'eau -de-vie et le sucre.

Le Raisin, pivot direct en fruits rouges, est le plus amical de tous les végétaux. Le vin pris en dose modérée est vraiment l'ami de l'homme; il aide à la digestion, met les convives en galLé, en disposition amicale; il est aussi salubre pour Thomme fuit que le fruit est salutaire à l'enfant, pour qui les raisins bien mûrs et mangés sans excès, surtout le muscat ou pivotai, sont un préservatif de maladie, et souvent un remède.

La vigne, par analo§^e amicale, veut embrasser nos arbres, nos maisons : il fauU qu'elle s'associe, qu'elle forme des liens avec tout ce qui l'entoure : aussi est-elle douée de la vrille, qui est un attribut d'amitié et d'alliance. Elle ne donne de bon fruit qu'autant qu'elle esi fortement recépée; c'est une analogie avec les groupes d'amitié qui, dans l'Ordre sociétaire, ne se perfectionnent en Industrie que par l'exercice d'une critique badine et continue, qui émonde et retranche les vices, tout en soutenant l'émulation.

Le raisin est tardif comme l'amitié composée ou collective qui ne peut naître que fort tard, puisqu'elle est réservée à l'Etat sociétaire, dont un globe n'est pas susceptible avant les longs travaux des Périodes lymbiques, ou âge de début social et de malheur industriel ; la vigne nous en donne l'image dans les fleurs qui précèdent sa flo» raison.

Le fruit représente la Série de groupes, source de l'Amitié; il est formé d'une série de petites masses de raisins distincts. Sa couleur est le violet, emblème de l'Amitié, et le blanCf emblème de l'Unité.

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( Pages 1434 à 1436, en note. ) SUE l'analogie ou théorie des cj^uses.

Ouvrons le grand livre de la Nature. S*il est vrai que tout soit lié en système du mouvement, comment les poulets et les canards se lientiû à nos Passions; quels erfets en dépeignent-ils? On nous dit que le coq est Pemblème du sultan dans son sérail; c'est faux. Un sultan n'est ni homme d'esprit ni galant; or le coq représente l'un et l'autre caractère. L'énormité de parures et de chairs qui jaillissent de son cerveau, dénote le travail d'intrigue ch$z un ambitieux doué de vigueur et de beauté, courtisant toutes les femmes et les faisant servir à aea vues de fortune.

Ce rôle n'est pas praticable dans les petites villes où les femmes ne peuvent rien ; mais à la cour et dans le grand monde, celui qui sait s'emparer des femmes obtient par leur canal an rapide avancement. Tel fut Emmanuel Godoi, prince de la Paix, qui acquit une fortune estimée 400 millions, et n'avait pas le sou à son début.

Un tel homme tient communément à beaucoup de femmes dont il tire parti- C'est donc on amant faux, banal, égoïste ; de là vient que la Nature donne au coq des nuances toutes fausses, pas une des couleurs du prisme si pures sur le faisan doré, qui est comme tous les faisans, un emblème d'amour sincère, peu ingénieux eu intrigue. Aussi les faisans ont-ils une tête assez peu ornée.

Le canard est l'emblème du mari subjugué, ensorcelé, ne voyant que par les yeux de sa femme ; aussi la Nature lui a-t-eUe fait don d'une extinction de voix, image de ces maris qui n'ont pas le droit de parler contre l'opinion de leur femme. La canne, au contraire, est une criarde impitoyable, comme le sont les ménagères acariâtres, qui font trembler le mari et la maison entière.

C'est d'ordinaire par l'industrie qu'une femme captive ui mari et se rend précieuse à ses yeux. Aussi la canne porte-t-eile les couleurs du travail, le gris terreux ; tandis que le mâle est bien moiré, cossu ment vêtu, par analogie au mari subjugué que l'épouse laborieuse dégage de tous soins du ménage^ et qu'elle sait choyer et dorloter pour établir son autorité.

Un tel mari est heureux dans son illusion : aussi la tète du canard mâle est-elle baignée dans l'illusion ou couleur verte. Mais c'est une illusion fondée 6ur la faus«et4 sur les prévt^ntions d'amour et de fidélité; et par Analogie ce vert est partout encadré dans le nur, cevleur de la fausseté.

Le canard mâle est tolérant pour ses rivaux : on le voit attendre patiemment son tour et vivre en fraternité avec ks autres amants ; en quoi il est l'image des époux débonnaires et remplis de procédés pour les amis de madame.

Une singularité dans ks canards, est que, malgré le contraste es moire sur le mâle et couleurs ternes sur la femelle, tous deux ont en CMumiB une parure de sept plumes d'aile chatoyantes en bleu feux.

G'M IVBMtoê du ftox aiMor qui tes mit» el MiiletrffIrmMMrt «t iMpefDt m détail par les a pétales de.l*iiis :

amour matériel simple, Coaliiion coi^ugale en Intérêt/ Lien de paternité.

De là natt un amour d'espèce neutre» et encore très vif comme tontes les affections neatres, mais <iui n'est point l'amour pur, dégagé des considérations d'intérêt. Aussi leur aile a-t-elle un bleu faux.

On ne voit pas, de la tète du canard comme de celle du coq, Jaillir des esprits animaux, crêtes, appendices et huppes : la tête d'un mari ensorcelé travaille peu ; elle est des moins fécondes en efforts d'imagination» et son emblème doit avoir la tête dégagée d'excroissance.

11 lest pourtant une espèce de canards huppés; mais leur huppe est une surcharge, une parure insipide et dépourvue de grâce , comme celle de Toie. ils représentent les maris clairvoyants et bien moins heureux que les aveugles. Ces maris perdent Tilluâion et l'amour neutre: par Analogie, la Nature ête le vert moiré de tête et le bleu chatoyant d'aile à ces canards huppés, emblème des maris chez qui trop de pénétration faitévanouir le charme de l'Etat conjugal, qui exige une foi vive « et un parfait repos d'esprit sur le chapitre de lafidélité etdumaniement d'argent.

11 est une troisième espèce de canards, celui de Barbarie, chez qui les excroissances de chair se font à contre-sens de celles du coq. Elles oc* cupent le front et le pourtour des yeux. Cette espèce dépeint le mari confus et reconnaissant l'énormité du piège conjugal où il est tombé. Mais re«pace nous manque pour ces détails; je n'ai pas même donné le quart de ceux qu'exigerait le canard ordinaire, qu'il faudrait examiner pièce à pièce comparativement avec le coq et la poule.

L'homme est, disent-ils (les philosophes), miroir de l'Univers; et cependant ils blâment à chaque instant dans l'homme les tableaux de VOnivers, notamment les maladies. Vous entendrez tous les pères et mères, quand leur enfant souffre de la dentition, dire que le bon Dieu aurait bien dîl épargner cette souffrance à ces pauvres enfants. On n'entendra pas une mère harmonieuse dire pareille absurdité. Elle saura «que l'espèce humaine, pour s'élever de l'industrie simple à la composée, devant tomber de l'état libre ou sauvage dans l'état bar* tare et l'esclavage, ce qui est pour la multitude une extrême calamité, il a fallu que Dieu la représentât dans l'enfant qui passe de la nourriture simple ou liquide à la composée ou solide, par acquisition des dents. * La transition doit être douloureuse, par Analogie à la chnte , en esclavage.

Sans cette fidélité d'Analogie, comment pourrions-nous étudier la Nature? Nous n'aurions aucune voie comparative. Si l'esprit philosophique peut créer le matérialisme. Dieu par emblème a dû créer la maladie de la pierre image de ce matérialisme, l'une des plus terribles calamités du monde social, qu'il éloigne de iV^tnde des Destinées en détruisant l'espoir ea la Providence. Ainsi toutes nos maladies se rapT

poHttiè à4ii6kf«iB «Ifet de Monyenfittl social. On n*a 0B «ipUquer mit

cune de ces Analogies, et oo nous vante l'éloquence du grand-Uvre de la Nature. 0 charlatanerie scientifique!

( Page 1 446^ en note. )

Lbs PBRROauBTs. J'cxpIiquc ici l'Analogie du perroquet, emblème des faux savants, des gens habiles à manier la parole, et en abuser en discours et en écrits. Tout est magnifique dans leur plumage littéraire. On n'y trouve que perfectibilités perfectibles, vertus civiques, amour du commerce, balance, contre-poids, garantie, équilibre, et bonheur suprême assuré au peuple si Ton veut mettre les philosophes à la tête du gouvernement. La Mature a dû donner un superbe plumage à Toiseau emblématique de ces hâbleurs ; il étonne comme nos sophistes, par son habileté à manier le parole; mais c'est l'oiseau le plus perfide par ses morsures.

Comme il n'y a qu'astuce et pièges dans leurs discours, la Nature en dépeint la fausseté dans certains perroquets, par la double couleur du bec montrant une mandibule blanche, symbole de la pureté qu'tîffeclent ces beaux parleurs. Le bec présente une énorme crochet, image de la rapacité de tous ces êtres à la parole fleurie, démagogues, gens de loi, sophistes, etc., gens qui par le verbiage s'accrochent à tout, comme le perroquet par son bec.

Leur éloquence ne tend qu'à la rapine ; elle ne couvre que pièges et noirceurs, figurées par la langue noire du perroquet. Il est inutile et immangeable, en symbole de l'inutilité de leur bel-esprit; il est bateleur comme eux, habile à faire cent minauderies et se retourner en tout sens; image des caméléons littéraires, il harasse, il étourdit par son cri aigre et perçant, son bavardage perpétuel ; comme ces soph^tes qui étourdissent le siècle de leurphébus de perfectibilité, et harassent l'administration de ce qu'elle ne veut pas élever le peuple au vrai bonheur en donnant les bonnes places aux philosophes.

Voilà le portrait de ces hommes qui étouffent la découverte de l'Association, pour maintenir leurs charlataneries. Si l'on veut se rallier à la Nature, il faut enfin les juger comme les juge la Na^re, dans ces tableaux parlants qu'elle nous en a donnés. Les détails sur les espèces de cet oiseau, notamment sur la petite verte, la blanche huppée jaune, et la coiffée d'azur en cadre jaune, auraient fourni sur les philosophes et leurs doctrines de très belles Analogies.

IIOCVEAU MONDE INDUSTRIEL ET SfICIÉTAIRE

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L'Univers étant fait à l'image de Dieu, et l'homme étant miroir de l'Univers, il eo résulte que l'Homme, l'Univers et Dieu sont identique^ ,

et que le type de cette trinité est Dieu .* si le créaiear ne s'ëtdt pas peint lui-même dans le système de TUnivers, quoi donc aurait-il pu y peindre?

(Pageè iSi à 6ii.)

ANALOGIES SPBCIALBS D0 MOUVBKBNT.

Les beaux esprits qui nous disent : Wnivers eit fàU iur li modèU de Vâme humaine^ la même idée se réfléehU eùnetammeni d^ lotil dans ehcujfue partie ( Scbeliing ), nous dirent-ils comment un cèdra ou une rave qui font partie de l'Univers nous réflédiissent une idée du tout? Quelle portion de l'Univers est dépeinte dans un choo, un oignon, dans un chêne, un oranger?

Interrogeons d*abord les Raybs qui vont répandre des torrents d« lumière et se montrer dignes du haut rang que leur assigne la morale. C'est une pépinière de belles Analogies que la bourgeoise famille des raves et betteraves, carottes et panais, salsifis, céleris et toutes racines qui nourrissent l'homme. Leur collection représente les coopérateurs du travail agricole. Chacun de ces légumes s'allie avec la classe dont il est le portrait : la grosse rave morale f este à la table des gros paysans dont elle est l'image; le navM, moins rustique, est l'emblème du fermier huppé, traitant avec les grands; aussi le navfet peut-il» moyennant de bons apprêts, figurer aux bonoes tables; la petite rave ronde peint l'homme opulent, qui, à la campagne, effleure l'agriculture, en prend une légère idée; la petite rave pivotonte ou allongée, peint cet homme riche approfondissant le sujet, faisant son délassement de Tagronomie; toutes deux, par Analogie, figurent sans aucun apprêt aux tables de la classe riche dont elles dépeignent l'intervention superficielle en agriculture.

Ainsi chaque sorte de raves s'accolle avec ses pareils : il en est de même des autres racines ; la carotte représente l'agronome raffiné, expérimenté, utile partout; aussi est-elle un légume précieux employé par la confiserie et la médecine, légume utile en tout sens, fournissant par sa feuille un fourrage salutaire, par la torréfiiction un parfum de potage, etc. : le céleri, dans son acerbe saveur, dépeint les amours champêtres, les tendres paysans et paysannes se courtisant à grands coups

de poing'

Pour aperçu d'Analogie en ce qui touche à l'uUIe^ mettons en fcène la Betteràyb illustrée dans le monde mercantile, à qui elle a fait cadeau du faux sucre, qui fait couler et gâter les confitures au bout de six mois. Cette plante va nous expliquer une des méthodes à suivre en recherche d'Analogie, la règle du contact des extrêmes.

Tout est lié en système de la Nature; les Analogies se lient entre elles, et la connaissance de l'une conduit à d'autres; si l'on avait su que la canne à sucre et sa liqueur sont emblèmes de l'Unité sociétaire en Industrie (unité compo^^tf alliant l'accord matériel et l'accord passionnel), on aurait cherché le contre-sucre, ou sucre simple et faux dans un emblème de rUnité industrielle êimpUi de l'action combinée sans passion, telle qu'on la voit dans nos bagnes à nègres et à fabricants, oûié peuple.

à force de tortures et de privations, se soamet à une discipline d*Iii* dustrie combinée. C'est arriver par excès de malheur à l'Unité d'action, où l'on arrivera en Harmonie par excès de bonheur. On trouve, dans ce contraste, un contact d'extrêmes.

Les réunions d'Unité simple en culture, doivent être dépeintes dans quelqu'un des végétaux hiéroglyphiques de la classe agricole; elles sont figurées par la betterave, fruit de sang, d'oà on voit ruisseler le sang; il est l'image de ces esclaves forcés à l'Unité simple d'action, par les tortures. Ladite racine dojt contenir la liqueur! d'Unité simple etfausse, le CONTRE-SUCRE, fade, sans mordant, et qui, à dose double, sucre moins que celui de canne. C'est une caricature du vrai sucre, comme l'Unité d'action matérielle dans nos bagnes d'esclaves coloniaux, est une caricature de l'Unité passionnée des travaux harmoniens, dont la force productive sera double et quadruple de celle des travaux civilisés.

Il faudrait appxiyer ces Analogies d'amples détails, d'abord sur les feuilles des végétaux cités. La feuille crispée de la betterave dépeint le travail violenté des esclaves et ouvriers; la feuille grotesque de la rave étale un massif supérieur dominant plusieurs follicules inférieures: c'est l'image du chef de famille villageoise qui s'adjuge tout le bénéfice, pour le bien de la morale ; il prend tout, et ne laisse rien aux enfants et valets. Dans la pomme de terre qui peint le travail facile des Groupes et Séries passionnées, une feuille bien graduée et entrecoupée de follicules minimes peint l'assemblage des inégaux et des enfants associés en travail avec les pères.

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